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Vera Rubin, matière grise presque visible

Passionnée d'astronomie dès son plus jeune âge, Vera Rubin se lance dans une carrière scientifique dans laquelle les femmes n'ont pas leur place. Ses travaux vont débouché sur des découvertes importantes sur les galaxies et la matière noire qui auraient certainement mérité un prix Nobel, mais hélas...

Un épisode de la série « Femmes & sciences »

Réalisation : Jean-Paul Guirado

Production : Gald

Année de production : 2020

Durée : 3min26

Accessibilité : sous-titres français

Vera Rubin, matière grise presque visible

Vera Rubing, matière grise presque visible. En science comme en politique, il y a les sujets d’hommes, qui requièrent une certaine hauteur de vue, et d’autres, plus terre-à-terre, laissés aux femmes. Dans ce schéma, l’astrophysique est à l’économie ce que les sciences sociales sont à la famille ou l’éducation. Vera Rubin, ovni dans son domaine, en a fait les frais. Née en 1928 à Philadelphia, la fillette se prend vite de passion pour les étoiles qu’elle observe depuis sa chambre, orientée nord. Son père, inquiet de la voir s'engager dans une carrière jonchée d'incertitudes masculines, l’aide malgré tout à construire son propre télescope et l’accompagne à divers clubs d’astronomie amateur. Entrée en études supérieures au Vassar College, un établissement réservé aux jeunes femmes, elle est la seule à choisir sa spécialité en astronomie, dont elle sort diplômée en 1948. Après s’être cognée le cortex contre le machisme Princetonien, Vera retombe sur ses pattes en suivant un master de physique à la non moins célèbre Université Cornell, sous la direction de deux futurs nobelisés, Richard Feynman et Hans Bethe. Elle mène un doctorat à l’Université Georgetown sous la direction d’un autre Prix Nobel, George Gamow, avec qui elle entretient des relations limitées au palier du laboratoire, les femmes n’étant pas autorisées à pénétrer dans les bureaux. Au terme de ses travaux de thèse, Vera conclut que les galaxies ont tendance à se regrouper entre elles pour former des amas, plutôt qu’à s’éparpiller de façon aléatoire dans l’espace. Gamow lui propose de publier sous son nom. Vera refuse. Sa théorie est alors rejetée, méprisée par le corps scientifique. puis démontrée vingt ans plus tard. Dix ans filent avant qu’elle n’obtienne le premier poste de recherche féminin au modeste département d’astronomie de la Canergie Institution of Washington, qu’elle ne quittera plus. Elle devient, en 1965, la première femme à utiliser légalement les télescopes de l’observatoire du Mont Palomar en Californie. A l'aise, Vera Rubin reprend ses travaux sur les amas de galaxies et en tire les même conclusions, preuves suplémentaires à l'appui. Récidive et scepticisme : l’astronome observe que les étoiles à la périphérie de la galaxie d’Andromède tournent aussi vite que celles proches du centre. D’après les lois de la gravitation, cela implique que les galaxies sont constituées en grande partie, 90%, d’une matière invisible, la matière noire, capable d’influencer le mouvement des astres. La découverte de cette anomalie majeure des rotations de galaxies, largement acceptée aujourd’hui, mérite un Prix Nobel. Vera Rubin, venant de souffler ses 87 bougies, les académiciens Suédois ont peu de temps pour rectifier une autre anomalie majeure, celle de n'avoir attribué leurs médaille qu'à deux femmes physiciennes en plus d'un siècle : Marie Curie et Maria Goeppert Mayer.

Réalisation : Jean-Paul Guirado

Production : Gald

Année de production : 2020

Durée : 3min26

Accessibilité : sous-titres français