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Transport d’un malade dans un hôpital où sont soignés des patients infectés par un mystérieux virus analogue au Sras, le 18 janvier 2020 à Wuhan © AFP STR

La Chine a fait état lundi d’un troisième mort du virus apparu le mois dernier, alors que l’épidémie se propage vers le nord et le sud du pays et a gagné la Corée du Sud, à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois.

L’épidémie, apparue en décembre dans un marché de Wuhan (centre de la Chine), touche désormais trois autres pays asiatiques (Japon, Thaïlande, Corée du Sud) et a fait au total 205 cas connus, dont 201 en Chine.

Pour la première fois, les responsables sanitaires chinois en ont signalé lundi de nouveaux en dehors de la métropole de Wuhan (11 millions d’habitants) : deux cas à Pékin (nord) et un autre à Shenzhen, la grande ville de l’extrême sud qui fait face à Hong Kong. 

Point commun à ces nouveaux cas, toutes les personnes contaminées s’étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines. 

C’est le cas également à Séoul, où le virus a été détecté chez une Chinoise de 35 ans arrivée dimanche par avion depuis Wuhan.

Les autorités sanitaires sud-coréennes ont révélé qu’elle avait consulté samedi à l’hôpital de Wuhan en raison d’un rhume. On lui avait prescrit des médicaments avant qu’elle ne s’envole pour l’aéroport de Séoul où ses symptômes ont été détectés. Elle a été placée en quarantaine.

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Cartes de Chine et de Wuhan, données sur le nouveau virus de la même famille que le Sras © AFP Gal Roma

Le virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès ce week-end d’une troisième personne depuis le début de l’épidémie et une augmentation significative du nombre de nouveaux cas à Wuhan (près de 140, le total atteignant désormais 198). Neuf patients sont dans un état critique.

Malgré tout, les autorités sanitaires de la ville se veulent rassurantes : selon elles, le risque d’une transmission du virus entre humains est jugé « faible », même s’il n’est « pas exclu ».

L’épidémie intervient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, la période la plus chargée de l’année dans les transports. Des centaines de millions de personnes ont commencé à voyager en autocar, train et avion pour rendre visite à leur famille avant la fête qui tombe cette année le 25 janvier.

Malgré les risques de propagation, les déplacements en Chine ne font pour l’heure l’objet d’aucune restriction.

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Un homme sort d’un hôpital de Wuhan, en Chine, le 12 janvier 2020, où a débuté l’épidémie due à un mystérieux virus © AFP/Archives Noël Celis

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume) mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Hautement contagieux, ce virus avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d’une pneumonie, avec une forte fièvre et des problèmes respiratoires.

Lors de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de la maladie. L’inquiétude est désormais perceptible à l’étranger, où les mesures de prévention se multiplient.

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Une femme passe devant un marché de Wuhan fermé après l’apparition d’un mystérieux virus, le 12 janvier 2020 en Chine © AFP/Archives Noël Celis

Depuis vendredi, les États-Unis filtrent les vols en provenance de Wuhan à l’aéroport de San Francisco et à l’aéroport JFK de New York – qui reçoivent tous deux des vols directs de Wuhan – ainsi qu’à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances.

La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a également renforcé les contrôles dans ses aéroports.

Les autorités de Hong Kong ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

Ce week-end, des scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont mis en doute les chiffres officiels estimant que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont fondés sur le nombre de cas détectés jusqu’alors hors de Chine pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l’aéroport de Wuhan.