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Climat en 2100 : les projections françaises

Le 17 septembre 2019, les centres français de modélisation du climat à l’Institut Pierre-Simon Laplace et à Météo-France ont présenté leurs nouvelles simulations climatiques. Ces projections constitueront un point phare pour la prochaine synthèse officielle du Giec, prévue en 2021.
Avec le climatologue Olivier Boucher (CNRS/IPSL).

Réalisation : Maya Chebl

Production : Universcience

Année de production : 2019

Durée : 3min37

Accessibilité : sous-titres français

Climat en 2100 : les projections françaises

Climat passé, présent et futur, le 17 septembre dernier, deux groupes français, l'un à l'Institut Pierre-Simon-Laplace, l'autre à Météo-France, ont publié les résultats de leur nouvelle simulation climatique. Olivier Boucher, climatologue à l'IPSL a participé à l'élaboration de ces projections. Les modèles de climat sont des outils permettant d'aller explorer le futur. Nous ne faisons pas de prévisions au sens météorologique qui viseraient à déterminer le temps à venir. Les climatologues travaillent avec plusieurs scenarios socio-économiques qui visent à échantillonner le champ des possibles pour le XXIe siècle. Ces scénarios, aussi appelés SSP, reflètent les actions de nos sociétés, par exemple le niveau d'effort qu'elles sont prêtes à fournir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. On en compte cinq, du plus ambitieux au plus pessimiste. On peut dire que, jusqu'en 2040, il y aura un réchauffement inéluctable. Il y a une inertie du système climatique qui induit que, peu importe la trajectoire socio-économique suivie, on aura un réchauffement et des impacts auxquels il faudra s'adapter. Si les pays signataires prolongent l'accord de Paris après 2030, on envisage un réchauffement planétaire de 3,5 à 4 °C en 2100. Il faudra néanmoins considérer la fonte du pergélisol, un sol gelé en permanence qui couvre 20 % des terres émergées de la planète. En cas de rétroactions importantes, notamment avec le pergélisol qui va émettre des quantités de CO2 et de méthane dans l'atmosphère, on peut prévoir des trajectoires plus élevées que celle anticipée qui est de l'ordre de 4 °C pour la fin du siècle, à effort constant. Les deux groupes ont aussi travaillé sur le pire scénario. Ce scénario qui nous emmène sur un réchauffement de 6 à 7 °C à la fin du siècle traduit que toute la croissance socio-économique repose sur les énergies fossiles. On irait chercher de plus en plus de charbon, de pétrole, de gaz et brûler plus de combustibles fossiles jusqu'à la fin du siècle. Dans ce contexte, les simulations des modèles français projettent une disparition quasi complète de la banquise arctique vers la fin du siècle. Les chercheurs ont aussi étudié un scénario plus optimiste. Parmi les scénarios utilisés, nous en avons un nouveau qui vise à rester sous l'objectif des 1,5 ou 2 °C de réchauffement climatique. Par là, on entend une trajectoire d'émissions qui diminuent très rapidement dès 2020 jusqu'à atteindre la neutralité carbone en 2060. Suivi par une captation et un stockage du CO2 atmosphérique pour faire diminuer la concentration de dioxyde de carbone. Il s'agit d'une des raisons du changement climatique en cours. Dans son 6e rapport officiel, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat comptabilisera les résultats de ces simulations ainsi que ceux de 18 autres groupes de modélisation à travers le monde. La publication de son premier volet est prévue en 2021.

Réalisation : Maya Chebl

Production : Universcience

Année de production : 2019

Durée : 3min37

Accessibilité : sous-titres français