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Boult-sur-Suippe : le bel oublié

A Boult-sur-Suippe (Marne), les fouilles d'un cimetière de fortune où les soldats allemands étaient enterrés pendant les combats ont permis de mettre au jour plus de 600 tombes. L'un de ces soldats a pu être identifié, il s'agit d'un artilleur allemand, August Seelmeyer, mort après seulement 6 jours de combat à l'âge de 19 ans.

Ce film est tiré du webdoc "700 000 - À la recherche des soldats disparus de la Grande Guerre".

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Réalisation : Olivier Lassu

Production : Universcience, Drôle de Trame, Narratio Films, Inrap, Pictanovo, en partenariat avec TV5 Monde, RMC Découvertes, ARAC, DMPA

Année de production : 2016

Durée : 9min30

Accessibilité : sous-titres français

Boult-sur-Suippe : le bel oublié

700 000
Un webdocumentaire d'Olivier Lassu et Maxime Chillemi
Produit par Drôle de trame, Narratio films, Universcience, Investissements d'avenir, Pictanovo, Lille région image community, et l'Inrap
Avec la participation de TV5MONDE, RMC Découverte, du CNC, de la Fondation Carac, du ministère de la Défense, du Secrétariat général pour l'Administration, de la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives, de France Inter et du Centenaire 1914-1918

