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Le Barrage de la renaissance

Le 2 avril 2011, le gouvernement éthiopien lançait les travaux de construction sur le Nil du Grand Barrage de la Renaissance. Un projet pharaonique sur lequel repose le développement de tout un pays. En 2017, il devrait offrir à l’Ethiopie son indépendance énergétique. Lancé quelques mois après la chute d’Hosni Moubarak, le projet fait peur au voisin égyptien. Ce documentaire cherche à mieux comprendre les enjeux de ce barrage pour l’Ethiopie et notamment pour les femmes, premières à profiter de cette nouvelle croissance du pays.

A découvrir aussi : le webdoc "La vallée des Reines".

Réalisation : Anne Laure Cahen

Production : Bambasi Prod, Universcience

Année de production : 2014

Durée : 52min00

Le Barrage de la renaissance

LE BARRAGE DE LA RENAISSANCE

26.00 – F1 MESKEREM 
J'ai grandi au bord du Nil. Comme tu as pu le remarquer, ici, il n'y a pas de robinet pour l'eau.
On ne se sert que de l’eau du Nil. 

L’eau me sert à faire du thé, à laver le linge et à beaucoup d’autres choses aussi. 00.58

1.10
On s'y rafraîchit. On se lave, on se relaxe.

Meskerem, comme toutes ces Ethiopiennes des bords du Nil, vit au rythme du fleuve. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, les femmes ont toujours été chargées de la corvée d’eau. 

GEBIYANESH 
Le Nil, c’est comme un membre de la famille. Il ne peut pas nous faire du mal.  Quand on a un problème, il suffit de l’invoquer. 

On se met à prier et le Nil se manifeste.  Une fois le problème résolu, on offre au fleuve un sacrifie pour le remercier.  C’est notre relation avec le Nil. 

Une relation millénaire…mais elle va bientôt changer… 
L’Ethiopie est en marche vers un nouvel avenir qui se dessine dans les eaux du fleuve. Gardiennes des traditions et pilier du foyer, ces femmes vont devoir s’adapter.  
Le symbole de cette Ethiopie qui se prend en main et s’émancipe est un projet colossal, un immense barrage en cours de construction, le plus grand du continent africain. 
Un ouvrage démesuré sur lequel repose le développement de tout un pays

Le Barrage de la Renaissance 
Avec la participation de
Présentent : 
Un film de : 

Semegnew Bekele est l’ingénieur en chef de ce projet titanesque.
Le chantier est situé au nord de l’Ethiopie, à la frontière du Soudan.

3.48.00 –
Semegnew Bekele,
Ingénieur en chef du barrage de la Renaissance

Ce que l’on voit en face de nous c’est le futur axe du barrage.  C’est ici que nous avons commencé à construire le Barrage Ethiopien de la Grande Renaissance. 

Le nom de ce barrage est évocateur.
 Le barrage de la Grande Renaissance est un symbole de renouveau pour le pays. A terme, il  reliera les deux montagnes et arrivera au pied de Semegnew.

4.13.08- ITV Semegnew Bekele, Ingénieur en chef du barrage – H1
Une fois achevé, le barrage fera 1 780 mètres de long et aura une hauteur de 145 mètres. 

A l’échelle du pays et du continent le projet est pharaonique. 
Ce barrage n’est pas destiné à irriguer les terres éthiopiennes.  Son unique rôle : produire de l’électricité. Une fois terminé, il sera doté d'une puissance de 6 000 megawatts, soit l'équivalent de 6 centrales nucléaires.  L'Ethiopie sera alors le premier producteur d'électricité d'Afrique. 

4.54 - ITV Semegnew Bekele - Ingénieur en chef du barrage
En tant qu’ingénieur, je suis heureux d’être responsable de ce projet. 
En tant que citoyen, je suis heureux aussi.  Nous avons la responsabilité de construire une Ethiopie prospère afin que la prochaine génération soit plus heureuse et vive de manière plus confortable. 

Aujourd’hui, en Ethiopie, on s’autorise à rêver.  Le pays n’est plus celui de la famine des années 80.  Avec une croissance de près de 10% par an, son économie est en plein boom 

L’artisan de cette modernisation : Meles Zenawi. Son visage est aujourd’hui placardé partout dans le pays.  
En 1995, il renverse la dictature du général Mengistu. Révolutionnaire puis président, Meles Zenawi a dirigé le pays d’une main de fer. Il décède brutalement en 2012.  Oubliées les dérives, oubliées les critiques des organisations internationales des droits de l’homme, Meles Zenawi est devenu une icône.  C’est lui qui a lancé l’idée d’un grand barrage sur le Nil.

