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Credit: Adam Islaam | International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA)

Credit: Adam Islaam | International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA)

La gestion de 30 % d’un territoire stratégiquement choisi pourrait protéger plus de 70 % de l’ensemble des plantes terrestres et des vertébrés, tout en conservant simultanément plus de 60 % des réservoirs de carbone et près de 70 % de l’eau potable.

Pour ce faire, il faut une stratégie intégrée d’aménagement du territoire tenant compte des lieux où la préservation de la biodiversité serait le plus rentable pour atteindre le reste des objectifs environnementaux globaux.

C’est donc une nouvelle approche de planification spatiale qu’élabore le Nature Map consortium dans le journal Nature Ecology and Evolution pour répondre à ce besoin.

Les auteurs ont cherché à déterminer les zones clés pour à la fois protéger le plus grand nombre d’espèces en voie d’extinction, converser les réservoirs à carbone vulnérables et préserver les sources d’eau douce. Cet effort est le premier du genre à intégrer à la fois la biodiversité, le carbone et l’accès à l’eau dans une approche globale, avec une unique feuille de route. C’est aussi la première fois qu’une analyse détaillée de la distribution des espèces de plantes est incluse dans ce type de travaux, avec la prise en compte de facteurs clés pour les espèces en voie d’extinction.

« Ce type d’approche peut encourager les décideurs à prioriser certains lieux dans leur logique de préservation, en démontrant des gains potentiels pour la nature et les humains » indique la co-autrice Lera Miles, spécialiste au Centre de surveillance de la conservation de la nature des Nations Unies. « Pour être efficaces à long terme, ces zones doivent être gérées de manière efficace et équitable. Cela nécessite par exemple de respecter les droits des communautés locales et des peuples indigènes, et de les écouter. » Toutes leurs cartes sont à explorer sur le laboratoire interactif de la biodiversité des Nations Unies.

Les analyses de l’équipe ont pris en compte de nouveaux jeux de données, s’intéressant par exemple aux plantes et aux reptiles.

Ils ont pu identifier de nouvelles zones centrales pour la biodiversité, comme le sud-est des États-Unis et les Balkans.

Un enjeu d’importance en vue des dates qui approchent. En novembre, des gouvernements du monde entier se rassemblent pour la conférence climat de la COP26 à Glasgow. Il sera notamment question des solutions pour diminuer l’intensité du dérèglement et des possibilités d’adaptation.

En 2022, c’est la convention sur la diversité biologique qui sera au cœur de l’attention. La COP15, qui aura lieu en Chine, doit permettre de fixer une feuille de route sur la préservation des écosystèmes, à l’instar de l’Accord de Paris sur le climat. Des objectifs doivent notamment être fixés pour garantir qu’au moins 30 % des sols et des océans seront préservés d’ici à 2030. Le but ? Établir une stratégie de gestion des territoires incluant la biodiversité pour s’attaquer aux changements d’utilisation des sols et des eaux.