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Le centre de contrôle de la mission DART de la Nasa, au Laboratoire de physique appliquée (APL) de l'université Johns Hopkins

Le centre de contrôle de la mission DART de la Nasa, au Laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins dans le Maryland © AFP/Archives Jim Watson

Impact confirmé : un vaisseau de la Nasa s’est délibérément écrasé sur un astéroïde dans le but de dévier sa trajectoire. Une mission test inédite, nommée DART, qui doit permettre à l’humanité d’apprendre à se protéger d’une potentielle menace future.

La sonde, plus petite qu’une voiture, a foncé à une vitesse de plus de 20 000 km/h sur sa cible, Dimorphos. 23 h 14 GMT, heure de l’impact. Les équipes de la Nasa, réunies au centre de contrôle de la mission dans le Maryland, aux États-Unis, ont explosé de joie au moment de la collision.

« Nous sommes embarqués dans une nouvelle ère, où nous avons potentiellement la capacité de nous protéger d’un impact d’astéroïdes dangereux », a déclaré Lori Glaze, directrice des sciences planétaires à la Nasa.

La première phase de la mission réussie, il faudra encore attendre, quelques jours ou quelques semaines, avant de savoir si la trajectoire de l’astéroïde a bien été altérée. Les scientifiques, grâce aux télescopes sur Terre, pourront observer la variation de l’éclat lorsque le petit astéroïde passe devant et derrière le gros.

Avec cette démonstration, l’idée est de commencer à « ajouter des instruments à notre boîte à outils », a déclaré lors d’une conférence de presse Lindley Johnson, agent de défense planétaire à la Nasa. Mais « nous avons besoin de plusieurs méthodes, en fonction des circonstances rencontrées ».

Lors de cette mission, la Nasa a utilisé la technique de « l’impact cinétique ». Elle consiste à « pousser » légèrement un astéroïde en le percutant afin de dévier sa trajectoire. Un peu comme si l’on jouait au billard dans l’espace.

Un premier test qui permettra de comprendre comment réagit l’astéroïde, et donc de mieux calculer la force requise à l’avenir. La taille du vaisseau utilisé dépendra de celle de l’astéroïde menaçant d’entrer en collision avec la Terre. Il est par ailleurs possible que plusieurs vaisseaux soient requis, selon Lindley Johnson.

« Si l'astéroïde répond à l'impact de Dart d'une façon totalement imprévue, cela pourrait en réalité nous conduire à reconsidérer dans quelle mesure l'impact cinétique est une technique généralisable », a prévenu la semaine dernière Tom Statler, chef scientifique de la mission.

Description de la sonde-missile DART de la Nasa

Description de la sonde-missile DART de la Nasa © AFP Jonathan Walter

Les astéroïdes ont déjà réservé des surprises aux scientifiques par le passé. En 2020, la sonde américaine Osiris-Rex s’était enfoncée bien plus que prévu dans la surface de l’astéroïde Bennu. De même, la composition de Dimorphos n’est pour l’heure pas connue.

Près de 30 000 astéroïdes de toutes tailles ont été catalogués dans les environs de la Terre. Aujourd’hui, aucun de ces astéroïdes répertoriés ne menace notre planète. Et ce pour les 100 prochaines années. Sauf qu’ils ne sont pas encore tous recensés.