VIDEO : 
Lancement des travaux du barrage
2 avril 2011 

6.22
Longue vie à notre peuple travailleur. 
Nous sommes parvenus à surmonter les temps difficiles. 
Avec la construction du Barrage de la Renaissance, notre grande vision du développement prend forme. 
Nous entrons dans une nouvelle ère. 

6.40
L’appel au développement de Meles Zenawi a été entendu par la diaspora éthiopienne. Une grande partie est rentrée depuis. C’est le cas de Genet. Elle qui avait fui la famine et la dictature il y a 20 ans est de retour à Addis-Abeba. 

7.00.00 – 
Genet Kebede
Chef d’entreprise
La ville n’arrête  pas de se développer. Tous les jours, il y a de nouvelles constructions, tous les jours, il se passe quelque chose. 
Nous sommes vraiment à un tournant. 

7.13
Pour attirer les investisseurs, des mesures incitatives ont été mises en place. Certaines s’adressent en particulier aux femmes. Genet en a bénéficié et a monté son entreprise de textile dans la capitale.

7.37.00 LIVE Genet
Tu n’as jamais cousu ce genre de vêtement ?  Regarde, il y a deux façons de faire.  Même si c’est discret, on doit retourner la doublure au niveau du cou.  Tu dois absolument regarder quelqu’un effectuer cette étape. 

Le retour de cette femme au pays, après plusieurs années passées en Italie et en Argentine, est le signe du changement qui est en marche.

08.08.00 Genet
Le tissage est une vraie passion pour moi.  J’aime travailler avec les tisseurs car ils ont un vrai talent. Ceci fait partie de la tradition éthiopienne. 

Genet vient de décrocher un très gros contrat de 3 ans avec la compagnie aérienne nationale. Elle a dû recruter de nouveaux salariés. Uniquement des femmes !. La révolution industrielle en marche en Ethiopie est aussi une révolution des mœurs. De plus en plus de femmes sortent du foyer pour travailler.  

08.44.13 - Genet
Les choses ont changé pour les femmes. De nombreuses aides ont été mises en place, des aides gouvernementales pour leur garantir une meilleure vie. Les femmes travaillent dur pour changer leur vie et celle de leur famille.  Par exemple, la fille de cette ouvrière est grande, aujourd’hui. Elle l’a envoyée dans une université privée. Et maintenant elle travaille.

Pause déjeuner 
Ces femmes actives, en amenant un deuxième salaire, ont permis d’améliorer l’ordinaire de leur famille. Elles sont pour beaucoup dans la nouvelle croissance de ce pays où les traditions perdurent.

09.23.03 - Genet
Je mets de l’encens sur le feu. L’encens c’est essentiel dans la cérémonie du café, ici, en Ethiopie. Cela purifie. Et tout le monde aime ça.

Genet mise tout sur le lancement du barrage de la Renaissance. Ambitieuse et persuadée que la croissance éthiopienne n’en est qu’à ses débuts, elle vient de se lancer dans l’exportation avec une autre entreprise de vêtements située dans la zone industrielle d’Addis-Abeba. 
Mais, en arrivant, ce matin, c’est la consternation, les employées sont inactives. 

10.09.00 – Genet Live
Mais à quelle heure le courant a été coupé ?  Quoi ? Hein ? Oh là là…ça fait plus de trois heures. Bon, au moins c’était au moment du déjeuner. 

10.20.02 – Genet Live
On va monter. Je vais parler au directeur. Vous savez, tout ce qui est produit ici est exporté en Italie.  

Pour la toute jeune entreprise, ces coupures de courant sont dramatiques.

10.35.23 – Genet Live
C’est vraiment terrible. Regarde, il y en a même une qui dort. S’il n’y a pas d’électricité on ne peut rien faire. C’est bien simple. 

La frustration de Genet est énorme. Avec la croissance de l’économie, la demande en électricité est en augmentation constante et ces coupures de plus en plus fréquentes car la production n’arrive pas à suivre. Comme beaucoup d’Ethiopiens, Genet espère que le Barrage de la Renaissance lui permettra de travailler dans de meilleures conditions. 

