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© AFP/Archives DIDIER PALLAGES

Une Française de 34 ans qui ne parvenait pas à être enceinte après un traitement pour un cancer du sein a pu donner naissance à un enfant grâce à une nouvelle technique consistant à recueillir ses ovules non matures avant de les congeler.

« Ce succès représente une avancée importante dans le domaine de la préservation de la fertilité », s’est réjoui Michaël Grynberg, directeur du département de médecine de la reproduction à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), où a eu lieu cette « première mondiale » dans le contexte du cancer.

Les femmes de moins de 40 ans qui vont subir un traitement qui peut affecter leur fertilité, comme une chimiothérapie, se voient proposer de congeler leurs ovocytes pour préserver leurs chances de grossesse future.

Normalement, on prélève des ovules arrivés à maturation, après une stimulation hormonale, mais dans les cancers du sein hormonodépendants, comme pour la patiente du Pr Grynberg, la stimulation est contre-indiquée.

Son équipe a donc prélevé sept ovocytes immatures avant de les porter à maturation en laboratoire pendant 48 heures, puis de les vitrifier (une méthode de congélation ultrarapide qui permet une meilleure conservation).

La patiente a ensuite été traitée pour son cancer du sein avec une chimiothérapie.

Après cinq ans sans rechute, elle a été déclarée guérie mais ne parvenait pas à concevoir, du fait des traitements reçus. Ses ovocytes ont alors été décongelés et inséminés in vitro. L’un des cinq œufs ainsi formés lui a été implanté, avec succès, et la patiente a donné naissance à un garçon en bonne santé, en juillet 2019.

Cette technique de maturation in vitro (MIV) avait déjà permis de donner naissance à des enfants après une fertilisation et une implantation immédiate, sans congélation. 

La même équipe, en collaboration avec l’hôpital Jean-Verdier, avait aussi annoncé l’avoir utilisée en juin 2019, en association avec la vitrification embryonnaire, pour permettre à une jeune femme atteinte de ménopause précoce de donner naissance à des jumeaux.

Mais jusqu’à présent, il n’y avait pas eu de grossesse menée à bien chez des patientes traitées pour un cancer à partir d’ovules ayant été soumis à la fois à la MIV et à une vitrification.

« On montre que cette technique, même si elle est sans doute aujourd’hui un peu moins efficace » que la congélation d’ovocytes prélevés à maturité, « peut quand même permettre d’avoir des enfants », souligne Michaël Grynberg. Deux autres grossesses sont actuellement en cours au CHU de Clamart après l’utilisation de la même technique.

Michaël Grynberg de rappeler qu'en raison d'un cancer du sein et de son traitement, environ 40 % des femmes de 40 ans et 15 % à 20 % des femmes de 30 ans deviennent infertiles.