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Un gigantesque lac sous les glaces de l’Antarctique...

Des géophysiciens américains révèlent pour la première fois l’existence d’un système profond d’eaux souterraines en Antarctique occidentale. Comprendre l’influence de ce gigantesque réservoir sur le comportement de la calotte glaciaire sera essentiel pour prévoir l’évolution du continent blanc dont la glace fond à toute allure.

Réalisation : Véronique Marsollier , Alexis Lardilleux

Production : Universcience

Année de production : 2022

Durée : 3min20

Accessibilité : sous-titres français

Un gigantesque lac sous les glaces de l’Antarctique...

Que cachent les profondeurs de l’Antarctique ? Une équipe de géophysiciens américains, dont l’étude vient de paraitre, confirme ce que les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps. Ils révèlent l’existence d’un gigantesque système d’eaux souterraines profond – bien plus important que ceux découverts jusqu’à présent – en Antarctique de l’Ouest, sous la plate-forme de glace géante de Ross. L’Antarctique renferme quelque 27 millions de kilomètres cubes de glace. Si une partie seulement de cette glace — la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental par exemple — devait fondre dans l’océan, le niveau des mers augmenterait de 6 mètres ! Or, sous l’effet du réchauffement climatique, les glaces de l’Antarctique disparaissent à grande vitesse. Pour anticiper les conséquences d’une telle fonte, les scientifiques tentent de comprendre comment une calotte glaciaire massive peut se déstabiliser. Pour cela, ils étudient les caractéristiques du sous-sol retenant la glace. Et, en particulier les infiltrations d’eau de fonte, un lubrifiant connu pour accélérer la marche des glaciers vers la mer où ils se déversent et de désagrègent. Depuis des décennies, cette surveillance a été menée grâce aux satellites, mais aussi à des radars embarqués dans des avions. Ceux-ci ont permis de cartographier des bassins sédimentaires pris en sandwich entre la glace et le socle rocheux du continent, mais aussi des centaines de lacs et de rivières liquides interconnectés nichés dans la glace elle-même. Cependant, les glaciologues supposaient que des eaux souterraines plus profondes encore pouvaient également influer sur l’écoulement de la glace du continent, le fragilisant encore plus. L’équipe américaine a donc décidé pour la première fois d’analyser des sédiments profonds, inaccessibles aux techniques aéroportées, à environ cinq kilomètres sous le courant de glace Whillans, à 700 kilomètres du pôle Sud. Pendant six semaines et dans des conditions très difficiles, à l’aide d’instruments géophysiques placés directement en surface, ils ont mesuré tout particulièrement l’énergie électromagnétique naturelle dégagée par la glace, les sédiments, l’eau douce, l’eau salée et le socle rocheux. Ils ont ainsi pu recréer une image magnétotellurique des couches sédimentaires. En fait, celle d’un énorme réservoir, contenant au moins dix fois plus d’eau que le système hydrologique sous-glaciaire de Whillans qui le recouvre. Composé de sédiments spongieux saturés d’un mélange d’eau de mer accumulée depuis des millions d’années, et d’eau douce du glacier, ce lac fossile peut s’étendre sous la base de la glace à plus d’un kilomètre avant d’atteindre la roche. Des systèmes d’eaux souterraines similaires existent probablement dans d’autres bassins sédimentaires d’Antarctique.  Comprendre toute l’influence de ce gigantesque réservoir sur le comportement de la calotte glaciaire est essentiel, cela permettra de l’intégrer à la prochaine génération de modèles indispensable pour prévoir l’évolution inquiétante du continent blanc, voire sa contribution, dans le réchauffement planétaire.

Réalisation : Véronique Marsollier , Alexis Lardilleux

Production : Universcience

Année de production : 2022

Durée : 3min20

Accessibilité : sous-titres français