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Le « Pont entre les continents », reliant les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine, près de Grindavik sur la péninsule de Reykjanes, à 50 kilomètres à l’ouest de Reykjavik © AFP Halldor Kolbeins

Huit siècles que la lave n’a pas coulé dans ce secteur : les autorités islandaises se préparaient mercredi à une possible petite éruption à une trentaine de kilomètres de Reykjavik, sans toutefois craindre de conséquences majeures.

Des secousses typiques d’une montée de lave se sont produites mercredi après-midi dans le secteur du mont Keilir, dans la petite péninsule de Reykjanes, déjà touchée par un important séisme de magnitude 5,7 la semaine dernière, a annoncé l’Institut météorologique d’Islande. Le secteur était sous surveillance ces derniers jours du fait d’un nombre très inhabituel de mini-secousses après l’important séisme du 24 février, qui avait été ressenti jusqu’à Reykjavik et dans une bonne partie ouest de l’Islande. 

Plus de 16 000 secousses plus ou moins importantes ont agité les sismographes ces huit derniers jours, contre habituellement un millier en un an. Jamais une telle activité sismique n’avait été enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Il faudrait remonter à près de 90 ans pour retrouver trace d’un phénomène à peine semblable. Une poussée souterraine de lave en fusion avait déjà été observée en début d’année dernière. « La possibilité d’une éruption est réelle, mais il faut voir comment l’activité évolue », a déclaré Freysteinn Sigmundsson, chercheur en géophysique de l’université d’Islande.

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Fumée et cendres s’échappent du volcan Eyjafjallajokull, vu depuis Hvolsvollur, dans le sud de l’Islande, le 23 avril 2010 © AFP E. Dunand

L’Islande est la plus vaste et active région volcanique d’Europe, avec une éruption en moyenne tous les cinq ans, la dernière en 2014-2015 dans une zone inhabitée de l’est du pays. Mais la plus célèbre de l’ère moderne est celle de l’Eyjafjallajökull, dans le sud du pays, en 2010. Son immense panache de fumée avait entraîné une grande perturbation aérienne, paralysant le ciel européen pendant près d’un mois.

Si l’aéroport international de Keflavik et le petit port de pêche de Grindavik ne sont qu’à quelques kilomètres, la zone à proximité immédiate de la possible éruption n’est pas habitée et aucune évacuation n’a été annoncée mercredi.