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La dispersion des graines en péril

Une étude parue dans la revue Science alerte sur la capacité des plantes à s’adapter au réchauffement climatique : en effet, la moitié des espèces végétales dépendent des animaux pour disperser leurs graines. Or les populations d’oiseaux et de gros mammifères déclinent à l’échelle de la planète…

Réalisation : Caroline Ando

Production : Universcience

Année de production : 2022

Durée : 3min20

Accessibilité : sous-titres français

La dispersion des graines en péril

Les plantes ont développé de nombreuses stratégies pour disperser leurs graines : certaines graines s’envolent, poussées par le vent, d’autres sont parfois expulsées à distance lorsque le fruit éclate. Mais plus de la moitié des plantes dépendent de la faune pour étendre leur territoire. Des animaux qui mangent les fruits et les excrètent ailleurs ou qui vont les stocker ou bien encore les faire voyager malgré eux. Dans les forêts tropicales humides, ce sont même 90 % des espèces d'arbres qui dispersent ainsi leurs graines.

Les oiseaux et les mammifères jouent un rôle crucial pour déplacer ces graines sur de larges portions de territoire. À l’heure où certaines régions deviennent impropres à la survie de certaines plantes en raison du réchauffement climatique, cette stratégie de dispersion des graines par les animaux est un enjeu crucial.

Selon une étude publiée en Une du magazine Science, la pression sur la faune sauvage et en particulier celle sur les oiseaux et les mammifères qui mangent les fruits des arbres met à mal la capacité des plantes à conquérir de nouveaux territoires et donc à s’adapter au réchauffement climatique. La prouesse de cette étude est d’avoir réussi à mesurer précisément la perte de biodiversité animale et végétale, espèce par espèce, à l’échelle de la planète et selon divers scénarios.

On est ici sur des modélisations qui font appel à l’intelligence artificielle. Les auteurs s’intéressent à la façon dont les animaux dispersent les graines et ils regardent comment dans l’avenir cela pourrait se passer en créant un modèle capable de déterminer qui déplace qui - ils s’appuient sur plus de 18000 données issues de plus de 400 études - et ils s’aperçoivent de quelque chose d’assez énorme : la capacité des plantes à bouger pour suivre la zone où le climat leur est favorable, elle est abimée de 59,7% par rapport à ce qu’elle serait sinon. Donc la perte de diversité animale va sans doute entrainer une perte de diversité végétale parce que les végétaux ne pourront pas bien suivre les changements du climat en changeant de géographie.

Pour les auteurs de l’étude, ce phénomène a, jusqu’à aujourd’hui, surtout impacté les régions en rouge sur cette carte, c’est-à-dire l'Amérique du Nord, l'Europe et la partie sud de l'Amérique du Sud. Mais si les espèces animales qui figurent aujourd’hui sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition venaient à s’éteindre ce seraient alors les régions colorées en bleu, en particulier l’Asie du sud-est qui seraient le plus vivement touchées.

Maintenant que l’on a des outils prédictifs, on sait ce qu’il faudrait faire. Mais la lueur d’espoir, elle ne s’embrasera que si le citoyen et le politique ont une connaissance de ces outils, une connaissance de ces savoirs… En fait, ce qu’on attend tous avec impatience, c’est d’avoir une génération qui soit plus formée ou plus sensible à l’existence de données biologiques, écologiques, et ça c’est une question de formation qui a mon sens n’est toujours pas résolue, vue la place tout à fait secondaire qu’occupent les sciences en général, et les sciences du vivant en particulier, dans la formation des enfants, dans le primaire, le secondaire, et dans le supérieur.

Réalisation : Caroline Ando

Production : Universcience

Année de production : 2022

Durée : 3min20

Accessibilité : sous-titres français