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3 questions sur... le déclin de la motricité enfantine

Le confinement a aggravé une tendance de long terme à la réduction de l’activité physique pratiquée par les enfants. Le point sur la situation, avec Sébastien Ratel, maître de conférences à l’UCA (université Clermont-Auvergne).

Réalisation : Barbara Vignaux , Delphine Bonnart

Production : Universcience

Année de production : 2021

Durée : 4min16

Accessibilité : sous-titres français

3 questions sur... le déclin de la motricité enfantine

Entre courir, sauter, lancer, grimper, pédaler, nager, ces qualités physiques concernent le développement de la vitesse, de l'endurance, de la puissance, qui sont importantes dans la vie de tous les jours. Mais au-delà de ces capacités physiques, les fonctions cognitives aussi sont importantes à développer. Et le sport permet de développer ces capacités. Puisque le cerveau est doté d'une certaine plasticité cérébrale, à savoir que l'enfant pourra renforcer certaines connexions nerveuses mais en éliminer d'autres, en fonction de ce qu'on va proposer en tant qu'adulte et enseignant. Les qualités physiques des enfants ont malheureusement baissé au cours de ces 15 dernières années. C'est ce que montre une étude scientifique néerlandaise publiée en 2020, dans "Frontiers in Public Health", chez les filles et les garçons de 10-12 ans. Ces qualités concernent la vitesse de course, avec une baisse d'environ 5 %, la souplesse rachidienne qui correspond à une baisse entre 7 et 11 %, selon l'âge et le sexe. L'endurance de force des bras, mesurée en étant suspendu à une barre horizontale le plus longtemps possible, avec une véritable baisse puisqu'on est à moins 44 %, notamment chez les garçons de 10 ans. Et puis ça concerne la force explosive des jambes, mesurée sur un test de saut vertical. On a une baisse de 5 % pour les deux sexes. Ce constat a été établi par d'autres équipes de recherche au Canada et dans d'autres pays européens tels que le Royaume-Uni, la Lituanie et la République tchèque. Toutefois, selon l'étude néerlandaise, la motricité plus fine s'est améliorée de 5 à 6 % chez les filles et les garçons de 10-12 ans. Pour l'évaluer, les chercheurs ont utilisé un test de coordination motrice qui consiste à taper de manière alternative deux plaques le plus rapidement possible avec la main dominante, 50 fois de suite. Cette amélioration est sans doute liée à l'augmentation du temps passé par les enfants à jouer aux jeux vidéo, impliquant des mouvements rapides de précision, ou à utiliser les téléphones portables, les tablettes ou les ordinateurs. Mais il faut nuancer ces résultats car certains professeurs des écoles pensent que la motricité très fine, notamment sur l'écriture, sur la manière de couper une sphère avec des ciseaux, de faire ses lacets, etc., a baissé notamment chez les plus jeunes. D'après une enquête réalisée par "Harris Interactive" et Assurance Prévention au cours du premier confinement entre mars et mai 2020, les activités sédentaires ont fortement progressé. Par exemple, les jeunes ont déclaré avoir passé en moyenne une dizaine d'heures par semaine à regarder la télévision, contre environ 7 heures avant le confinement. Ils ont déclaré aussi avoir joué à des jeux vidéo pendant près de 7 heures par semaine contre un peu moins de 5 heures avant le confinement. Ou encore, avoir discuté avec des amis via les réseaux sociaux pendant 5 heures par semaine contre moins de 4 heures avant le confinement. Le temps consacré aux activités sportives a baissé, passant de 3,5 heures par semaine avant le confinement à 2,7 heures durant le confinement. Donc on est vraiment loin de l'heure quotidienne d'activité physique et sportive recommandée par l'OMS. Et ce constat est à mon sens assez inquiétant quand on sait que les capacités physiques des enfants ont baissé sur ces quinze dernières années, qu'il existe une corrélation négative entre sédentarité et aptitudes motrices, - cela a été démontré sur près de 600 élèves d'écoles primaires - et que les aptitudes motrices sont positivement corrélées à la pratique d'une activité physique modérée à forte.

Réalisation : Barbara Vignaux , Delphine Bonnart

Production : Universcience

Année de production : 2021

Durée : 4min16

Accessibilité : sous-titres français