We live as we came and God willing we shall return
« Nous reviendrons, porteurs de paix et d’espoir pour toute l’humanité » Ça. Ce sont les derniers mots prononcés sur la Lune, par Gene Cernan, en 1972.
Depuis, personne n’y est retourné. Aucun humain n’a même quitté l’orbite terrestre! Jusqu’à maintenant.
La NASA vise la Lune à nouveau, avec Artemis II. Une mission habitée, sans alunissage cette fois. L’équipage effectuera un survol complet avant de revenir sur Terre. Plus d’un million de kilomètres en une dizaine de jours à peine.
Mais alors pourquoi ne pas se poser directement sur la surface lunaire ? Après tout, l’humanité l’a déjà fait. Rappelez-vous en 1969, la mission Apollo 11 envoyait des hommes sur la Lune avec le lanceur Saturn V. Sauf que techniquement, impossible de faire un simple copier-coller.
ITW 1 : La Saturn V, tous les gens qui ont fait ça sont soit morts, soit à la retraite et en plus les technologies ont beaucoup évolué. Donc vous ne pouvez pas dire : « Bon on a fait Saturn V dans les années 1960, on va la refaire dans les années 2020 ». Non ça c’est pas possible! Donc finalement on fabrique une nouvelle fusée complètement différente de la Saturn V.
En Floride, au centre spatial Kennedy, le SLS (ou Space Launch System) est déjà sur le pas de tir. Voici le lanceur colossal développé pour retourner vers la Lune. 98 mètres de haut. 2 600 tonnes au décollage. Soit l’équivalent de 33 Airbus A320. Rien que ça!
Au sommet de la fusée : la capsule Orion, qui logera l’équipage d’Artemis II. Le but premier de la mission, c’est justement de tester ce vaisseau. Vérifier le système de survie, contrôler les équipements, effectuer des manœuvres de pilotage manuel, simuler des procédures d’urgence… Bref, tout doit fonctionner parfaitement avant d’employer Orion pour des missions plus exigeantes.
Artemis II est donc avant tout une mission de préparation. Mais, pourquoi avoir attendu 50 ans ?
ITW 2 : Donc pour les Américains la Lune, ils l’ont déjà fait. Donc l’objectif c’est de “passer par la Lune” entre guillemets. C'est-à-dire, de valider des technologies sur La Lune pour ensuite, mettre bout à bout toutes ces technologies et envoyer un équipage sur Mars.
La Lune devient une sorte de laboratoire scientifique pour l’exploration spatiale. L’endroit idéal pour apprendre et se préparer aux difficultés des voyages.
ITW 3 : Pour apprendre, la Lune c’est un band-test tout à fait pratique. D’abord parce qu’elle est à distance courte, on est à 3 jours de voyage. Et néanmoins, toutes les difficultés sont là. Donc la trajectoire interplanétaire, l’insertion en orbite, l’atterrissage sur un corps dépourvu d’atmosphère.
Et ces tests ne concernent pas seulement le vaisseau et ses technologies. Le corps humain est aussi à l’étude. À bord d’Orion, 3 Américains et 1 Canadien forment l’équipage du premier vol habité vers la Lune depuis plus 50 ans. Mais ils ne seront pas seuls. Ils embarquent avec eux leurs doubles cellulaires, de minuscules organes sur puce. Objectif : étudier les effets de la microgravité et des rayonnements de l’espace profond sur le corps humain. En fait, jusqu’ici la grande majorité des données venaient de l’ISS, à seulement 400 kilomètres de la Terre. Artemis II ira bien plus loin, 1000 fois plus loin, à 400 000 kilomètres de notre planète.
Et après ? Ce sera au tour d'Artemis III. Elle ira enfin poser des humains sur la Lune, avec l'atterrisseur Starship de SpaceX
ITW 4 : Space X l’a déjà testé une douzaine de fois et actuellement il n’est pas du tout validé pour l’intégralité de la mission. Space X a pour mandat de la Nasa de faire une démonstration automatique d'atterrissage de son starship sur la Lune et de redécollage. Donc on en est très très loin. Et c’est pour ça que le calendrier d’Artemis 3, est lui aujourd’hui annoncé pour 2028 mais probablement va être reporté à nouveau
Mais en réalité, la Lune n’est qu’une étape. Depuis le début, le programme Artemis suit la logique dite Moon to Mars. D’abord on va vers la Lune puis, sur la Lune pour apprendre, tester, valider et un jour poser, un premier pas sur Mars.
ITW 5 : À terme la Nasa veut développer un réacteur nucléaire à la surface de la Lune, veut développer un rover pressurisé à la surface de la Lune. Et toutes ces technologies, tous ces véhicules, un jour ou l’autre, seront nécessaires aussi pour Mars. Donc à partir du moment où ils auront développé ça dans le cadre d’Artemis, il sera relativement aisé de transférer ça pour des missions martiennes.
2031. Pour Elon Musk, c’est l’année où des humains marcheront pour la première fois sur la planète rouge. Mais entre la Terre et Mars, les défis restent nombreux : propulsion, radiations, énergie… Alors Mars, c’est pour quand ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : chaque mission Artemis nous en rapproche un peu plus.