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La pilule molnupiravir contre le Covid-19 développée par Merck, ici en mai 2021, avant son autorisation. © Merck & Co,Inc./AFP/Archives Handout

La pilule molnupiravir contre le Covid-19 développée par Merck, ici en mai 2021, avant son autorisation. © Merck & Co,Inc./AFP/Archives Handout

La pilule contre le Covid-19 du laboratoire Merck, destinée aux adultes à haut risque, a été autorisée en urgence jeudi par l’Agence américaine du médicament (FDA), au lendemain de l’autorisation d’une pilule similaire développée par Pfizer.

« L’autorisation d’aujourd’hui ajoute un nouveau traitement contre le Covid-19, sous la forme d’une pilule qui peut se prendre oralement », a expliqué une responsable de la FDA, Patrizia Cavazzoni.

Le médicalement développé par Merck, laboratoire connu sous le nom de MSD en dehors des États-Unis et du Canada, pourra être pris dans les cinq jours qui suivent l’apparition des symptômes, et réduit le risque d’hospitalisation et de décès de 30 % parmi la population fragile.

Mercredi, la FDA a autorisé le traitement de Pfizer, commercialisé sous le nom de Paxlovid, qui réduit ce même risque de 90 %, selon des essais cliniques.

Bien que la vaccination reste l’outil principal dans la lutte contre la pandémie, les experts se félicitent de l’arrivée de nouveaux traitements oraux qui devraient, à terme, être facilement accessibles en pharmacie, sur présentation d’une ordonnance.

Les traitements anti-Covid actuellement disponibles comme les anticorps monoclonaux ou le remdésivir de Gilead sont administrés par intraveineuse.

Les médicaments de Pfizer et de Merck, qui ne visent pas la protéine Spike du virus, toujours en mutation, devraient être plus résistants aux nouveaux variants comme Omicron.

D’après les deux entreprises, les résultats préliminaires en laboratoire soutiennent cette hypothèse.

La pilule de Pfizer consiste en une combinaison de deux pilules prise deux fois par jour pendant cinq jours. Cette pilule pourra être administrée aux patients à haut risque âgés de 12 ans et plus.

Le traitement de Merck, nommé molnupiravir, s’administre lui avec huit doses par jour pendant cinq jours. Il a déjà été autorisé au Royaume-Uni et au Danemark.

Il fonctionne en s’introduisant dans le génome du virus pour provoquer des mutations qui limitent sa reproduction.

Si les essais cliniques n’ont pas détecté de risques majeurs pour les patients pour les deux médicaments, celui de Merck suscitait davantage d’inquiétudes.

L’Agence américaine du médicament n’a pas autorisé la pilule de Merck pour les moins de 18 ans, car elle pourrait toucher le développement osseux et des cartilages.

Elle n’est pas non plus recommandée pour les femmes enceintes, en raison de risques potentiels pour le fœtus, mais les médecins peuvent passer outre si les avantages l’emportent sur les risques.

Des résultats préliminaires, qui ne prenaient en compte qu’une partie des participants à l’essai, avaient d’abord avancé une réduction de 50 % du taux d’hospitalisation et de décès chez les patients à risque, un chiffre finalement ramené à 30 % sur les résultats complets.

Les États-Unis ont acheté 3,1 millions de traitements Merck et 10 millions de celui de Pfizer.

Le pays fait face, à l’avant-veille de Noël, à l’avancée rapide du variant Omicron, désormais majoritaire aux États-Unis.