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La directrice exécutive de l'Onusida, Winnie Byanyima, en juillet 2020 à Genève © AFP/Archives Fabrice Coffrini

La directrice exécutive de l'Onusida, Winnie Byanyima, en juillet 2020 à Genève © AFP/Archives Fabrice Coffrini

Les progrès dans la lutte contre le sida ralentissent depuis la pandémie de Covid-19 et les autres crises mondiales actuelles. L’Onusida alerte ce mercredi 27 juillet dans son rapport annuel, intitulé « danger ». Si les nouvelles infections au VIH dans le monde ont continué de baisser l’année dernière (de 3,6 % comparé à 2020), il s’agit de la plus petite réduction depuis 2016. « Ces deux dernières années, les crises multiples et simultanées ayant secoué le monde ont eu un impact dévastateur sur les personnes infectées par le VIH, et ont fait reculer la réponse du monde face à la pandémie de sida », alerte ce rapport, publié à l’occasion de l’ouverture de la Conférence internationale sur le sida, se tenant à Montréal au Canada. La Covid-19 a notamment perturbé l’accès aux traitements et aux services de prévention. La guerre en Ukraine, et la crise économique ont de leur côté provoqué des assèchements ou redirections de fonds. 

Les populations les plus fragiles sont les plus touchées, souligne le rapport. « Dans certains pays, ce sont les pauvres qui manquent d’accès. Dans d’autres, ce sont les minorités ethniques, comme en Grande-Bretagne, où la réduction des nouveaux diagnostics est plus importante pour les personnes blanches que noires », a déclaré lors d’une conférence de presse la directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima.

Un virus toujours présent

Environ 1,5 million de nouvelles infections au VIH ont été déplorées en 2021, soit plus de 4 000 personnes par jour. Et 650 000 personnes sont mortes du sida l’année dernière, soit un décès par minute. Les jeunes femmes et adolescentes sont particulièrement touchées : l’une d’elles est nouvellement infectée toutes les deux minutes. 

Test rapide de dépistage du sida le 3 décembre 2021 à Caracas © AFP/Archives Yuri Cortez

Le rapport pointe également que l’écart d’accès aux traitements entre les enfants et les adultes se creuse, au lieu de se résorber. En 2021, alors que 70 % des adultes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral, ce n’était le cas que de 41 % des enfants. Soit environ 800 000 enfants séropositifs ne recevant aucun traitement. Les enfants représentaient 4 % de la population vivant avec le VIH en 2021, mais 15 % des décès liés au virus.

Des financements nécessaires

« Avec une maladie que nous avons combattue ensemble depuis maintenant plus de 40 ans, cela rend difficile de maintenir la motivation », a déclaré le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des maladies infectieuses. En ajoutant la Covid-19, et maintenant la variole du singe, « les gens se retrouvent épuisés face aux épidémies et pandémies, donc je pense que notre défi est de nous battre deux fois plus pour rapporter le VIH sur les écrans radars », a-t-il ajouté.

Des fonds supplémentaires doivent être engagés dès aujourd’hui afin d’atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030, plaide l’Onusida. En 2021, les ressources internationales disponibles pour lutter contre le VIH étaient 6 % moins généreuses qu’en 2010. « Ce rapport n’est pas une admission d’échec. C’est un appel à l’action. », écrit Winnie Byanyima