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Le vice-président de la Commission européenne chargé du Pacte Vert, Frans Timmermans, le 18 mai 2022 à Bruxelles © AFP/Archives John Thys

Le vice-président de la Commission européenne chargé du Pacte Vert, Frans Timmermans, le 18 mai 2022 à Bruxelles © AFP/Archives John Thys

Les 27 États membres de l’UE ont approuvé mercredi le projet de la Commission de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves en Europe. Elle signifie l’arrêt de fait des ventes de voitures et véhicules utilitaires légers essence et diesel dans l’Union européenne à partir de 2035, ainsi que des hybrides (essence électrique). Cela doit contribuer à atteindre les objectifs climatiques du continent, en particulier la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Les ministres européens de l’Environnement, réunis à Luxembourg, ont également approuvé une extension de cinq ans de l’exemption des obligations en matière de CO2 accordée aux constructeurs « de niche » ou ceux produisant moins de 10 000 véhicules par an, jusqu’à fin 2035. Cette clause, dite parfois « amendement Ferrari », profitera notamment aux marques de luxe.

« Cela constitue un grand défi pour notre industrie automobile », a reconnu la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, qui présidait la réunion de mardi. La ministre a estimé qu’il s’agissait d’une « nécessité » face à la concurrence chinoise et américaine qui a largement misé sur les véhicules électriques considérés comme l’avenir de l’industrie. L’automobile, premier mode de déplacement des Européens, représente un peu moins de 15 % des émissions de CO2 totales de l’UE, un des premiers gaz responsables du réchauffement climatique.

Développer d’autres technologies

La filière automobile européenne, qui investit déjà lourdement dans l’électrification, redoute cependant l’impact social d’une transition trop rapide. « L’écrasante majorité des constructeurs automobiles ont fait le choix des voitures électriques », a fait valoir le vice-président de la Commission chargé du Pacte Vert, Frans Timmermans, lors d’une conférence de presse.

Des employés travaillent sur la ligne d'assemblage de la Volkswagen électrique ID.4 à Emden, le 20 mai 2022 dans le nord de l'Allemagne © AFP/Archives David Hecker

Des employés travaillent sur la ligne d'assemblage de la Volkswagen électrique ID.4 à Emden, le 20 mai 2022 dans le nord de l'Allemagne © AFP/Archives David Hecker

À la demande de quelques pays, dont l’Allemagne et l’Italie, les 27 ont cependant accepté d’envisager un possible feu vert à l’avenir pour des technologies alternatives comme les carburants synthétiques (e-carburants) ou motorisations hybrides rechargeables si celles-ci permettent d’atteindre l’objectif de supprimer totalement les émissions de gaz à effet de serre des véhicules. « Nous sommes technologiquement neutres. Ce que nous voulons ce sont des voitures zéro émission », a expliqué Frans Timmermans. « À l’heure actuelle, les e-carburants ne semblent pas une solution réaliste, mais si les constructeurs peuvent prouver le contraire à l’avenir, nous serons ouverts. »

La technologie des carburants de synthèse, actuellement en cours de développement, consiste à produire du fuel à partir de CO2 issu notamment des activités industrielles en utilisant de l’électricité bas-carbone, dans une approche d’économie circulaire. La filière automobile, tout comme l’industrie pétrolière, fonde de gros espoirs sur ces nouveaux carburants qui permettraient de prolonger l’utilisation des moteurs thermiques, aujourd’hui menacés par l’irruption des véhicules 100 % électriques. Cependant l’usage de cette technologie dans l’automobile est contesté par les ONG environnementales qui la jugent à la fois très onéreuse et énergivore. Elles dénoncent en outre des motorisations émettant autant d’oxydes d’azote (NOx) que leurs équivalents à carburant fossile.