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Chien dressé au pied d'un oranger atteint par la bactérie pathogène Candidatus liberibacter asiaticus provoquant le huanglongbing© Tim R. Gottwald

Une prouesse de plus s’ajoute au tableau de chasse de notre fidèle compagnon. Une étude parue le 3 février dans la revue Pnas révèle que le chien est capable de détecter un agent pathogène particulièrement virulent affectant les cultures d’agrumes.

Le dragon jaune, nom original de cette maladie d’origine chinoise également appelée greening (ou plus récemment huanglongbing), est une maladie infectieuse verdissant les fruits et les empêchant de murir. À terme, elle conduit à la mort de l’arbre. En cause, la bactérie Candidatus liberibacter asiaticus (CLas) transmise par des insectes (psylle asiatique).

Jusqu’à présent aucune solution efficace n’a pu être trouvée pour lutter contre cette bactérie qui dévaste les productions dans plusieurs pays du monde depuis le milieu des années 2000. En Floride (États-Unis) par exemple, au cours de la décennie, le huanglongbing a provoqué une baisse de 70 % de la production d’oranges à jus et de fruits frais. Pour limiter la propagation de la maladie, il faut éliminer le plus rapidement possible les arbres atteints. La détection précoce de l’agent pathogène est donc cruciale, mais pas si facile. En effet, les arbres peuvent être infectés et contaminer leurs congénères pendant des mois et même des années sans montrer de symptômes détectables à l’œil nu. L’inspection visuelle ou les dosages moléculaires, autres solutions habituellement utilisées, ne permettent donc pas de détecter les infections à temps. Ces derniers sont également trop chers et longs à déployer à grande échelle.

C’est la raison pour laquelle l’épidémiologiste spécialiste des plantes Timothy R. Gottwald et son équipe du US horticultural research laboratory de Fort Pierce en Floride ont choisi d’explorer une toute nouvelle une piste.

Ils ont entrainé des chiens à distinguer les arbres infectés par le CLas d’arbres non infectés grâce à leur odorat. Leur formation bien que plus spécifique (la bactérie est dans la plante) est similaire à celle des chiens renifleurs d’explosifs. L’animal apprend à reconnaître une odeur particulière et à s’asseoir à côté de la source une fois trouvée. Résultat, les chiens une fois dressés sont capables d’identifier les arbres malades dans les deux semaines suivant l’inoculation des arbres, avec une précision supérieure à 99 %.

Leur performance ne s’arrête pas là. Ils ont également pu distinguer le CLas d’autres variétés d’agents pathogènes bactéries, viraux fongiques et spiroplasmiques des agrumes. Autre avantage : la détection canine combinée à l’élimination des arbres infestés s’avère économiquement viable sur une période de 10 ans ce qui n’était pas le cas des tests moléculaires et de l’inspection visuelle.

Actuellement, l’expérience se déroule à petite échelle : seuls 19 chiens issus d’élevages européens ont pu être formés. Cependant, ils pourraient être selon les auteurs une solution tout à fait efficace pour dépister l’infection à CLas en temps réel.