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L’archéologue allemand Philipp Roskoschinsky et l’anthropologue allemande Bettina Jungklaus posent à côté du squelette de la « dame de Bietikow », le 23 septembre 2020 à Berlin © AFP/Archives John MacDougall

Les ossements ont été par hasard découverts en mai lors de travaux à Bietikow, dans la région du Brandebourg, qui entoure Berlin : la « dame de Bietikow » a très probablement vécu entre 3400 et 3300 avant J-C. Cette femme, sans doute décédée alors qu’elle avait une quarantaine d’années, aurait ainsi été une contemporaine d’Ötzi, « l’homme des glaces » dont la dépouille momifiée fut découverte en 1991 dans un glacier alpin, à la frontière entre l’Italie et l’Autriche.

« Ainsi, vous pouvez comparer Ötzi et la dame de Bietikow en termes d’âge. Mais la découverte de l’homme de Tisenjoch, c’est-à-dire Ötzi, a été beaucoup plus spectaculaire en termes d’état de conservation, explique à l’AFP l’archéologue Philipp Roskoschinsky. C’était une momie naturelle. Cela signifie que non seulement les os ont été préservés, mais aussi toutes sortes de matières organiques, la peau, les organes etc. », décrit-il.

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L’archéologue et anthropologue allemande Bettina Jungklaus montre la mâchoire du squelette de la « dame de Bietikow », le 23 septembre 2020 à Berlin © AFP/Archives John MacDougall

Dans le Brandebourg, non loin de la frontière avec la Pologne, seuls des ossements, avec des restes de vêtements, ont été découverts, par hasard, lors de travaux de terrassement pour la construction d’éoliennes. Ces restes permettent toutefois de montrer que cette femme a été inhumée durant la période du néolithique, il y a plus de 5000 ans, en position accroupie, une des formes les plus anciennes d’enterrement des morts.

« Les quelques ossements de "Lady of Bietikow" sont déjà instructifs. À l’époque, les céréales ont été introduites dans l’alimentation quotidienne et le commerce, relate l’archéologue. Comparées aux animaux, les céréales peuvent être mieux stockées et utilisées plus facilement comme moyen de paiement. Cependant, cela a souvent entraîné une détérioration de l’état de santé de la population », ajoute M. Roskoschinsky. « Certaines dents sont assez usées, vous pouvez le voir ici », abonde Bettina Jungklaus, elle aussi archéologue, en détaillant la mâchoire du squelette.

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Le squelette de la « dame de Bietikow », le 23 septembre 2020 à Berlin © AFP/Archives John MacDougall

« Normalement, il y a de l’émail à la surface des dents. Ici, cependant, il est très usé, rongé (…) L’émail y est complètement absent et cela nous permet de tirer des conclusions sur la nutrition : elle était sans doute très riche en fibre, très dure », selon l’archéologue. Des examens complémentaires vont désormais tenter de déterminer si la femme est effectivement originaire de cette région ou si elle a émigré. 

Ötzi, « l’homme des glaces » à peu près contemporain de la « dame de Bietikow », était lui vêtu d’un couvre-chef en poil d’ours et de jambières en peau de chèvre. Le corps d’Ötzi était recouvert de 57 tatouages, l’une des traces les plus anciennes de cette pratique jamais découverte. La dépouille d’Ötzi est conservée au musée de Bolzano, dans le nord de l’Italie.