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Des passagers font un test PCR du Covid-19 devant l'entrée d'une gare à Bangalore, le 3 décembre 2021 en Inde © AFP Manjunath Kiran

Un nombre toujours croissant de pays signalaient vendredi des cas de transmission locale du variant Omicron du coronavirus, à propos duquel l'OMS n'a « aucune information » concernant d'éventuels décès.

Aux États-Unis, cinq cas du variant Omicron ont été confirmés jeudi dans l'État de New York, un en Californie, un dans le Minnesota et un à Hawaï, portant à 10 le total de cas confirmés dans le pays. Parmi ces cas, deux n'ont pas voyagé à l'étranger, montrant ainsi que le variant se transmet entre personnes à l'intérieur des États-Unis.

L'Australie a pour sa part annoncé vendredi trois premiers cas d'Omicron à Sydney, malgré l'interdiction faite aux étrangers d'entrer sur son territoire et les restrictions de vols vers l'Afrique australe.

L'Espagne aussi a détecté son premier cas de contamination locale, un homme vacciné de 62 ans n'ayant effectué aucun voyage.

 « Je n'ai vu aucune information rapportant des décès liés à Omicron », a déclaré vendredi un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Christian Lindmeier, lors d'une conférence de presse à Genève. Comme plus de pays font des tests pour tenter de détecter le nouveau variant, « nous aurons plus de cas, plus d'informations, et - bien que j'espère que non - possiblement des morts », a-t-il souligné.

L'OMS, qui juge le nouveau variant inquiétant, estime élevée la probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial, même si de nombreuses inconnues demeurent. Le nouveau variant est désormais présent sur tous les continents, détecté par une trentaine de pays.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), basé à Stockholm, a estimé jeudi qu'Omicron « pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l'Union européenne d'ici les tous prochains mois ». D'autant que, selon une étude de scientifiques sud-africains, le risque d'attraper une nouvelle fois le Covid-19 est trois fois plus important avec le variant Omicron qu'avec les variants Beta et Delta.

En Afrique du Sud, où a été annoncée l'identification d'Omicron la semaine dernière, les autorités évoquent une propagation « exponentielle » du virus. Le nouveau variant y est déjà dominant, et les autorités sanitaires ont signalé un pic de contaminations chez les enfants, sans qu'on sache pour le moment s'il est lié à Omicron.

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Description du mécanisme par lequel le SARS-CoV-2 utilise la protéine de pointe pour infecter les cellules © AFP John SAEKI

Jamais un variant du Covid-19 n'avait provoqué une telle panique depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux. Partout dans le monde, les annonces de mesures radicales et de restrictions des déplacements se multiplient.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a annoncé jeudi un durcissement des restrictions visant les personnes non vaccinées contre le Covid-19, qui n'auront plus accès aux commerces non essentiels, restaurants, lieux de culture ou de loisirs, et devront limiter leurs contacts. Un projet de loi sur l'obligation vaccinale sera soumis au parlement allemand pour une entrée en vigueur en février ou mars, comme déjà en Autriche, qui a reconfiné sa population, et en Grèce.

En France, neuf cas d'Omicron ont été confirmés. Comme les autres pays européens, l'Hexagone était déjà en pleine flambée épidémique avant même le signalement du variant. « La cinquième vague de la pandémie est particulièrement forte » et « la situation est préoccupante », a reconnu le Premier ministre Jean Castex.

Comme de nombreux pays du monde, les États du Vieux continent ont durci les restrictions sanitaires : contrôles aux frontières, interdiction de voyager vers l'Afrique australe, masque obligatoire dans les transports et les magasins au Royaume-Uni, recommandation de vacciner les enfants vulnérables en France...

À contre-courant, la Suisse va supprimer samedi la quarantaine obligatoire à l'entrée du pays pour les personnes vaccinées, mais va durcir les exigences de tests.

En Asie, au lendemain de l'annonce par Singapour de deux cas, la Malaisie voisine a signalé son premier vendredi, un étudiant rentré d'Afrique du Sud le 19 novembre, selon les autorités. Le Sri Lanka a aussi annoncé son premier cas d'Omicron, là encore venant d'Afrique du Sud.

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© AFP

Pour l'heure, a souligné le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'insuffisance de la couverture vaccinale contre le Covid et celle du niveau de dépistage, notamment en Afrique, constituent « une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s'amplifient ». La fin de la pandémie est « une question de choix », a-t-il souligné.

Divers laboratoires, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre Omicron. La Russie travaille elle aussi sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement ce variant.