"Boult-sur-Suippe : le bel oublié"
"Boult-sur-Suippe, Cimetière provisoire allemand utilisé pendant la guerre, partiellement exhumé et transféré dans les années 1920" Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-On fait les deux dernières et on laisse la banquette du milieu ?
Tu le sens, Jean-Mi ?
Frédéric Adam, anthropologue, Inrap.
-Les tombes ont été partiellement exhumées entre les années 1920 et 1930.
Il y avait la tête ici car on a encore les cervicales en place avec son omoplate gauche qui subsiste.
On a l'avant-bras posé sur l'abdomen avec la main gauche sur le côté droit.
Et puis, les cuisses ont disparu, mais on a les extrémités des fémurs encore en place, ici.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Ici, pourquoi tous les corps n'ont pas été récupérés ?
C'était un cimetière provisoire.
Les exhumateurs arrivent, ramassent les corps mais ne sont pas très précis.
Combien de temps ont-ils eu pour exhumer 600 corps ?
On n'a aucune info là-dessus.
Gilles Prilaux, archéologue, Inrap.
-Les exhumateurs devaient quand même avoir comme objectif d'identifier les soldats qu'ils récupéraient.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Moi, ce qui m'étonne, c'est qu'on en ait autant.
Gilles Prilaux, archéologue, Inrap.
-Ça signifierait que les gars sont venus chercher le crâne, la médaille, reprennent quelques os on va dire symboliquement Gilles Prilaux, archéologue, Inrap puis Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
et le travail est fait.
-En gros, c'est ça.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-Hop, ici.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Il n'est pas trop mal conservé, celui-là.
Ça peut être un kit de petits peignes à moustache.
Il est très bien conservé car il est en bronze argenté.
Frédéric Adam, anthropologue, Inrap.
-Les soldats inconnus sont soit tombés sur le champ de bataille et enfouis par un obus, donc on ne l'a jamais retrouvé, pas d'inhumation.
Ou ce sont des inhumations provisoires du début de guerre en bord de sentier, dans un champ.
On se dit : "Dans trois mois, la guerre est finie.
On reviendra."
La sépulture disparaît sous les broussailles.
On ne le retrouve pas.
Ça devient un soldat inconnu.
Là, même dans le cadre d'un cimetière, on a quand même des soldats inconnus.
Pour certains, on va leur retrouver un nom.
"Boult-sur-Suippe, cimetière allemand" Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-C'est pour lequel que tu as les chaussures ?
Le crâne est là, écrasé.
Son étui à masque à gaz est ouvert et avec le casque.
Frédéric Adam, anthropologue, Inrap.
-Il semblerait qu'il ait été oublié aussi, celui-là.
On a les deux pieds dans leurs bottes.
On a les jambes qui sont en place, les rotules sur les genoux, les cuisses qui apparaissent déjà bien.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-On est partis de l'omoplate et on a l'humérus qui vient s'emboîter dans l'omoplate.
On a la clavicule.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-La main est en place sur le thorax.
Là, plus ça va, plus il apparaît que le soldat est probablement un des soldats oubliés, car il a l'air complet avec la main en position sur l'abdomen, les lombaires, le bassin, les jambes en connexion.
On est probablement dans le même cas de figure que celui d'à côté.
Il a été inhumé en revenant du champ de bataille et a été totalement oublié lors des exhumations des années 1925.
Et là, qui apparaît, un petit miroir.
Ah !
Il est décoré, en plus.
Voilà.
Très belle pièce.
D'abord regarder en dessous.
C'est bien un petit miroir.
Pas de problème.
Avec le cerclage qui va avec.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-C'est qui, l'officier ?
Ça ressemblerait bien au général Hindenburg.
En tout cas, c'est un magnifique miroir.
Waouh.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-Le crâne est cassé.
Ça, oui.
Je le concède.
On verra bien quand on l'aura dégagé complètement.
Il a le front qui a lâché, en fait.
La face qui est tombée d'un côté, le frontal de l'autre.
Je vais continuer à dégager.
Mal, la tête.
Mal, la tête.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Il y a peut-être une plaque.
Par contre, elle est en très mauvais état.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-En plus, ça a l'air d'être une demi-plaque, a priori.
Elle est corrodée.
Tu as une fracture ici, une là, une là, dans ce sens-là.
Là, elle est un peu brisée.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap puis Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
On dirait qu'elle se délite.
-C'est frustrant.
On en a un bien complet.
Il y a sa plaque et elle est illisible.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-Bon, s'il avait une plaque d'identité, où serait-elle ?
Elle serait au niveau du cou ?
Le haut de la poitrine ?
Frédéric Adam, archéologue, Inrap puis Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
Là, il y a une plaque.
-Ah oui.
C'est bien ça.
Elle devait être...
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-Il y a toujours deux perforations aux plaques sécables ?
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Oui.
Elles étaient portées avec un lacet au cou.
Malheureusement, il faudra faire une radio, car elle est encore illisible.
Frédéric Adam, archéologue, Inrap.
-Si on a suffisamment de lettres et de chiffres, on pourra nommer le soldat.
Bruno Duchêne, archéologue, Inrap, responsable de la fouille.
-Là, c'est le bel oublié par excellence.
Narratrice.
-Après brossage, lavage et radiographie, la plaque d'identité découverte par les archéologues à Boult-sur-Suippe, illisible au départ, révèle un nom : August Seelmeyer.
D'autres indications précieuses y sont déchiffrables.
1295, son matricule.
14 novembre 1897, sa date de naissance.
F.A.R 26, régiment d'artillerie auquel il appartient.
Enfin, Polle, son village de naissance en Allemagne, en Basse-Saxe.
Fort de ces éléments, il est aisé de remonter la trace de ce soldat.
On retrouve dans le livre d'or de sa commune de Polle la confirmation de son identité, puis la date de sa mort, le 16 avril 1917 à Boult-sur-Suippe.
Lorsqu'il s'engage dans l'armée, August rejoint la caserne de Verden pour se former au maniement du canon.
Puis, il rejoint le front de Champagne.
Après seulement six jours de combat, il tombe sous le coup des obus.
Il a 19 ans.
La lecture du journal du régiment F.A.R.
26 révèle les détails de l'unique semaine de guerre qu'aura connu ce soldat.
August arrive à Boult-sur-Suippe le 10 avril 1917 en pleine bataille du fort de Fresne-lès-Reims.
Entre ce fort tenu par les Français et Boult occupé par les Allemands, les échanges de tirs sont incessants.
La batterie d'August a pour mission de s'approcher des positions françaises et de les détruire.
Mais le 16 avril, les Français lancent une attaque majeure.
Dans le journal de route du régiment, la puissance des bombes est décrite comme le jour du Jugement dernier.
Qu'éprouva la jeune recrue Seelmeyer face à un tel déluge ?
Nous ne le saurons jamais, comme nous ne connaîtrons pas plus l'histoire de sa vie.
Décédé très jeune, il n'a pas laissé de descendant direct et aucun document ne semble relater quelque fait ou événement le concernant.
Sa vie s'est ainsi effacée, presque sans bruit.
Toutefois, une photographie retrouvée tout récemment dans la collection d'un petit-neveu permet de mettre un visage sur le nom d'August Seelmeyer.
Petit garçon, élégant dans son costume de ville, il apparaît ainsi avec sa famille, manifestement tranquille et heureux.

