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Des membres d'une équipe de la Croix-Rouge congolaise transportent le cercueil d'une femme qui serait décédée des suites de la maladie à virus Ebola lors de son enterrement dans les règles de sécurité dans un cimetière de Bunia, en RDC, le 7 juin 2026. © AFP Jospin Mwisha

L’épidémie d’Ebola qui progresse à une vitesse inédite en République démocratique du Congo (RDC) a fait plus de 2 000 morts et se rapproche ainsi de celle de 2018-2020, la plus meurtrière de l’histoire du pays. 

La RDC a déclaré le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, sa 17e épidémie d’Ebola, déjà considérée comme la plus importante de son histoire et susceptible de « devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde », selon Sania Nishtar, directrice de l’Alliance du vaccin Gavi.

Le dernier bilan publié par les autorités sanitaires congolaises mardi fait état de 2 011 décès, sur 4 381 cas confirmés. Le cap des 1 000 décès avait été dépassé le 22 juillet. 

La flambée la plus meurtrière connue par le pays avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés entre 2018 et 2020. 

Partie de la province de l’Ituri (nord-est), l’épidémie actuelle se propage « plus rapidement que toutes les épidémies précédentes », selon l’OMS. 

Elle sévit désormais dans plusieurs provinces du nord-est et de l’est, des régions densément peuplées où la présence de l’État est fragile et les infrastructures de santé largement démunies.

Le taux de mortalité de cette flambée est estimé à 45,9% par les autorités sanitaires congolaises.

« Pas encore le pic »

« Nous n’avons pas encore atteint le pic », a déclaré le ministre de la Santé congolais Samuel Roger Kamba dans une interview retransmise sur X par son ministère mardi. 

« Dans les trois mois qui viennent, on pense qu’on aura déjà maîtrisé la progression et qu’on va commencer à voir la diminution » du nombre de cas, a-t-il affirmé. 

Néanmoins, l’insécurité entretenue par des groupes armés et la défiance de la population compliquent la riposte dans les provinces affectées par l’épidémie.

« Nous ne voyons que 30% des personnes, tandis que 70% des personnes meurent chez elles », a assuré lundi Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse à Bunia, capitale de l’Ituri. 

« C’est pour cela que cette épidémie d’Ebola est différente », a-t-il estimé.