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Massiges : le 88e régiment allemand

Dans la vallée de l'Aisne (Marne), une fouille préventive a permis aux archéologues de mettre au jour cinq corps de soldats allemands sur le site de Massiges. Grâce aux vestiges retrouvés, l'archéologue Yves Desfossés et l'anthropologue Michel Signoli ont pu les identifier comme faisant partie du 88e régiment d'infanterie.

Ce film est tiré du webdoc "700 000 - À la recherche des soldats disparus de la Grande Guerre".

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Réalisation : Olivier Lassu

Production : Universcience, Drôle de Trame, Narratio Films, Inrap, Pictanovo, en partenariat avec TV5 Monde, RMC Découvertes, ARAC, DMPA

Année de production : 2016

Durée : 12min21

Accessibilité : sous-titres français

Massiges : le 88e régiment allemand

700 000
Un webdocumentaire d'Olivier Lassu et Maxime Chillemi
Produit par Drôle de trame, Narratio films, Universcience, Investissements d'avenir, Pictanovo, Lille région image community, et l'Inrap
Avec la participation de TV5MONDE, RMC Découverte, du CNC, de la Fondation Carac, du ministère de la Défense, du Secrétariat général pour l'Administration, de la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives, de France Inter et du Centenaire 1914-1918

"Massiges : le 88e régiment allemand"
"Zone de tranchées remise en état par l'association La Main de Massiges"

Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Le bord de la tranchée est là.
Yves Desfossés, conservateur régional d'archéologie en Champagne-Ardenne.
-C'est bien dur.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Il est en bon état.
On aperçoit une branche de l'encre de marine, typique du régiment de l'infanterie coloniale.
Une cisaille à barbelés.
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Pas mal.
Oui, donc c'est bien une pince à barbelés.
Si je prends un bout de fil barbelé, il y a le guide, les deux antennes, qui permettent de coincer le barbelé au niveau de la pince coupante et de sectionner le fil.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Ça doit être une pointe de casque à pointe, oui.
Oui, tiens.
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Ah oui.
Elle est bien...
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Ça, c'est une tranchée creusée par les Allemands.
Elle est occupée par les Français, puis les Allemands et enfin, par les Français et devient un boyau de circulation, dans les années 1916-1917.
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Là, on reprend une vision en hauteur, qui n'est pas celle des combattants qui sont dans les tranchées, et on tombe dans le no man's land avec tous les trous d'obus.
On voit bien le caractère très minéral du front de Champagne, avec la craie apparente partout qui réverbère le soleil en été et qui se transforme en boue liquide en hiver.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-En lisant les journaux de marche des régiments, on a réussi à regrouper sur la Main de Massiges, qui fait 1,5 kilomètre de large, en pertes, ça veut dire tués, blessés ou disparus, 20 000 Français Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges puis Yves Desfossés, conservateur régional.
et 20 000 Allemands.
-20 000 Allemands.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Faut compter un quart de tués et le restant en blessés et disparus.
Yves Desfossés, conservateur régional d'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Donc, on les retrouve soit en fond de tranchée soit dans des parapets.
En juillet dernier, on est allés au-delà, dans une zone à côté du site, pour découvrir les corps de cinq soldats allemands.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-C'est là, non ?
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Dans mon souvenir, c'est pile en face du 1er arbre qui est là.
C'est bon.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-D'accord.
Eh bien, on y va.
"Site de la Main de Massiges" Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne puis Éric Marchal, président association La Main de Massiges.
-Ça va ?
C'est encore praticable ?
-Oui.
C'était là.
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Oui, c'était là.
Là, on est sur la contre-pente qui permettait aux Allemands d'avoir des abris protégés des obus français.
Je pense qu'ils ont été tués au-dessus.
La tranchée de première ligne est à quoi ?
70 mètres.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Tu penses qu'ils ont rapatrié les corps ?
Yves Desfossés, conservateur régional de l'archéologie en Champagne-Ardenne.
-Oui, ils ont peut-être été obligés de les laisser pendant quelques jours et finalement de se résoudre à les inhumer rapidement.
Il nous a fallu une bonne semaine pour comprendre comment ils avaient été disposés.
Il y en avait à la fois sur le dos, d'autres sur le ventre.
On a certainement amené les corps sur le côté de la fosse et lâché la toile de tente et les corps ont roulé.
On peut aussi enterrer temporairement des corps en se disant : "On leur donne une sépulture rapide et on reviendra les chercher."
Pour une raison x ou y et sans doute les perturbations du champ de bataille ont recouvert le poteau indicateur ou le marqueur au sol en surface de la tombe, ce qui fait que les corps n'ont jamais pu être récupérés.
Là, on est vraiment dans une sépulture de catastrophe.
Éric Marchal, président de l'association La Main de Massiges.
-Champ de bataille en plein combat.
Yves Desfossés, conservateur régional d'archéologie en Champagne-Ardenne.
-On n'a ni le temps ni les moyens de donner une sépulture digne et on procède à l'inhumation la plus rapide possible.
Ils avaient juste été déséquipés de leur matériel militaire et avaient encore sur eux quelques objets personnels, dont notamment quelques porte-monnaie.
On voit, là aussi, qu'il y a un respect du corps, car il n'est pas fouillé pour récupérer les objets très personnels.
Mais ils n'avaient pas de plaque, donc il n'y a pas d'identification possible.
On a eu la chance de retrouver les restes d'une patte d'épaule qui portait encore le numéro du régiment, ce qui permet de penser que ces cinq soldats appartiennent au 88e régiment de réserve, donc des hommes d'une petite trentaine d'années et qui ont terminé leur vie ici.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-On est vraiment à une période charnière car on a des identités, des fois, qu'on arrive à retrouver.
Sur le plan méthodologique, on est à la limite entre l'archéologie funéraire et l'anthropologie médico-légale.
Femme 1.
-On va prélever une canine.
Celle-ci est altérée.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS puis femme 1.
-Celle-ci est bien.
-Oui.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-C'est-à-dire dont la finalité est quand même d'identifier des individus.
Donc, voilà la suite.
Ce qui signifie de prendre contact avec les descendants et dire : "On a retrouvé le grand-oncle ou l'arrière-grand-père."
C'est toujours des moments de grande émotion.
Stefan Tzortzis, anthropologue, CNRS.
-Perte de matière osseuse, devant.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-De l'arthrose, un petit peu.
Pas bien marquée mais ça commence.
Stéfan Tzortzis, anthropologue, CNRS.
-Ah, il y a un os acromial.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-Oui.
On a du vert-de-gris partout.
Stéfan Tzortzis, anthropologue, CNRS.
-On voit bien, ça prend toute une partie de l'os.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-Sur le poignet, un peu la main, au niveau de la phalange.
Stéfan Tzortzis, anthropologue, CNRS.
-Et en même temps, la proximité des éléments en alliage cuivreux...
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-Oui.
Grosse carie quand même.
Stéfan Tzortzis, anthropologue, CNRS.
-Par contre, il ne semble pas y avoir de perte ante mortem.
Ce qui a provoqué sa mort, a priori, n'a pas laissé de trace nette sur ces ossements.
Michel Signoli, anthropologue, CNRS.
-Vu le contexte général, il n'est pas mort de rire.
Pas de vieillesse non plus.
Il y a la possibilité que les gens ne soient touchés qu'au niveau des parties molles.
Les os du squelette ne sont pas touchés lors de l'impact.
Forcément, on n'aura aucune trace.
Enfin, il y a une cause de la mort assez courante dans la Première Guerre mondiale : la mort par effet de souffle lié à l'artillerie, qui ne laisse pas de trace sur les os non plus, qui est assez courante.
Au niveau du bassin, on ne peut pas exclure non plus un double impact, de part et d'autre du bassin.
Ça sent le shrapnel à plein nez, ça.
On a utilisé tout un panel de méthodes utilisées habituellement en archéologie et en anthropologie médico-légale.
Sur la fouille, on a vu que c'était des soldats allemands.
On a deux individus qui ont des objets du 88e régiment d'infanterie de ligne.
L'ensemble des techniques confirme qu'on est sur des individus autour de la quarantaine.
Ça va dans le sens de ce 88e régiment, un régiment de réservistes.
Mais aucune possibilité de les identifier nommément.
La seule possibilité serait de faire des prélèvements A.D.N.
sur ces soldats et de pouvoir les comparer à des descendants vivants.
Sans avoir la moindre idée de quels vivants on peut typer, c'est mission impossible.
La seule possibilité serait d'essayer de trouver une journée de combat où cinq soldats du 88e tombent.
Malheureusement, pendant cette journée de février 1915, il y aura plusieurs jours où plus de cinq soldats sont tombés, sur ce régiment-là.
Narratrice.
-L'identité des ces cinq soldats n'ayant pu être établie, leur histoire ne sera jamais racontée.
Mais à travers les chiffres et les dates clés qui se rattachent à eux, il est possible de remonter leurs traces et celles de leur régiment.
Alors faisons parler les chiffres.
"88" 88 est le numéro du régiment retrouvé sur l'épaulette d'un des soldats de Massiges.
On est à Hanau, près de Francfort, ville où le 88e régiment d'infanterie de réserve s'est formé à l'heure de la mobilisation générale.
Avant ce jour, ces hommes étaient ouvriers, artisans, commerçants, notables ou étudiants.
L'un d'entre eux, Wilhem Traxel, a laissé un témoignage écrit de l'histoire de son régiment.
"01 10 14"
1er octobre 1914.
Le 88e quitte Hanau.
Dans son journal, le soldat Wilhem écrit...
Narrateur.
-"Je me souviens de notre allégresse, lorsqu'au son de l'orchestre des cheminots sous les acclamations, nous sommes partis en train, décorés de guirlandes."
"191"
Narratrice.
-191.
C'est le nom de la côte la plus convoitée dans les hauteurs de Massiges.
À l'approche du mois de février 1915, le 88e prépare l'attaque majeure de ce sommet, creusant un tunnel jusqu'à son cœur pour le truffer de mines.
"03 02 1915"
3 février 1915, le 88e fait sauter la côte 191 et charge.
Narratrice, puis narrateur.
Wilhem se souvient.
-"Ce fut comme si cette colline s'était élevée dans les airs sous les détonations violentes et avait fait un tour sur elle-même avant de retomber.
Des colonnes de poussière s'élevaient à 100 mètres de haut et un brouillard étouffant recouvrait l'endroit.
La pluie de pierres se dissipant, nous sommes montés à l'assaut pour renverser les trois premières lignes ennemies."
"5"
Narratrice.
-Cinq.
C'est le nombre de soldats, parmi les centaines de disparus, retrouvés exactement un siècle plus tard.
Le rapport d'anthropologie n'ayant décelé aucun trauma osseux hormis un impact de shrapnel, la cause de leur mort reste mystérieuse, mais le témoignage de Wilhem Traxel laisse entendre ce qui a pu se passer.
Narrateur.
-"L'attaque fut un succès, mais nos pertes très lourdes.
Plus d'un soldat mourut non pas sous le feu de l'ennemi mais sous le coup du souffle de l'explosion qui a surpris tout le monde, Allemands comme Français se trouvant projetés dans les airs."
"55"
Narratrice.
-55.
C'est le nombre de soldats du 88e décorés et félicités par le Kronprinz, cinq jours après cette importante victoire.
"24"
24.
C'est le nombre de jours qui manquèrent au 88e pour parvenir au terme de ce conflit mondial.
Décimés par les trois longues années de guerre qui suivirent la prise de la côte 191, le régiment ne comptait plus assez d'hommes.
Les survivants furent dispersés dans les réserves 80 et 87 lors des derniers jours de combat.

