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Le président américain élu Joe Biden, le 19 janvier 2021 à New Castle, dans le Delaware © AFP Jim Watson

Pour combattre le changement climatique, le président élu Joe Biden va réengager les États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat, et doit selon toute vraisemblance bloquer la construction d’un oléoduc au risque de froisser ses relations avec le Canada. Mais après quatre ans de présidence Trump, les experts estiment qu’il incombe aussi au démocrate de restaurer la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale, en affichant des objectifs concrets sur la manière d’atteindre la neutralité carbone dès 2050. Pour cela, Joe Biden prévoit de réunir les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements.

« Il est important que les États-Unis montrent qu’ils sont déterminés, et notamment chez eux », juge David Waskow, du World Resources Institute, un institut qui plaide pour que l’Amérique fixe une réduction de 45 à 50 % des émissions totales de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005. La nouvelle administration prévoit ainsi d’imposer des limites strictes en matière de méthane pour les nouvelles infrastructures pétrolières et gazières, a indiqué à Vox un porte-parole de l’équipe de transition du président élu, Jamal Brown.

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John Kerry, nommé envoyé spécial sur le climat par le président américain élu Joe Biden, le 24 novembre 2020 à Wilmington © AFP/Archives Chandan Khanna

Et si John Kerry représentera l’Amérique dans les négociations internationales sur le climat, les affaires intérieures seront menées par Gina McCarthy, première conseillère nationale sur l’environnement. Il existe de nombreuses mesures à la portée du démocrate pour effacer les dommages environnementaux causés par son prédécesseur. Joe Biden peut notamment rétablir la série de réglementations environnementales annulées par Donald Trump – des normes d’émissions des voitures à la pollution atmosphérique industrielle, tout en dévoilant de nouvelles normes comme la protection de 30 % des terres et des eaux américaines d’ici 2030.

Economie verte 

Le président démocrate présentera au Congrès le mois prochain son plan de 2 000 milliards de dollars pour le climat, censé placer durablement les mesures vertes au cœur de l’économie américaine.

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Gina McCarthy, choisie par le président Joe Biden, pour diriger le nouveau Bureau de la politique sur le climat de la Maison Blanche, le 19 décembre 2020 à Wilmington, dans le Delaware © AFP/Archives Alex Edelman

Il promet « de faire face à la crise climatique, de construire une économie basée sur l’énergie propre, de s’attaquer à l’injustice environnementale et de créer des millions d’emplois syndicaux bien rémunérés ». Ces mesures sont très similaires au « green new deal » préconisé par la frange progressiste du parti démocrate. C’est là que les choses risquent de devenir plus délicates : le parti démocrate n’exercera qu’un contrôle très mince sur le Sénat et risque d’être confronté à des levées de boucliers.

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Carte du projet controversé d'oléoduc Keystone XL que le président élu américain Joe Biden prévoit d'annuler © AFP Paz Pizarro

« Le défi sera de rallier les républicains à un projet d’infrastructure d’énergie propre qui pourrait considérablement réduire les émissions américaines », analyse auprès de Paul Bledsoe, conseiller climatique de l’ancien président Clinton, aujourd’hui au Progressive Policy Institute. Mais intégrer pleinement l’action climatique à la manière dont l’économie est construite est ce qui en fera un programme « durable », juge M. Waskow.

Les défis politiques et techniques sont importants, et M. Biden sera soumis à des pressions pour ne pas réduire trop rapidement les combustibles fossiles, en particulier le gaz naturel, qui a aidé les États-Unis à réduire leurs émissions pendant une décennie et qui est considéré comme une énergie de transition essentielle. Mais il arrive aussi à un moment où le changement climatique est reconnu à un niveau record et où le public américain est désireux d’agir. Un sondage mené après l’élection et publié la semaine dernière par un programme de l’université Yale a révélé qu’une majorité des électeurs des deux partis soutenait les politiques visant à réduire la pollution au carbone et à promouvoir les énergies propres. Plus de la moitié estime que le réchauffement climatique doit être une priorité importante, voire très importante pour le président et le Congrès, tandis que deux tiers voient dans le développement de sources d’énergie propre une priorité élevée ou très élevée.