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Dans la chasse aux microplastiques, il va maintenant falloir prendre en compte une nouvelle source : l’ouverture quotidienne de bouteilles et sacs en plastique, qui génère une quantité non négligeable de petits morceaux de plastique ! C’est la conclusion d’une équipe sino-australienne, dont les résultats ont été publiés le 19 mars dans la revue Scientific Reports.

Par définition, les microplastiques sont des fragments, fibres, débris ou particules de plastique, dont la taille est comprise entre 1 μm et 5 mm (soit entre 0,000 1 et 0,5 cm). Leur quantité a considérablement augmenté ces dernières décennies. On en retrouve en abondance dans l’eau, la terre et l’atmosphère. Certaines études ont d’ailleurs estimé que d’ici 2060, environ 13 % du plastique accumulé dans l’environnement correspondraient à des microplastiques.

Jusqu'à présent, deux sources de microplastiques étaient essentiellement prises en compte. L’industrie, en premier lieu, en produit une grande quantité. La dégradation des objets en plastique, ensuite, est également une source importante de microparticules. Mais selon les chercheurs sino-australiens, les banales tâches de la vie quotidienne ont trop longtemps été oubliées.

L’équipe a en effet étudié l’apparition de microparticules lors de la manipulation de différents matériaux subissant différents types de fragmentation : déchirure ou torsion manuelle, et coupure avec des ciseaux ou un couteau. Grâce à des analyses chimiques et à la microscopie, les chercheurs montrent que, en moyenne, sur une longueur de 300 cm de plastique, environ 14 000 à 75 000 microparticules sont générées, pour une masse totale pouvant aller de 10 à 30 nanogrammes.

Des résultats qui suggèrent que des actions anodines, comme l’ouverture de bouteille ou sac en plastique, pourraient donc être une source supplémentaire de microplastiques. Cheng Fang, co-auteur de cette étude, rappelle que pour l’heure, « on ne sait pas quel type d’ouverture ou quel type de plastique génère le plus de particules. Les comparaisons sont difficiles à réaliser, car elles dépendent de beaucoup de facteurs. Il faudrait aussi voir si cette production de microplastiques est accentuée en fonction de l’ancienneté du plastique ».