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La firme chimique Monsanto a ajouté lundi une nouvelle plainte à la longue liste dont elle fait déjà l’objet, la ville de Los Angeles ayant annoncé qu’elle la poursuivait pour avoir sciemment pollué ses eaux pendant des décennies avec des produits chimiques de la famille des PCB.

« Il est temps pour Monsanto de nettoyer et de payer »

La plainte de la ville, l’une des plus grandes aux États-Unis, vise trois sociétés parmi lesquelles le groupe Bayer, géant allemand qui a racheté en 2018 Monsanto et doit faire face à une série d’actions en justice de par le monde pour le pesticide Round'Up. La plainte accuse Monsanto d’avoir pollué les cours d’eau de Los Angeles par des rejets de PCB (polychlorobiphéniles) jusqu’en 1979. Ces produits chimiques, qui sont toxiques et se dégradent très peu dans l’environnement, étaient utilisés dans la peinture, les encres, les papiers ou encore comme lubrifiants et produits d’étanchéité.

« Il est temps pour Monsanto de nettoyer et de payer », a déclaré le procureur de la ville de Los Angeles, Mike Feuer. « Les impacts sanitaires et environnementaux des PCB - impacts que la ville travaille dur à réduire dans tout Los Angeles – laissent tout simplement bouche bée », insiste-t-il. « Nous affirmons que Monsanto savait depuis des décennies que les PCB étaient toxiques et aboutiraient inévitablement à une vaste contamination (…) Il est insupportable que Monsanto ait continué à les produire et à les vendre et, soutenons-nous, à tromper le public à leur sujet », poursuit le procureur.

La plainte rappelle que l’exposition aux PCB peut provoquer des cancers, endommager le foie, la thyroïde et les yeux ou encore avoir des effets néfastes sur le développement. La municipalité de Los Angeles, qui veut obtenir des réparations financières de la part de Monsanto pour la dépollution des eaux, affirme que la société avait connaissance depuis les années 1950 de la toxicité des PCB pour l’être humain.

La plainte cite trois sociétés issues d’une division de Monsanto dans les années 1990 : Monsanto Company, qui appartient à Bayer désormais ; Solutia, propriété d’Eastman Chemical Company, et Pharmacia, rachetée par Pfizer. Aucune des trois entreprises n’avait réagi lundi après-midi.

Bayer est miné depuis le rachat de Monsanto par une salve de procédures, collectives et individuelles, qui ont été lancées concernant le pesticide Round'Up et sa substance active, le glyphosate. Le groupe allemand conteste cette caractérisation mais la substance est classée « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Bayer fait en outre face à une plainte d’actionnaires en Allemagne, qui lui réclament pas moins de 2,2 milliards d’euros de dommages et intérêts, lui reprochant de ne pas les avoir suffisamment informés sur les risques financiers causés par ces procédures judiciaires.