Représentation d’artiste de l’aspect de Gigantopithecus blacki © Ikumi Kayama (Studio Kayama)

Représentation d’artiste de Gigantopithecus blacki © Ikumi Kayama/Studio Kayama

Gigantopithecus blacki est une espèce éteinte de singe qui habitait dans des forêts très denses du sud-est asiatique. Ce géant – d’où son nom – aurait vécu il y a 2 millions d’années à 300 000 ans.

Depuis sa découverte, il y a près d’un siècle, des centaines de dents et quatre mandibules partielles de G. blacki ont été retrouvées, mais l’absence de restes crâniens a toujours rendu sa relation avec les grands singes actuels difficile à déterminer.

Aujourd’hui, les travaux de Frido Welker, de l’université de Copenhague au Danemark, et de son équipe permettent de mieux situer cette espèce dans la phylogénie des grands singes. G. blacki et les orangs-outangs auraient ainsi un ancêtre commun qui remonte à 10 ou 12 millions d’années.

Mandibule de Gigantopithecus blacki © Prof. Wei Wang

Mandibule de Gigantopithecus blacki © Wei Wang

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont étudié l’émail d’une molaire de G. blacki, vieille de 1,9 million d’années, trouvée dans la grotte de Chuifeng, en Chine. Des protocoles spécifiquement conçus pour analyser des protéomes anciens et très dégradés ont permis d’identifier six protéines propres à l’émail des primates, dont une qui n’avait jamais été observée auparavant. Pour les chercheurs, cette protéine participait peut-être à la biominéralisation de l’épaisse couronne dentaire qui caractérise les grosses molaires de G. blacki.

C’est la première fois que des protéines squelettiques aussi anciennes, issues de zones chaudes et humides, ont pu être récupérées et analysées. Jusqu’ici, les chercheurs pensaient que dans ce type de région subtropicale, aucun fossile ayant plus de 10 000 ans ne pouvait être étudié, le matériel génétique étant dégradé très rapidement par les conditions climatiques.