Découvrez les 1644 actus du blob
image légendée

Les singes verts sont reconnaissables à leur face noire bordée de poils blancs. Ici, au Sénégal © Julia Fischer

Sous la menace d’un drone passant au-dessus de leur tête, les singes verts sont capables de produire un nouveau cri d’alarme qui est rapidement compris par leurs congénères.

On savait déjà qu’ils préviennent leurs semblables en émettant des sons spécifiques à chaque danger : léopard, serpent... Après le son « léopard », ils grimpent dans les arbres ; après l’alerte « serpent », ils s’immobilisent sur deux pattes.

Mais pour mieux comprendre comment ces animaux originaires d’Afrique de l’Ouest communiquent entre eux, des chercheurs allemands ont testé la réaction de 80 singes verts du Sénégal confrontés à l’apparition d’un drone dans le ciel, une forme de danger potentiel qui leur était jusque-là inconnue. Résultat : les singes se sont mis à pousser des cris bien différents de ceux émis quand ils aperçoivent des léopards ou des serpents.

Quand les chercheurs ont rediffusé ces nouveaux cris d’alerte par haut-parleur, les primates se sont mis à scruter le ciel ou à s’enfuir, suggérant qu’ils avaient immédiatement appris la signification de ce son.

« Une seule exposition à une nouvelle menace peut suffire », explique Julia Fischer, du Centre allemand des primates de Göttingen, un des auteurs de l’étude. Plus surprenant encore, ce nouveau signal est étonnamment similaire au bruit que font les singes vervets de l’est de l’Afrique quand ils aperçoivent des aigles, et leurs réactions sont les mêmes. Et ce, bien que les deux lignées (de l’est et de l’ouest) aient divergé il y a environ 3,5 millions d’années et que les singes verts ne soient jamais confrontés aux aigles.

La similarité des appels montrerait que le cri d’alerte est un réflexe physiologique enraciné dans l’histoire évolutive de ces singes, supposent les chercheurs. Un peu comme le nourrisson, né avec « un répertoire inné d’expressions pré-verbales comme les rires, les cris, les gémissements... », explique Kurt Hammerschmidt, du même Centre des primates, et coauteur de l’étude.