Auteur et réalisateur : Olivier Lassu
Directeur artistique : Maxime Chillemi
Productrices : Virginie Adoutte et Audrey Ferrarese
Directeur de production : Malik Menaï
Directrice des productions : Claire Lebouteiller
Architecture & Développement Web : FuzzyFrequency – Guillaume Libersat
Développement API Backend : FuzzyFrequency – Olivier Cortes
Cheffe de projet : Sophie Chauvin
Conseiller scientifique : Gilles Prilaux, Inrap
Monteur des films : Cyril Letellier
Chef opérateur image : Olivier Lassu
Images additionnelles : Hervé Glabeck, Jean-Bernard Mercier
Chefs opérateurs son : Samuel Abraham, Florent Blanchard, Nicolas Samarine, Laurent Thirion, Brice Bertrand
Assistants lumière : Xavier-Emmanuel Lesage, sacha Kammermann
Assistant monteur et truqueur : Robin Gaussé
Mixeur : Maxence Ciekawy
Assistant son : Pierre George
Étalonneur : Baptiste Evard
Monteur additionnel : Anthony Verpoort
Assistante de production : Merryl Roche
Administratrice de production : Nathalie Karp
Documentalistes et enquêtrices en Allemagne : Nathalie Rosenblum et Catherine Bihan – Doc’Addict
Prises de vues aériennes : Denis Gliksman
Comédiens voix : Julie Pouillon et Christophe Reymond
Assistante réalisation : Gaëlle Girard
Traductrice : Ruxandra Annonier
Graphiste print : Nolwenn Guény
Stagiaire : Camille Beaudelot
Moyens techniques : Alive Events, Authot, Le Fresnoy, Gorgone Productions, La Grange Numérique, La Prod du Sud, Samedi 14, Studio Collet
Musique originale : Nicolas Devos et Pénélope Michel
Musiques additionnelles : Cezame Music Agency

Archives : Collections Jens Arndt – Collections BDIC – Bundesarchiv Berlin / Transit Film GmbH – Deutsches Pferdemuseum, Verden – ECPAD/France/SCA/réalisateur inconnu/1915-1918  –Adrien Fanget – German Federal Archives, Film Collection/Transit Film GmbH – Bundesarchiv, Abt. Filmarchiv « Ein Kampftag in der Champagne 1917 » - Grimsby Library Local History Collection – The Grimsby Telegraph – Collection Sue Kruk – Huntley Film Archives Ltd – INRAP – IMPERIAL WAR MUSEUMS – IWM CO 2533 / IWM Q 5099 / IWM Q 5098 / IWM Q 913 / IWM Q 5100 – Fonds documentaire Alain Jacques – Service archéologique d’Arras – Jean-Luc Letho-Duclos pour le Service d’archéologie d’Arras et l’INRAP – LCC County Heritage Service, Royal Lincolnshire Regimental Collection – Collection Lobster Films – Collection Éric Marchal – DR / Proscot PR company, Leith, Edinburgh – Fritz Reinhardt / Collection Jean-Pierre Ducreux – Chistoph Runge / Wikipedia Commons – Collection Christian Seelmeyer – Ville de Polle, Allemagne
© Droits réservés

Une coproduction

Drôle de Trame :
Virignie Adoutte, Claire Lebouteiller, Corinne Planchais

Narratio Films :
Audrey Ferrarese, Malik Menaï, Maurice Ribière

INRAP :
Direction du développement culturel et de la communication : Théresia Duvernat, David Raynal
Production audiovisuelle et multimédia : Marine Dubois

Pictanovo :
Dans le cadre du Fonds « Expérience Interactives »
Avec le soutien de la Région Nord-Pas de Calais – Picardie, de la Métropole Européenne de Lille, du Centre National de la Cinématographie et de l’Imagr Animée.

Universcience :
Responsable des programmes : Alain Labouze
Production : Ghislaine Mouton

Avec la participation de l’AMCSTI

Avec le soutien d’Investissements d’Avenir

Avec la participation de :

TV5MONDE www.tv5monde.com
Direction du numérique : Héléne Zemmour, Cécile Quéniart, David Gueye

RMC Découverte
Directrice de l’antenne et des programmes : Guenaëlle Troly
Responsable de l’antenne et des productions : Rodolphe Guignard
Responsable web et partenariat : Pierre Sedze

Centre national du cinéma et de l’image animée

Ministère de la Défense, Secrétariat Général pour l'Administration, Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA)

Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Carac

Remerciements : Jérôme Allard, Pauline Augrain, Anne Charlotte Baudry, Marianne Béarez, Estelle Bénistant, Valérie Chopin, Anaëlle Cormier, Quentin Denimal, Guy Flucher, Philippe Fréville, Véronique Gallien, Pascal Garnotel, Éric Gleizer, Historisches Museum « Domherrenhaus », Verden, Patrick Huard, Frank Lesjean, Mireille Lorant, Antonin Lothe, Nathalie Mamosa, Dominique Massot, Florent Maurin, Ania Mehanni, Olivier Montels, Christophe Parre, Lior Rosenblum, Bruno Smadja – Cross Video Days, Mahaut Tyrell, Gilles Varin, Fréderic Vermeersch, Webprogram festival, Jean-Hervé Yvinec, Christine Zins / Samtgemeinde Bodenwerder-Polle

© Drôle de Trame & Narration Films – Universcience – Inrap – Pictanovo - 2016

Réalisation : Olivier Lassu

Production : Universcience, Drôle de Trame, Narratio Films, Inrap, Pictanovo, en partenariat avec TV5 Monde, RMC Découvertes, ARAC, DMPA

Année de production : 2016

Durée : 9min30

Accessibilité : sous-titres français