Les Haut-Parleurs Diffusé le

L’ingénieure qui donne des neurones à la ville

À Casablanca, au Maroc, la jeune professeure Maha Gmira développe des algorithmes complexes et utilise l’intelligence artificielle pour optimiser la mobilité urbaine et le transport des marchandises. Son objectif : convertir les données massives, collectées à partir de capteurs, en connaissances stratégiques pour aider les organisations à prendre les meilleures décisions en temps réel.

Réalisation : Maha Hasnaoui Amri

Production : Fablab Channel, Universcience

Année de production : 2021

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français

L’ingénieure qui donne des neurones à la ville

Maroc - L’ingénieure qui donnait des neurones à la ville Oh la la, quel bazar ! Je suis Maha de Casablanca au Maroc et ma ville souffre de bouchons quotidiens ! Les feux de circulation nous bloquent tous les 15 mètres alors qu'aucune voiture ne passe dans l'autre sens, c'est vraiment frustrant ! Mais je connais une scientifique qui peut nous aider, rendez-vous à l’Université Euro-Med de Fès. A tout à l’heure ! “Mes travaux de recherche, j’estime que ultimement devraient mener à une ville plus intelligente, une ville connectée, une intelligence artificielle qui aide le citoyen, qui améliore son bien-être au quotidien.” C’est dans cette école dédiée à l’intelligence artificielle, la première du continent africain, que travaille Maha Gmira, professeure et chercheuse spécialisée dans la mobilité urbaine. “J’ai eu l’opportunité d’intégrer un laboratoire de très grande renommée en intelligence artificielle et en sciences de la décision, donc naturellement mes travaux de recherche ont porté sur ces deux thématiques-là : l’intelligence artificielle et l’optimisation.” Commençons par le commencement : l'intelligence artificielle, c'est quoi ? "En termes simples, ce sont des algorithmes. Ce sont des mathématiques, qu’on cote avec l’informatique, pour pouvoir effectuer une tâche. Des tâches que l'humain peut faire, mais avec tellement de données, ou avec une fréquence très élevée, l'humain ne peut pas faire ça et donc la machine peut se substituer à l'humain." Au lieu de neurones, la machine utilise les mathématiques et les algorithmes. On peut l’entraîner à détecter des choses : par exemple un visage sur une photo, parce qu’elle s’est habituée à identifier des yeux et une bouche. Ou bien des anomalies dans une liste, par exemple une fraude dans un relevé d'opérations bancaires. “L’intelligence artificielle appliquée à la mobilité, c’est tellement d’exemples. Entre autres des feux rouges intelligents qui sont connectés à des capteurs qui permettent de calculer le nombre de véhicules présents et donc de réguler ainsi le temps d’arrêt du feu rouge. Pour le traitement des déchets, je pense notamment à la ville de Montréal qui a installé des poubelles intelligentes. Ce sont des poubelles qui sont munies de capteurs, qui détectent les niveaux de remplissage et avisent une centrale qui s’occupe de décharger ces poubelles. Donc on a plus besoin de faire une collecte quotidienne ou régulière mais on la fait au besoin.” “Nous pouvons parler également, là je vous montre quelques projets de mes étudiants : ce capteur-là d’ondes alpha, des ondes dans le cerveau.” 
 Capter des ondes dans le cerveau ! Mais pourquoi faire ? Pour les surveiller : si la fréquence des ondes alpha diminue, ça signifie que le motard est en train de s’endormir ! Hum, c’est utile, mais ça fait un peu science-fiction, toutes ces manipulations. Ce n’est pas dangereux pour l’être humain ? “Il n’y a rien à craindre de l’intelligence artificielle, tant qu’il y a un humain derrière un ordinateur qui programme cette intelligence-là, elle ne peut pas être autonome et réfléchir et prendre des décisions par elle-même.” En choisissant les bons capteurs et en créant les bons algorithmes, les étudiants de Maha parviennent à des choses étonnantes. Comme Ferdaous, qui a construit son prototype. “C’est une petite boîte que tout le monde peut installer dans sa voiture. C’est basé sur une petite caméra qui détecte l’image pour pouvoir détecter les lignes. Après ça vous informe, une fois détectées, grâce à un algorithme intelligent. On a voulu appliquer ce qu’on a étudié dans quelque chose qui pourra être utile dans notre société.” “Je vous recommande d’apprendre, de vous cultiver, de demeurer assoiffés de savoir, parce que je pense qu’il n’y a aucune limite à ce qu’on peut faire et encore plus quand on se donne les moyens de le faire.” J’ai beaucoup appris de cette journée, je suis vraiment ravie de voir qu’il y a des chercheurs, des chercheuses qui révolutionnent le développement et modernisent mon pays. Je retourne sereine à Casablanca, même si je sais que les embouteillages n’ont pas disparu, et je vous dis à très bientôt pour des nouvelles vidéos avec Les Haut-Parleurs !

Réalisation : Maha Hasnaoui Amri

Production : Fablab Channel, Universcience

Année de production : 2021

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français