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La Nasa a annoncé vendredi que sa sonde Osiris-Rex avait réussi à collecter une très grande quantité de particules de l'astéroïde Bennu en début de semaine, mais qu'il y en avait tellement que le compartiment de collecte n'arrivait pas à se refermer, mettant en danger la mission.

Représentation graphique de la sonde Osiris-Rex descendant vers l'astéroïde Bennu, par la Nasa © NASA/Goddard/Arizona State University/AFP

Représentation graphique de la sonde Osiris-Rex descendant vers l'astéroïde Bennu © NASA/Goddard/Arizona State University/AFP

La sonde doit rapporter les poussières et petits cailloux sur Terre en 2023, ce qui serait, de loin, le plus grand échantillon extraterrestre depuis les missions Apollo sur la Lune. A condition qu'elle arrive à les stocker hermétiquement pour le voyage du retour.

"Une fraction substantielle de la masse récoltée est en train de s'échapper", a annoncé Dante Lauretta, chef de la mission, lors d'une conférence téléphonique au ton moins euphorique que sa présentation mercredi, quand l'équipe se félicitait d'une opération s'étant déroulée "aussi bien qu'on l'espérait".

Représentation graphique de la sonde Osiris-Rex, avec le bras de collecte pointé vers le sol. Le bras va devoir déposer ses échantillons dans un container au couvercle conique au centre de la sonde (en gris sur l'image) © University of Arizona/NASA Goddard Space Flight Center/AFP

Représentation graphique de la sonde Osiris-Rex, avec le bras de collecte pointé vers le sol. Le bras va devoir déposer ses échantillons dans un container au couvercle conique au centre de la sonde (en gris sur l'image) © University of Arizona/NASA Goddard Space Flight Center/AFP

Entre temps, la sonde s'est prise en photo sous tous les angles, et ses maîtres terrestres ont découvert avec stupeur un inquiétant nuage de particules flottant autour du bras de trois mètres de longueur.

La bonne nouvelle est que la sonde aurait récupéré de l'ordre de 400 grammes de fragments, soit bien plus que les 60 grammes minimum désirés, et en tout cas plusieurs centaines de grammes, selon le scientifique.

Mais 5 à 10 grammes ont déjà été observés autour du bras; en raison de la microgravité, les fragments se comportent comme des fluides.

"Ma grande inquiétude est que des particules s'échappent, nous sommes les victimes de notre succès", a dit Dante Lauretta.

Par conséquent, l'opération de mesure de la masse par une rotation de l'appareil, initialement prévue samedi, a été annulée, car cela risquerait de faire sortir encore plus de fragments.

Suspens jusqu'en 2023

La tête du mécanisme de collecte TAGSAM, au bout du bras de la sonde Osiris-Rex © NASA/AFP

La tête du mécanisme de collecte TAGSAM, au bout du bras de la sonde Osiris-Rex © NASA/AFP

L'urgence est désormais de réduire au minimum les activités de l'appareil, pour limiter les fuites, et de préparer au plus vite le stockage des échantillons dans la capsule qui se situe au centre de la sonde.

Cela implique un mouvement du bras, et doit être préparé minutieusement par les ingénieurs. Elle aura peut-être lieu mardi.

Les fragments se trouvent en ce moment dans le compartiment circulaire au bout du bras. Mardi, le bras s'est collé quelques secondes sur le sol de Bennu et a soufflé en même temps du gaz comprimé, faisant se soulever des particules qui ont été capturées à l'intérieur du bras, comme sous une cloche. Mais le bras s'est en réalité enfoncé de 48 cm en profondeur, à la surprise de la Nasa.

Le mécanisme de fermeture du compartiment est bloqué par des pierres

Bras de la sonde Osiris-Rex, pointée vers le sol de l'astéroïde, juste avant le contact, le 20 octobre 2020 © NASA TV/AFP

Bras de la sonde Osiris-Rex, pointée vers le sol de l'astéroïde, juste avant le contact, le 20 octobre 2020 © NASA TV/AFP

Osiris-Rex risque-t-elle de perdre son trésor ? Le volume de la fuite n'est pas encore bien connu, mais les scientifiques semblaient relativement confiants, et ont dit qu'il ne serait pas nécessaire de recommencer une opération d'échantillonnage.

"Nous pensons que nous sommes en train de perdre une petite fraction des matériaux, mais c'est plus que ce que je voudrais, je suis assez inquiet depuis que j'ai vu les images", a dit Dante Lauretta. "Le plus prudent est de faire le stockage le plus prudemment possible afin de minimiser toute perte future".

La sonde, lancée il y a plus de quatre ans, doit reprendre le chemin de la Terre en mars, et atterrir dans l'Utah en septembre 2023.

"Nous allons devoir attendre jusqu'au retour à la maison pour savoir précisément combien nous avons, et ça, comme vous l'imaginez, c'est difficile", a ajouté le scientifique.