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Un micro-grain pré-solaire à l’intérieur de la météorite australienne © AFP Janaína N. Ávila

Il y a sept milliards d'années, avant même l'existence du Soleil, des étoiles naissaient. Elles périssaient deux milliards d'années plus tard, et des poussières, agrégées dans un bloc, retombaient, bien plus tard... il y a 50 ans seulement, dans un village australien.

Les scientifiques du Field Museum, à Chicago, détiennent depuis cinq décennies un morceau de cette grosse météorite, tombée en septembre 1969 à Murchison. C'est l'un des cailloux cosmiques les plus étudiés au monde par les astrophysiciens et les cosmochimistes, qui l'analysent comme témoin historique. En 1987, ils y avaient découvert des micrograins d'un type inédit, sans doute pré-solaires, mais qu'ils n'avaient pas pu dater.

Or le conservateur des météorites du musée, Philipp Heck, vient d'utiliser, avec son équipe, une méthode nouvelle de datation de ces micrograins formés de carbure de silicium, le premier minéral qui se forme quand une étoile se refroidit.

Pour distinguer les grains anciens des grains plus récents, les scientifiques ont réduit en poudre un morceau de la météorite, puis ont dissous les fragments dans de l'acide, une opération qui a fait apparaître les grains pré-solaires, antérieurs donc à 4,6 milliards d'années.

« C’est comme brûler la meule de foin pour trouver l'aiguille », a commenté Philipp Heck dans un communiqué accompagnant l'étude parue hier dans la revue Pnas.

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Les écoulements riches en poussières d’étoiles, semblables à celles de la nébuleuse de l’Œuf, sont des sources plausibles de gros grains de carbure de silicium pré-solaires comme ceux retrouvés dans la météorite de Murchison © Nasa/Sparks (STSCI) et R. Sahai (JPL)/Janaína N. Ávila

Une poussière dans l’espace est exposée aux rayons cosmiques, ce qui change lentement sa composition. Plus le grain a reçu de rayons cosmiques, plus les éléments qui le composent changent... ce qui permet de le dater. Alors que seuls 20 grains de cette météorite avaient été datés par une autre méthode il y a dix ans, les chercheurs ont réussi à dater 40 micrograins, dont la plupart ont entre 4,6 et 4,9 milliards d’années.

Ces âges correspondent au moment où les étoiles ont commencé à se désagréger. Ce type d’étoiles ayant une durée de vie de 2 à 2,5 milliards d’années, on remonte ainsi à 7 milliards d’années.

La nouvelle datation par cette équipe confirme ainsi une théorie astronomique qui prédisait un « baby-boom stellaire » avant la formation de notre Soleil, au lieu d’un rythme de naissances constant.

« À une époque, davantage d’étoiles se sont formées et en fin de vie, elles ont commencé à produire des poussières », a expliqué à l’AFP Philipp Heck.

Reste à appliquer la même méthode à d’autres météorites : cinq d’entre elles, selon Philipp Heck, seraient assez grosses pour être susceptibles de livrer de tels secrets.