Auteur et réalisateur : Olivier Lassu
Directeur artistique : Maxime Chillemi
Productrices : Virginie Adoutte et Audrey Ferrarese
Directeur de production : Malik Menaï
Directrice des productions : Claire Lebouteiller
Architecture & Développement Web : FuzzyFrequency – Guillaume Libersat
Développement API Backend : FuzzyFrequency – Olivier Cortes
Cheffe de projet : Sophie Chauvin
Conseiller scientifique : Gilles Prilaux, Inrap
Monteur des films : Cyril Letellier
Chef opérateur image : Olivier Lassu
Images additionnelles : Hervé Glabeck, Jean-Bernard Mercier
Chefs opérateurs son : Samuel Abraham, Florent Blanchard, Nicolas Samarine, Laurent Thirion, Brice Bertrand
Assistants lumière : Xavier-Emmanuel Lesage, sacha Kammermann
Assistant monteur et truqueur : Robin Gaussé
Mixeur : Maxence Ciekawy
Assistant son : Pierre George
Étalonneur : Baptiste Evard
Monteur additionnel : Anthony Verpoort
Assistante de production : Merryl Roche
Administratrice de production : Nathalie Karp
Documentalistes et enquêtrices en Allemagne : Nathalie Rosenblum et Catherine Bihan – Doc’Addict
Prises de vues aériennes : Denis Gliksman
Comédiens voix : Julie Pouillon et Christophe Reymond
Assistante réalisation : Gaëlle Girard
Traductrice : Ruxandra Annonier
Graphiste print : Nolwenn Guény
Stagiaire : Camille Beaudelot
Moyens techniques : Alive Events, Authot, Le Fresnoy, Gorgone Productions, La Grange Numérique, La Prod du Sud, Samedi 14, Studio Collet
Musique originale : Nicolas Devos et Pénélope Michel
Musiques additionnelles : Cezame Music Agency

