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Jack Schmidt, dernier astronaute et seul scientifique à avoir marché sur la Lune, en décembre 1972 © Nasa AFP Archives Handout

La Nasa a assuré lundi qu’elle tablait toujours sur le retour d’astronautes américains sur la Lune en 2024, publiant une estimation des financements requis pour tenir le calendrier : 28 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, dont 16 milliards pour l’alunisseur. Le Congrès, qui sera renouvelé aux élections générales du 3 novembre, devra accepter de financer ces montants pour ce qui est une priorité fixée par le président Donald Trump. La somme de 28 milliards couvre les années budgétaires 2021-2025.

Si le Congrès vote les premiers 3,2 milliards pour l’alunisseur d’ici Noël, « nous serons toujours dans les clous pour un alunissage en 2024 », a précisé Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa, lundi, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, après avoir rendu public un plan actualisé du programme de retour sur la Lune, Artémis. Mais comme il le répète souvent, la Nasa sait gérer les risques techniques, mais les « risques politiques » sont souvent les plus dangereux pour l’agence spatiale, a fortiori après une élection présidentielle. Ainsi Barack Obama a annulé le programme Constellation d’exploration de Mars, après des milliards de dollars de dépenses sous son prédécesseur.

L’objectif reste d’alunir au pôle Sud de la Lune. « C’est là que nous irons », a-t-il insisté, excluant un retour sur les anciens sites d’atterrissage d’Apollo, à l’équateur, entre 1969 et 1972.

Trois projets sont en concurrence pour ce véhicule d’alunissage, à bord duquel deux astronautes, dont une femme, descendront de leur vaisseau Orion vers le sol de la Lune. Le premier est développé par Blue Origin, fondée par le patron d’Amazon Jeff Bezos, en partenariat avec Lockheed Martin, Northrop Grumman et Draper. Les deux autres projets sont développés par SpaceX, fondée par Elon Musk, et par la société Dynetics. Une première sélection aura lieu début 2021, selon la Nasa.

Le premier vol, Artémis 1, prévu en novembre 2021, se fera sans astronaute à bord : la nouvelle fusée géante SLS, actuellement en phase de tests, s’envolera pour la première fois, avec la capsule Orion à son sommet. Artémis 2, en 2023, enverra des astronautes autour de la Lune, mais ils n’atterriront pas. Enfin, Artémis 3 sera l’équivalent d’Apollo 11 en 1969. Mais le séjour lunaire durera plus longtemps – une semaine – et sera ponctué de deux à cinq « activités extravéhiculaires », c’est-à-dire des sorties à l’extérieur. « Les activités scientifiques seront très différentes de ce qu’on a fait auparavant. Pendant les années Apollo, on pensait que la Lune était complètement sèche, a souligné Jim Bridenstine. Aujourd’hui, on sait qu’il y a beaucoup de glace d’eau, au pôle Sud ».