Voir un organe entier puis plonger à l'intérieur jusqu'à l'échelle microscopique. C'est ce que permet aujourd'hui une nouvelle technique d'imagerie développée au synchrotron de Grenoble.
- L'intérêt de cette nouvelle technique, c'est d'augmenter considérablement la résolution par rapport à l'imagerie médicale conventionnelle. Sur un scanner médical conventionnel, on est à une résolution à peu près de 1 mm 1/2 mm. Nous, on arrive à une résolution 7 microns, soit 50 fois plus petit que l'épaisseur d'un cheveu.
On obtient alors une continuité inédite entre deux mondes, le macro et le micro.
- C'est-à-dire qu'on est capable de voir l'organe comme si on avait devant nos yeux en dissection, donc en vue large. Et ensuite, on peut zoomer à l'intérieur de l'organe jusqu'à l'échelle cellulaire, jusqu'à un micron.
Autrement dit, passer sans rupture de la radiologie à l'histologie, l'étude des tissus biologiques. Explorer un organe comme une carte du global au microscopique. Une technique mise au point dans le cadre d'un projet international, le Human Organ Atlas. Une base de données 3D d'organes humains rendue accessible à tous depuis mars 2026.
- Actuellement, on a mis en ligne publiquement donc les données de 56 organes qui proviennent de 24 donneurs, de 24 personnes différentes, qui représente plus de 300 jeux de données.
Une masse d'images sans précédent qui représente pas loin de 20 pétaoctets. Pour l'instant, cette technologie reste réservée à la recherche et à l'enseignement, mais elle pourrait transformer la médecine.
- On espère que ça pourra vraiment permettre de faire des diagnostics potentiellement ou de mieux prendre en face les patients.
Pour y parvenir, les chercheurs comparent plusieurs types d'images d'un même organe : scanner, IRM et synchrotron. Objectif : apprendre à passer de l'un à l'autre. On espère qu'à terme la machine pourra apprendre à reconnaître ce qu'est un pixel, à quoi il ressemble en scanner, en IRM et au synchrotron. Et à terme, même sans le synchrotron de pouvoir appliquer finalement une sorte de filtre numérique comme un filtre Instagram pour pouvoir améliorer l'imagerie médicale conventionnelle parce qu'on sait à quoi ça devrait ressembler en synchrotron.
Autrement dit, utiliser la précision du synchrotron sans jamais exposer les patients à ses contraintes. Les chercheurs voient même encore plus grand : cartographier l'ensemble du corps humain d'ici 2028 à une résolution inédite avec la perspective de pouvoir suivre en 3D un vaisseau depuis le cerveau jusqu'au pied.