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Des chercheurs ont découvert une série de gènes liés à la créativité qui pourraient avoir donné à l'Homo sapiens un avantage significatif sur l'Homme de Neandertal, leur permettant d'éviter l'extinction.

Un crâne d'Homo sapiens à Rotterdam en janvier 2014 © ANP/AFP/Archives Lex Van Leshout

Un crâne d'Homo sapiens à Rotterdam en janvier 2014 © ANP/AFP/Archives Lex Van Leshout

Les résultats de l'étude, publiée par une équipe de recherche internationale mercredi dans la revue Nature Molecular Psychiatry, suggèrent que ces gènes ont joué « un rôle fondamental dans l'évolution de la créativité, de la conscience de soi et du comportement coopératif ».

Dirigés par l'université de Grenade en Espagne, ces experts ont identifié 267 gènes uniques chez l'homme et, grâce à des marqueurs génétiques, des données sur l'expression génétique et des techniques d'IRM s'appuyant sur l'intelligence artificielle, ont découvert qu'ils étaient liés à la créativité.

« Les scientifiques ont pu identifier les régions du cerveau dans lesquelles ces gènes (et ceux avec lesquels ils interagissaient) étaient surexprimés », ont-ils écrit. « Ces régions (du cerveau) sont impliquées dans la conscience de soi et la créativité de l'homme, et comprennent les régions qui sont fortement associées au bien-être humain et qui sont apparues relativement récemment. » 

Graphique chronologique montrant l'héritage génétique commun entre l'humain et l'homme de Neandertal  © AFP/Archives John Saeki

Graphique chronologique montrant l'héritage génétique commun entre l'humain et l'homme de Neandertal © AFP/Archives John Saeki

La même équipe avait identifié par le passé un ensemble de 972 gènes organisés en trois réseaux cérébraux dont le plus ancien - qui concerne les habitudes d'apprentissage, l'attachement social et la résolution des conflits - datait d'il y a 40 millions d'années. Le deuxième réseau - qui concerne la maîtrise intentionnelle de soi - est apparu il y a 2 millions d'années, tandis que le plus récent, qui régit la conscience créative de soi, n'est apparu qu'il y a 100 000 ans.

« Grâce à ces gènes, l'Homo sapiens jouissait d'une meilleure condition physique que les hominidés aujourd'hui disparus, ce qui lui conférait un niveau supérieur de résistance au vieillissement, aux blessures et aux maladies », ont-ils écrit. « La forme physique, ou la résilience, est intrinsèque à la définition de la créativité », a déclaré l'auteur principal de l'étude, Igor Zwir.

Cette découverte apporte un nouvel éclairage sur la raison pour laquelle l'Homo sapiens a survécu à l'Homme de Neandertal et à d'autres espèces. Selon les auteurs, la créativité pourrait avoir encouragé la coopération entre les individus, ce qui aurait préparé le terrain à l'innovation technologique, la flexibilité comportementale et l'ouverture à l'exploration, leur permettant ainsi de se développer avec plus de succès que leurs prédécesseurs.