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Un nuage de fumée et de cendres au-dessus du cratère du volcan Nyiragongo, au nord de Goma, le 30 mai 2021 en RDC © AFP Alexis Huguet

L’agence de l’environnement rwandaise a estimé lundi qu’il n’y avait pas de « risque imminent » de libération de gaz létal du lac Kivu, un scénario catastrophe redouté après l’éruption du volcan Nyiragongo dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Survenue de façon soudaine le 22 mai, l’activité sismique du Nyiragongo, notamment des tremblements de terre avec fissures, s’est poursuivie pendant près d’une semaine. Quelque 400 000 personnes ont depuis été évacuées de la ville de Goma (Est de la RDC) de crainte d’une nouvelle éruption, mais aussi d’une « éruption limnique », qui survient quand les eaux profondes de lacs très riches en gaz remontent soudainement à la surface et libère des quantités gigantesques de CO2 dans l’air, asphyxiant les populations alentour.

Cette éruption peut être provoquée par une secousse sismique, un glissement de terrain dans le lac (phénomène d’avalanche lacustre) ou bien encore une éruption volcanique. L’Observatoire de volcanologie de Goma (OVG) a récemment évoqué dans une note technique cette hypothèse, estimant que la remontée des gaz dissous dans le lac asphyxierait « tous les êtres vivants autour du lac Kivu du côté congolais et rwandais ». L’Office rwandais chargé de la protection de l’environnement (REMA) estime, dans un communiqué, que son équipe de surveillance du lac Kivu « est parvenue à la conclusion qu’il n’y a pas de risque imminent d’éruption de gaz ». « Notre équipe est confiante quant aux résultats obtenus après différentes mesures et évaluations réalisées sur le lac afin d’apprécier l’impact probable de l’éruption sur le lac Kivu. Le lac reste stable, comme il l’a toujours été ».

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Vue aérienne de la ville de Goma et du volcan Nyiragongo, le 30 mai 2021 en RDC © AFP Alexis Huguet

Le communiqué précisé qu’en dépit des inquiétudes suscitées par les centaines de répliques sismiques qui ont secoué la région, la lave ne s’est pas écoulée vers les eaux du lac. En août 1986, une libération brutale de gaz s’était produite à la surface du lac Nyos, dans le nord-ouest du Cameroun, situé sur les flancs d’un volcan inactif. La nuée, composée principalement de gaz carbonique, avait tué par asphyxie 1 746 personnes. L’hypothèse aujourd’hui privilégiée est celle d’une éruption limnique.