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Comment ralentir le rythme du vieillissement / Miroslav Radman

Pendant des siècles, les principales causes de mortalité avaient pour origine des virus, des parasites, des bactéries… Grâce aux vaccins ou aux antibiotiques, les progrès de la médecine aux XIXe et XXe siècles ont permis d’augmenter la durée de vie moyenne des humains. Aujourd’hui, le défi de la longévité se heurte à la compréhension de la chimie de notre horloge biologique, dernière frontière à abolir pour vivre 150 ans. Miroslav Radman, généticien, est le pionnier de ces questions.

Un épisode de la série « Corpus ».

Pour en savoir plus sur le corps humain : le site Corpus.

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Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience, Canopé-CNDP, MGEN, Inserm, Educagri

Année de production : 2014

Durée : 3min27

Accessibilité : sous-titres français

Comment ralentir le rythme du vieillissement / Miroslav Radman

Miroslav Radman
Biologiste moléculaire Université René-Descartes

-La stratégie qu'on a adoptée, depuis Pasteur, Robert Cooke, etc., c'est que les principales sources de mortalité d'il y a un siècle, un siècle et demi, deux siècles, dix siècles, étaient des parasites, des virus, des bactéries, qui nous tuaient.

Ils tuaient tôt dans la vie.

Et ensuite, évolution culturelle, il y a la vaccination, il y a l'hygiène, il y a la qualité de la nourriture.

On renforce l'organisme, on active les défenses qui ne seraient pas là autrement grâce aux vaccinations.

Ou bien on a la thérapie avec antibiotiques ou les molécules antivirales.

Et ça, ça s'est bien passé.

On travaille là-dessus, le succès est grand.

Là où on n'a pas de succès, c'est sur ce qui est aujourd'hui, en France, la cause de 90 % de la mortalité humaine, c'est-à-dire l'âge.

Elle augmente en fréquence, avec l'âge, à la puissance cinq, c'est une exponentielle incroyable, tellement qu'il apparaît que rien n'est aussi dangereux pour la vie que de vivre.

Si on se fait irradier par une dose deux fois trop élevée, le risque est doublé.

Mais quand on passe de 30 à 60 ans, le risque est multiplié par trente ou soixante.

Donc quelle est la chimie du vieillissement ?

Quelle est cette horloge biologique qui fait tic-tac pour nous trente fois moins vite que pour la souris ?

Or on a toutes les raisons de penser qu'il s'agit de la même horloge.

Pourquoi et comment tourne-t-elle trente fois plus vite pour la souris ?

Si on comprend quelle est la chimie de l'horloge biologique individuelle, celle qui tourne beaucoup plus lentement pour Jeanne Calment que pour les malheureux qui meurent à 10 ans, c'est le début de la découverte qui permet d'agir sur cette chimie.

C'est une chimie flexible, on a déjà dit qu'elle était flexible.

Par expérience, en comparant les espèces, elle est flexible.

Quand pourrons-nous agir en prévention dirigée, active ?

Pas seulement en disant de ne pas fumer, de courir un peu et d'éviter les dangers, mais en agissant de façon à renforcer l'organisme, à ralentir le rythme du vieillissement d'une façon ciblée.

Ça, je crois que c'est possible.

Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience, Canopé-CNDP, MGEN, Inserm, Educagri

Année de production : 2014

Durée : 3min27

Accessibilité : sous-titres français