Ginkgo biloba du jardin des plantes de Paris planté vers 1811.

Ginkgo biloba du jardin des plantes de Paris planté vers 1811

Le vieillissement est un processus inscrit chez tous les êtres multicellulaires. Mais à ce petit jeu, nous ne sommes pas tous égaux. Certains végétaux, notamment des arbres, sont capables de vivre durant des siècles, voire des millénaires. Quel est leur secret ?

Pour comprendre le mécanisme d’une telle longévité, une équipe chinoise s’est intéressée au vieillissement de Ginko biloba âgés de 15 à 667 ans. Les chercheurs ont étudié tout à la fois les cercles de croissance, la surface foliaire, le taux de germination ou encore les gènes associés à différentes fonctions (division cellulaire, photosynthèse, sénescence…).

Il s’avère qu’au fil du temps, la croissance des ginkos ralentit. Pour autant, l’augmentation de l’âge ne s’accompagne pas d’une diminution significative de la surface foliaire. De même, l’efficacité photosynthétique ou du taux de germination des graines demeure inchangée. En d’autres termes, ces arbres restent en pleine santé.

Ce que confirme l’analyse génétique : la baisse de croissance liée à l’âge ne s’accompagne pas d’une augmentation significative de l’expression des gènes liés à la sénescence, le stade final du développement. Et chez les arbres âgés, l’expression des gènes associés à la biosynthèse de métabolites protecteurs – les flavonoïdes –, ainsi que d’autres gènes de résistance impliqués dans la défense contre le stress (lié aux agressions extérieures, à la déshydratation…) est similaire à celle des jeunes arbres.

Bref, si certains arbres peuvent vivre aussi longtemps, c’est parce qu’ils ont su mettre en place un patrimoine génétique à même de ralentir le processus de sénescence tout en assurant une bonne résistance au stress. Vivre sans stress pour vivre plus longtemps, peut-être faut-il en tirer une leçon…