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Pour alerter l’opinion sur le déclin des insectes, l'Académie des sciences a publié, le 25 janvier 2021, un avis dans lequel elle préconise plusieurs actions pour revitaliser les communautés de diptères, hyménoptères et autres coléoptères.  Parmi elles, une solution qui semble à portée de main : revaloriser l’image de ces arthropodes auprès des êtres humains – et au-delà, « inventer une nouvelle relation de l’Homme à l’insecte ».

Quatre espèces de papillons (lépidoptères) déclarées disparues en France (source INPN) © Marc Chaumeil et France 3 Occitanie

Quatre espèces de papillons (lépidoptères) déclarées disparues en France (source INPN) © Marc Chaumeil et France 3 Occitanie

Depuis vingt ans, des études alertent sur la diminution significative du nombre d’insectes et de leur diversité, et pointent du doigt l’activité humaine. Mais elles ont souvent été réalisées « dans des conditions non standardisées et limitées à un lieu et/ou une famille d’insectes » peut-on lire dans le rapport publié cette semaine. Ainsi, si le déclin des insectes est bien avéré en Europe, « les études sont plus fragmentaires pour l’Amérique du Nord, et surtout sont lacunaires pour les régions tropicales, qui abritent pourtant la plus grande part de la biodiversité des insectes ».

Arbre phylogénétique synthétique des 28 ordres d’Insectes actuels © « Le déclin des insectes : il est urgent d’agir », Comptes Rendus Biologie, janvier 2021

Arbre phylogénétique synthétique des 28 ordres d’Insectes actuels « Le déclin des insectes : il est urgent d’agir », Comptes Rendus Biologie, janvier 2021

Pour pallier à ce manque de connaissances, les chercheurs demandent que soient financées des enquêtes partout dans le monde, et sur le long terme. L’étude des collections d’histoire naturelle et leur comparaison avec les 28 ordres d’insectes contemporains constitueraient des points de référence historique. Le déploiement de mesures radar ou biacoustiques et l’analyse systématique de séquences ADN permettraient d’automatiser les données collectées et de mieux localiser et quantifier ce déclin. Enfin, les scientifiques proposent un recours accru à la science participative : un excellent moyen pour obtenir de précieuses informations sur la biodiversité, notamment dans les villes et jardins, des lieux difficiles à étudier.

Exemple de bio-inspiration : la structure des écailles du papillon Moprho menelaus a permis la conception de surfaces vitrées particulièrement hydrophobes, utile pour les vitres autonettoyantes © Serge Berthier

Exemple de bio-inspiration : la structure des écailles du papillon Moprho menelaus a permis la conception de surfaces vitrées particulièrement hydrophobes, utile pour les vitres autonettoyantes © Serge Berthier

Une mobilisation citoyenne pour apporter des renseignements, mais pas seulement. Les auteurs revendiquent aussi cette solution pour impliquer les citoyens et susciter leur intérêt. Selon eux, en effet, « une grande part de l’indifférence au sort des insectes tient à la répulsion ou la détestation qu’ils inspirent chez de nombreuses personnes ». Leur proposition ? Créer une fondation de l’insecte destinée à soutenir des projets éducatifs, artistiques et scientifiques pour redorer le blason des insectes. Et il y a fort à dire sur les services rendus par ces invertébrés aux écosystèmes qui les abritent : pollinisation, contrôle des parasites, fabrication de miel et de soie… et, tout récemment, le développement d’un nouveau pan de recherche, la bio-inspiration !