Archives : Collections Jens Arndt – Collections BDIC – Bundesarchiv Berlin / Transit Film GmbH – Deutsches Pferdemuseum, Verden – ECPAD/France/SCA/réalisateur inconnu/1915-1918  –Adrien Fanget – German Federal Archives, Film Collection/Transit Film GmbH – Bundesarchiv, Abt. Filmarchiv « Ein Kampftag in der Champagne 1917 » - Grimsby Library Local History Collection – The Grimsby Telegraph – Collection Sue Kruk – Huntley Film Archives Ltd – INRAP – IMPERIAL WAR MUSEUMS – IWM CO 2533 / IWM Q 5099 / IWM Q 5098 / IWM Q 913 / IWM Q 5100 – Fonds documentaire Alain Jacques – Service archéologique d’Arras – Jean-Luc Letho-Duclos pour le Service d’archéologie d’Arras et l’INRAP – LCC County Heritage Service, Royal Lincolnshire Regimental Collection – Collection Lobster Films – Collection Éric Marchal – DR / Proscot PR company, Leith, Edinburgh – Fritz Reinhardt / Collection Jean-Pierre Ducreux – Chistoph Runge / Wikipedia Commons – Collection Christian Seelmeyer – Ville de Polle, Allemagne
© Droits réservés

Une coproduction

Drôle de Trame :
Virignie Adoutte, Claire Lebouteiller, Corinne Planchais

Narratio Films :
Audrey Ferrarese, Malik Menaï, Maurice Ribière

INRAP :
Direction du développement culturel et de la communication : Théresia Duvernat, David Raynal
Production audiovisuelle et multimédia : Marine Dubois

Pictanovo :
Dans le cadre du Fonds « Expérience Interactives »
Avec le soutien de la Région Nord-Pas de Calais – Picardie, de la Métropole Européenne de Lille, du Centre National de la Cinématographie et de l’Imagr Animée.

Universcience :
Responsable des programmes : Alain Labouze
Production : Ghislaine Mouton

Avec la participation de l’AMCSTI

Avec le soutien d’Investissements d’Avenir

Avec la participation de :

TV5MONDE www.tv5monde.com
Direction du numérique : Héléne Zemmour, Cécile Quéniart, David Gueye

RMC Découverte
Directrice de l’antenne et des programmes : Guenaëlle Troly
Responsable de l’antenne et des productions : Rodolphe Guignard
Responsable web et partenariat : Pierre Sedze

Centre national du cinéma et de l’image animée

Ministère de la Défense, Secrétariat Général pour l'Administration, Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA)

Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Carac

Remerciements : Jérôme Allard, Pauline Augrain, Anne Charlotte Baudry, Marianne Béarez, Estelle Bénistant, Valérie Chopin, Anaëlle Cormier, Quentin Denimal, Guy Flucher, Philippe Fréville, Véronique Gallien, Pascal Garnotel, Éric Gleizer, Historisches Museum « Domherrenhaus », Verden, Patrick Huard, Frank Lesjean, Mireille Lorant, Antonin Lothe, Nathalie Mamosa, Dominique Massot, Florent Maurin, Ania Mehanni, Olivier Montels, Christophe Parre, Lior Rosenblum, Bruno Smadja – Cross Video Days, Mahaut Tyrell, Gilles Varin, Fréderic Vermeersch, Webprogram festival, Jean-Hervé Yvinec, Christine Zins / Samtgemeinde Bodenwerder-Polle

© Drôle de Trame & Narration Films – Universcience – Inrap – Pictanovo - 2016

Réalisation : Olivier Lassu

Production : Universcience, Drôle de Trame, Narratio Films, Inrap, Pictanovo, en partenariat avec TV5 Monde, RMC Découvertes, ARAC, DMPA

Année de production : 2016

Durée : 12min21

Accessibilité : sous-titres français