Femmes et Sciences Diffusé le

Myriam Hormi, pharmacien biologiste

Myriam Hormi, docteure en pharmacie et assistante hospitalo-universitaire au laboratoire d'hématologie de l'hôpital Avicenne de Bobigny, parle de sa vocation et de son parcours. Et de ce que c'est que d'être une femme dans un domaine scientifique.

Un épisode de la série "Femmes & sciences".

Réalisation : Jean-Paul Guirado

Production : Gald, en partenariat avec Universcience

Année de production : 2020

Durée : 5min40

Myriam Hormi, pharmacien biologiste

1 Myriam Hormi Bonjour, Je suis docteur Myriam Hormi, je suis pharmacien biologiste et assistante Hospitalo-universitaire au laboratoire d’hématologie de l’hôpital Avicenne et je suis rattachée à la faculté de médecine de Bobigny, Paris 13. Je pense que mon intérêt pour les sciences je le dois finalement à mon père, qui très tôt m’a amené à la Cité des Sciences à la Vilette, donc je passais pas mal de temps là-bas. J’étais fascinée par les expositions, je me souviens notamment d’une exposition sur l’électricité, ça, ça m’a beaucoup marqué, et ça a toujours éveillé ma curiosité. Petite fille et adolescente, je n’ai pas eu l’impression autour de moi d’avoir des femmes qui m’ont inspirée, à la fac oui, à la fac j’ai eu des professeurs femmes qui m’ont complétement donné l’envie de faire la même chose qu’elles, de pousser mes études en faisant un internat, d’aller travailler à l’hôpital, de vouloir même enseigner à mon tour, de transmettre les connaissances, j’ai eu plusieurs figures… j’ai eu plusieurs figures inspirantes. Mais petite, j’ai pas le souvenir non, pas à l’école et pas de femmes connues, pas de figures célèbres auxquelles me rattacher. Dans les années 90, et 2000 j’avais pas de figures en tous cas scientifiques, célèbres, j’ai pas le souvenir. Malheureusement, mais ça je pense que ça va changer, je crois que c’est assez important pour déconstruire les stéréotypes, de passer par la représentation et que les petites filles d’aujourd’hui puissent s’attacher et s’identifier à des femmes, cela va leur faciliter le parcours et leur donner le courage pour poursuivre de longues études. LES ETUDES Quand on fait des études de pharmacie il y a trois voix dont on dispose et moi j’ai choisi la filière hospitalière pour devenir pharmacien biologiste, c’est une spécialité qu’on partage avec les médecins biologistes et donc on va faire un internat de quatre à cinq ans pour se spécialiser dans le diagnostic biologiques des pathologies et donc à la fin de cet internat on peut rester polyvalent, c’est à dire, être capable de faire du diagnostic polyvalent dans différentes disciplines de la biologie médicale ou alors faire le choix se spécialiser et moi c’est ce que j’ai fait et j’ai choisi la spécialité d’hématologie, donc, les maladies du sang et de la moelle osseuse. J’ai soutenu ma thèse en avril dernier 2019 au bout de 10 ans d’études, les 5 premières années je les ai faites à la faculté de pharmacie de Paris Descartes, Paris 5, à côté du jardin du Luxembourg, et ensuite j’ai fait mon internat à Paris qui a duré 4 ans, et j’ai fait une année de césure pour faire de la recherche à l’Institut Cochin. Mes parents, m’ont toujours encouragé à faire de longues études, j’ai jamais eu aucune pression de leur part vis à vis d’un rôle quelconque à devoir fonder une famille ou une pression sociétale vis à vis de la maternité, non, ils m’ont toujours poussé à faire de mes études et devenir indépendante. L’INTEGRATION A la fac de pharmacie, on était quand même trois quart de femmes, dans l’amphi, donc on était une majorité écrasante, j’ai pas senti de déséquilibre à mon désavantage et finalement la profession de pharmacien et de médecin se féminine énormément, contrairement à d’autres études comme en physique ou mathématiques où je pense que là, il reste une majorité d’hommes. En médecine ça se sent pas, par contre c’est vrai que au moment où on nous demande à réfléchir pendant l’internat, de pousser à faire une thèse de sciences après notre année de master de recherche, c’est à dire de pousser pendant 2 trois ans, pour mener une carrière de recherche universitaire, là c’est vrai qu’on peut à un moment donné, se poser la question d’un projet de vie privé à côté et de savoir si c’est compatible ou non, je peux comprendre la difficulté de certaines femmes à se poser à la question et envisager de faire tel ou tel choix. L’accomplissement féminin ne repose pas que sur la maternité et donc une fois qu’on a compris ça je pense qu’on se libère d’un poids. L’EGALITÉ Quand j’ai soutenu ma thèse l’année dernière, c’était une soutenance dans une salle très prestigieuse de la faculté de pharmacie, la salle des actes, c’est une très belle salle avec plein de portraits de scientifiques, de peintures accrochées au mur, il n’y a pas une seule peinture de femme, ce sont que des grands chimistes et pharmaciens français, il n’y a que des hommes. Je ne pouvais pas m’empêcher de faire cette réflexion avant de soutenir, j’ai vraiment contemplé, j’ai pris du temps et j’ai pas vu un seul portrait….et il y en a. (des portraits)

Réalisation : Jean-Paul Guirado

Production : Gald, en partenariat avec Universcience

Année de production : 2020

Durée : 5min40