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La nouvelle application « TousAntiCovid » sur un smartphone, le 22 octobre 2020 à Rennes © AFP Damien Meyer

L'application de traçage de contact StopCovid, controversée, très peu utilisée et peu promue par le gouvernement depuis sa sortie le 2 juin, est relancée sous une nouvelle forme jeudi 22 octobre, la reprise de l'épidémie ayant convaincu l'exécutif de son utilité potentielle. Rebaptisée TousAntiCovid, l'application garde strictement « le même moteur », selon ses promoteurs.

Dans la soirée de jeudi, le téléchargement de la nouvelle version de l'application a rencontré des difficultés. Elles ont été résolues dans la nuit, a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique Cédric O. « Il y a eu un trop grand afflux de personnes en même temps sur l'application », au moment de la conférence de presse du Premier ministre jeudi, et en conséquence « les systèmes ont eu du mal à tenir », a-t-il expliqué lors d'une interview sur France2. Il est désormais à nouveau possible « d'activer sans problème » l'application, a-t-il ajouté.

La fonction de cette nouvelle version reste bien d'avertir ses utilisateurs lorsque ceux-ci ont croisé dans les deux dernières semaines, à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur contaminé par le coronavirus - et qui l'a déclaré dans le système. En revanche, l'application fait l'objet d'améliorations de forme et de contenu éditorial, pour être rendue plus attractive pour les internautes. « On est passé d'une application qui ne disait rien à l'utilisateur, à une application qui commence à parler à l'utilisateur », expliquait jeudi l'un des hauts fonctionnaires qui a participé à l'élaboration de la nouvelle version. L'application propose ainsi en temps réel un fil d'actualités sur l'épidémie, des chiffres permettant de mesurer la propagation de celle-ci, ainsi que des chiffres sur l'utilisation de l'application afin de créer un effet d'entraînement et de motivation. Des liens renvoient vers différents sites d'informations officiels sur l'épidémie, comme santepubliquefrance.fr, mesconseilscovid.santé.gouv.fr, ou geodes.santepubliquefrance.fr (informations sur l'épidémie par régions).

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Départements et collectivité placés sous couvre-feu © AFP

D'après le gouvernement, 2,7 millions de personnes s'étaient enregistrées sur StopCovid, 13.000 utilisateurs ont fait part de leur contamination, et plus de 800 personnes ont été notifiées comme étant à risque. Mais malgré ces chiffres très faibles, l'application a déjà fait la preuve de son utilité sur un plan sanitaire, estiment ses promoteurs. Pour Vittoria Colizza, de l'Inserm, les statistiques de StopCovid ces dernières semaines montrent bien que l'application a permis de réduire la transmission du virus, et que cette capacité peut se démultiplier si elle est massivement téléchargée.

« Avec une adoption autour de 30% »de la population, « on pourrait arriver » à réduire « de plus d'un tiers » la transmission du virus autour des cas contact notifiés par l'application, a-t-elle affirmé. Le gouvernement a profité de ce nouveau départ pour mettre à jour ses estimations sur le coût de l'application : 196.000 euros par mois depuis son lancement en juin. Il estime les coûts de développement de l'application à 2,5 millions d'euros, mais ceux-ci ont été pris en charge directement par les institutions et entreprises participantes, et n'ont pas été facturés à l'Etat.

TousAntiCovid va désormais être référencée dans toute la communication officielle sur le coronavirus comme un geste barrière, au même titre que le port du masque, la distanciation physique ou l'aération des pièces. Mais la décision de l'utiliser ou non appartient aux individus et à eux seuls, aucune institution, entreprises, commerce, restaurant... n'ayant le droit de l'exiger.