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Face aux pénuries de médicaments, l’association UFC-Que Choisir réclame des mesures à l’Etat en publiant une étude sur le sujet © AFP/Archives Stéphane de Sakutin

Face aux nombreuses pénuries de médicaments et aux réponses jugées déficientes des laboratoires, l’association UFC-Que Choisir réclame des mesures à l’Etat en publiant une étude sur le sujet lundi. 

Mises en lumière depuis le début de la pandémie, les pénuries et tensions d’approvisionnement de médicaments ont subi une forte croissance depuis une décennie, alerte UFC-Que Choisir, passant de 405 pénuries en 2016 à presque trois fois plus en 2019. 

En 2020, 2400 ruptures devraient être constatées, « six fois plus qu’il y a quatre ans », note l’étude, citant l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une situation d’autant plus alarmante que ces pénuries concernent des médicaments dits d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), « pour lesquels une interruption de traitement peut être susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients ».

UFC-Que Choisir déplore par ailleurs que les laboratoires pharmaceutiques apportent des solutions « rarement à la hauteur des enjeux sanitaires ». Ainsi, dans 30 % des situations, les industriels renvoient vers un autre médicament, alors que « les substitutions peuvent entraîner des effets secondaires plus importants, ou nécessiter un temps d’adaptation à la nouvelle posologie, particulièrement pour les patients âgés », selon l’UFC. Dans 12 % des cas, les producteurs orientent « vers des solutions de derniers recours », comme la diminution de la posologie. Enfin, dans près d’un cas sur cinq (18 %), les laboratoires « ne proposent tout simplement aucune solution de substitution ».

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Sur la liste des 140 médicaments signalés en rupture de stock et en tension d’approvisionnement par l’ANSM au 15 juillet 2020, les médicaments indisponibles sont prioritairement des produits anciens et peu coûteux © AFP/Archives Florian David

L’association souligne par ailleurs que ces pénuries ne touchent que rarement les molécules récentes les plus onéreuses. Sur la liste des 140 médicaments signalés en rupture de stock et en tension d’approvisionnement par l’ANSM au 15 juillet 2020, les médicaments indisponibles sont prioritairement des produits anciens (75 % sont commercialisés depuis plus de 20 ans) et peu coûteux (les trois quarts coûtant moins de 25 euros).

L’association de consommateurs déplore également la réponse des pouvoirs publics, notant que seules deux sanctions ont été prononcées par l’ANSM pour rupture de stock contre des laboratoires en 2019.

En réaction, UFC-Que Choisir plaide pour plusieurs mesures, dont l’obligation pour les laboratoires de constituer « des stocks suffisants pour répondre aux besoins des usagers du système de santé pour l’ensemble des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur ». Elle réclame par ailleurs le développement d’une production publique de médicaments, « à même d’assurer la fabrication continue de ceux délaissés par les laboratoires ».