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Du personnel médical extrait un corps d’une ambulance dans une morgue de New Delhi le 24 mai 2021, alors que l’Inde vient de passer le cap des 300 000 morts de la Covid-19 © AFP Money Sharma

Le chef de l’Onu, Antonio Guterres, a appelé le monde à aller au-delà de la solidarité et entrer en « économie de guerre » contre la pandémie de coronavirus, à l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la Santé lundi, au moment où l’Inde devient le troisième pays à franchir le seuil des 300 000 morts. 

La pandémie a fait au moins 3 465 398 morts – un chiffre qui pourrait aller, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à « environ 6 à 8 millions » de décès directs et indirects – et contaminé 166 741 960 personnes dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi par l’AFP lundi. « Nous sommes en guerre contre un virus. Nous avons besoin de la logique et de l’urgence d’une économie de guerre », a déclaré Antonio Guterres à Genève (Suisse).

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pour sa part souhaité que 10 % des habitants de chaque pays soient vaccinés d’ici septembre, déplorant qu’un « petit groupe de pays » accapare les vaccins.

La pandémie, aux origines toujours questionnées, a également tué au moins 115 000 professionnels de la santé, selon le patron de l’OMS. 

La Chine, où avait démarré la pandémie et qui a toujours farouchement nié que la Covid-19 aurait pu s’échapper d’un de ses laboratoires, a démenti lundi des affirmations du Wall Street Journal selon lesquelles trois chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan, ville du centre du pays qui fut un temps l’épicentre de l’épidémie, aient été atteints d’une maladie ressemblant à la Covid-19 qui a nécessité des soins hospitaliers en novembre 2019. 

Outre le bilan sanitaire, « quelque 500 millions d’emplois ont été détruits ; des milliers de milliards de dollars ont été soustraits des bilans d’entreprises, a souligné M. Guterres. Les plus vulnérables sont ceux qui souffrent le plus, et je crains que ce soit loin d’être terminé ». Le chef de l’Onu a demandé au G20 d’installer un groupe de travail des acteurs clé pour les vaccins, avertissant que de nouvelles flambées épidémiques pourraient « ralentir la reprise économique mondiale ». 

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Montage d’écrans vidéo des participants à l’Assemblée mondiale de la Santé, le 24 mai 2021 à Genève © OMS/AFP

En Asie, l’Inde, où le coronavirus fauche selon nombre d’experts bien plus de vies qu’annoncé officiellement, est devenue le troisième pays à dépasser les 300 000 morts du Covid après les Etats-Unis et le Brésil, avec plus de 26,7 millions de contaminations.

Le Japon, qui affronte une quatrième vague du virus, a ouvert lundi ses premiers vaccinodromes pour accélérer sa campagne de vaccination à la lenteur très critiquée, à moins de deux mois des Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août). Tout juste 2 % de sa population a reçu les deux doses de vaccin, contre 40 % aux Etats-Unis ou 15 % en France. Washington a recommandé lundi à ses ressortissants de ne pas se rendre au Japon au vu de la situation sanitaire.

À l’opposé, en Europe, Malte est le champion de l’UE des vaccinations : le plus petit pays de l’Union (500 000 habitants) aura injecté lundi soir une première dose à 70 % de sa population et estime avoir atteint « l’immunité collective ».

L’Union européenne, aux frontières extérieures fermées depuis mars 2020 pour les voyages « non essentiels », devrait établir le 9 juin, selon Paris, la liste des pays extra-européens dont les ressortissants totalement vaccinés, avec des sérums autorisés au niveau européen, pourront entrer librement dans le cadre du pass sanitaire sur lequel les 27 se sont mis d’accord mercredi.

Pour le Royaume-Uni (cinquième pays le plus endeuillé au monde, avec 127 721 morts), la France réfléchit à des mesures restrictives liées à la circulation du variant indien, qui a déjà poussé l’Allemagne à imposer depuis dimanche des restrictions aux voyageurs venant de ce pays avec une quarantaine de deux semaines. L’Espagne, elle, déroule le tapis rouge aux touristes britanniques, accueillis dès lundi sans tests PCR, tout comme ceux venus d’Australie, Chine, Corée du Sud, Israël, Japon, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour, Thaïlande, Hong Kong et Macao. 

Emboîtant le pas à la Grèce, l’Espagne compte accueillir, à partir du 7 juin, « toutes les personnes vaccinées » indépendamment de leur pays d’origine. 

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Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, le 24 mai à 10 h GMT © AFP

Après l’Europe (1 122 934 décès), l’Amérique latine et les Caraïbes avaient dépassé à leur tour le million de décès vendredi (1 009 016 morts lundi). 

En Haïti, les autorités ont déclaré lundi l’état d’urgence sanitaire pour huit jours, avec couvre-feu et port du masque dans les lieux publics, face à une augmentation du nombre de cas de Covid-19, après la détection des variants anglais et brésilien. 

Au Proche-Orient, Israël envisage de lever toutes les restrictions sanitaires sur son territoire à partir du 1er juin, pour la première fois depuis l’apparition du virus. Les restrictions imposées aux voyageurs à l’entrée demeureront et pourraient même être renforcées à cause des variants.

Côté vaccination, les autorités sanitaires aux Etats-Unis signalent de très rares cas de problèmes cardiaques la semaine passée chez des adolescents ou jeunes adultes ayant reçu un vaccin à ARN messager comme ceux de Pfizer/BioNTech ou Moderna, sans que le lien avec la vaccination soit établi pour le moment.

L’Américain Moderna va déposer « début juin » une demande d’autorisation dans l’UE de son vaccin pour les 12-17 ans, selon son patron Stéphane Bancel. Actuellement, seul le vaccin de Pfizer/BioNTech est autorisé pour les 16-18 ans en Europe et une demande pour les 12-16 ans y a été déposée par Pfizer.