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embryons dinosaures

Photo diffusée le 9 avril 2020 par le synchrotron européen de Grenoble (ESRF) d’embryons de « Massospondylus carinatus », un dinosaure herbivore de 5 mètres de long, parmi les plus anciens au monde, découverts en Afrique du Sud en 1976 © ESRF — European synchrotron Radiation Facility/AFP Brett Eloff

Une longue chasse aux œufs : des scientifiques ont réussi, grâce aux rayons X, à percer le mystère de l’intérieur d’œufs de dinosaures vieux de 200 millions d’années. Ils ont révélé de minuscules crânes d’embryons, au développement similaire à ceux des reptiles modernes, selon une étude parue jeudi 9 avril dans la revueScientific Reports.

Ces embryons de Massospondylus carinatus, un herbivore de cinq mètres de long, qui figurent parmi les plus anciens au monde, avaient été découverts en 1976 dans le parc national des Golden Gate Highlands, en Afrique du Sud. Du fait de leur fragilité et de leur très petite taille, ils sont longtemps restés difficiles à étudier, faute d’une méthode scientifique non-destructrice.

Mais en 2015, une équipe scientifique internationale a amené sept œufs (dont seulement trois contenaient des embryons) au synchrotron européen de Grenoble (ESRF) en France, pour les scanner. Les puissants rayons X produits par l’ESRF, via des électrons accélérés à la vitesse de la lumière dans un anneau de plus de 800 mètres de long, ont révélé un niveau de détail inédit, donnant à voir jusqu’aux cellules osseuses.

Ces données ont notamment permis de reconstituer un modèle 3D du crâne de bébé dinosaure, long d’environ deux centimètres. Les scientifiques ont comparé leurs résultats à des embryons des plus proches parents modernes des dinosaures (crocodiles, tortues, lézards…), et trouvé des similitudes dans les étapes du développement, notamment dans la manière dont le crâne grandit dans l’œuf.

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Photo diffusée le 9 avril 2020 par le synchrotron européen de Grenoble (ESRF) montrant la reconstitution en 3D d’un crâne de bébé dinosaure « Massospondylus carinatus », un herbivore de 5 mètres de long, parmi les plus anciens au monde © ESRF — European synchrotron Radiation Facility/AFP Kimberley Chapelle

« Ce qui m’a le plus surprise, c’est à quel point les embryons étaient plus jeunes que ce qu’on pensait », souligne Kimberley Chapelle, auteur principale de l’étude, expliquant qu’ils n’étaient qu’à 60 % de leur développement embryonnaire. Ils avaient aussi deux types de dents préservés dans leurs mâchoires, dont le premier « serait tombé avant l’éclosion, tout comme pour les geckos et les crocodiles aujourd’hui ». « Elles sont plus petites que la pointe d’un cure-dent ! », ajoute la chercheuse de l’université du Witwatersrand à Johannesburg.

L’étude conclut que ces dinosaures « se sont développés dans leurs œufs de façon similaire à leurs parents reptiliens, dont le schéma de développement embryonnaire n’a pas changé en 200 millions d’années ».