Chroniques végétales Diffusé le

Le millepertuis perforé

Un épisode de la série "Chroniques végétales".

Réalisation : Anaïs Bollègue , Olivier Marcon

Production : Universcience, Les Films Invisibles, Arte GEIE, Région Occitanie, Département du Gard

Année de production : 2018

Durée : 3min25

Accessibilité : sous-titres français

Le millepertuis perforé

Chroniques végétales : Millepertuis Installée dans les prairies et les zones très ensoleillées, cette plante fine et discrète n’attire pas forcément l'attention au premier coup d’œil. Il s'agit pourtant d'une plante médicinale très utilisée par l'homme : Le Millepertuis Perforé. Du haut de ses cinquante centimètres, il exhibe une multitude de sommités fleuries jaunes, comportant 5 pétales. Il suffit d’apercevoir les nombreuses petites perforations sur ses feuilles pour s'assurer d’avoir affaire à lui. Ce ne sont pourtant pas des trous qu’il y a sur ses feuilles, mais de minuscules glandes translucides. A contre-jour, on peut très bien les observer, de même que les points noirs en bordure des feuilles et des pétales. C'est dans ces glandes que se loge l'huile essentielle, et par conséquent, le pouvoir médicinal du millepertuis. L'huile essentielle est un concentré complexe de molécules issues d’une plante donnée. C'est elle qui permet d’accéder aux principes actifs de la plante, que ses vertus soient thérapeutiques ou aromatiques. Elle s’obtient généralement par une distillation à la vapeur d'eau, procédé qui permet d'extraire l’essence de la plante et son hydrolat. Dans le cas du Millepertuis, son huile est par exemple utilisée dans la conception d'onguents, à appliquer sur la peau. Son histoire avec Homo sapiens aurait commencé il y a plus de 2400 ans avec les grecs, Dioscoride, un grand médecin de l’époque, le préconisait déjà dans ses ordonnances. Au Moyen-Âge, les chevaliers l’utilisaient pour soigner et soulager leurs plaies sur les champs de bataille, notamment pendant les croisades. Il servait aussi à chasser diable et mauvais esprits. Inscrit à la pharmacopée Française en 1818, un peu délaissé vers la fin du 19e siècle, aujourd’hui, il retrouve sa place parmi les plantes les plus utilisées par l’homme. Le Millepertuis est toujours employé, entre autres pour soigner la dépression nerveuse, autrefois appelée la mélancolie. Mais cette utilisation doit être encadrée par un médecin. Il est plus accessible en traitement externe, sous forme de macérat huileux, pour soigner petites contusions et brûlures, dont les coups de soleils. Afin d'élaborer cette huile cicatrisante, attendez la Saint Jean, le 24 juin, date idéale pour sa cueillette, de préférence à midi. (Ce n’est pas un hasard si le Millepertuis est aussi connu sous le nom d’herbe de la Saint Jean). Collectez ses fleurs et placez-les dans un bocal, complétez avec de l’huile d’olive et laissez macérer au soleil pendant environ un mois. Cela suffira à colorer l’huile d’un beau rouge sombre. Filtrez et pressez les fleurs pour obtenir l'élixir désiré. Cependant, il ne faut jamais l'appliquer avant de s'exposer au soleil, sous peine d'en intensifier les brûlures. Connu depuis des millénaires, l'herbe de la Saint-Jean, comme beaucoup de ses consoeurs, a bien failli tomber dans l'oubli. Elle retrouve aujourd'hui dans la société une place plus digne de ses vertus.

Réalisation : Anaïs Bollègue , Olivier Marcon

Production : Universcience, Les Films Invisibles, Arte GEIE, Région Occitanie, Département du Gard

Année de production : 2018

Durée : 3min25

Accessibilité : sous-titres français