En attendant, le gouvernement tente de répondre au plus vite aux besoins en énergie.  Aujourd’hui, c’est une ferme éolienne, qui est inaugurée. Là encore le pays veut montrer son ambition.  C’est la plus grande centrale éolienne d’Afrique subsaharienne et le Premier ministre en personne a fait le déplacement 

11.42.00 – 
Haile Mariam Dessalegn
Premier Minsitre de l’Ethiopie
Nous devons assurer notre approvisionnement en énergie.  Sans énergie, il n’est pas possible de se développer. 

11.58.24 - ITV Premier Ministre –
 Hailemariam Dessalegn
Premier Ministre de l’Ethiopie NE PAS TRADUIRE
Nous aspirons à une croissance verte. Vous savez, en tant que pays développé, nous ne souhaitons pas répéter les mêmes erreurs qu’ont pu faire, en terme de choix énergétique, les pays occidentaux ou les pays développés, de manière générale. C’est pour cela que nous avons opté pour les énergies renouvelables. Nous avons de nombreux projets parmi lesquels le barrage de la Grande Renaissance. 

Chaque fois qu’il le peut, 
le Premier ministre évoque le Barrage de la Renaissance. C’est le projet phare de son gouvernement. Grâce à lui, l’Etat éthiopien espère devenir exportateur d’énergie. 
Une promesse d’enrichissement pour le pays mais aussi pour ses habitants, le gouvernement l’assure.

Pour convaincre la population des bienfaits de ce barrage, régulièrement, des visites du chantier sont organisées.  

Meles Zenawi, Meles Zenawi, 
On va respecter ta parole !
On va respecter ta parole. 
On va le terminer…On va le terminer…
 Le barrage de la Renaissance ! Le barrage de la Renaissance ! 

Après deux jours de bus, rythmés par des chants patriotiques, ce groupe arrive enfin. 

13.59.05 Organisateur  - Xavier
Avancez vers le fond s’il vous plait

Il est accueilli par l’ingénieur en chef qui endosse également le rôle de responsable de la communication.

14.09.03- ITV Semegnew Bekele, Ingénieur en chef du barrage – H1
Nous souhaitons la bienvenue au maire et aux citoyens de la ville d’ ANGER GOUTE située dans la zone est de la région de Wellega. Au nom du gouvernement fédéral, on vous souhaite la bienvenue au barrage de la GRANDE Renaissance. 

Après les discours, il est temps de voir ce projet dont le gouvernement ne cesse de faire la promotion dans tous les médias. Tous les visiteurs ont revêtu tee-shirt et casquette à la gloire du barrage. 

A RAJOUTER
 “Nous avons commencé la construction du barrage de la Renaissance, nous le terminerons.”

15.03.19- Jean-Marc
Quand le barrage sera construit ici, l’eau s’accumulera là-bas derrière. Comme on vous l’a expliqué tout à l’heure, le réservoir aura une longueur de 246 kilomètres en arrière du barrage.  La profondeur ici va être de 140 mètres. La superficie du réservoir sera d’environ 1700 km2 et la quantité d’eau accumulée de 74 milliards de m3.

Tous ici ont été sélectionnés. A leur retour dans leur village, ils seront des relais de propagande  auprès de la population.

15.52.06 - Sonore parasol - 6: 
Cela me fait énormément plaisir. Je suis vraiment très fière d’être éthiopienne. Ce barrage est encore plus grand que ce que j’avais imaginé.
 
16.07.18 
Il a un grand nom mais je le voyais comme quelque chose de bien plus petit. Quand je l’ai vu, j’ai pris conscience qu’il était gigantesque. Il est vraiment impressionnant. 
Le Nil s’est promené pendant toutes ces années. Maintenant qu’il est rentré à la maison on va enfin l’utiliser. Cela me rend vraiment heureuse. 

16.29.16 -  Sonore homme 
Le Nil, jusqu’à maintenant, on n’en profitait pas. On le glorifiait avec des chansons et des paroles. Mais maintenant on va pouvoir prendre notre part, et en donner également une part aux autres. On va l’utiliser ensemble, tous en commun, sans porter préjudice à quiconque. 

Rêve de grandeur, rêve de pouvoir. L’Ethiopie veut dompter les eaux du Nil. Mais cela ne va pas sans causer des tensions avec ses voisins. Et notamment l’Egypte qui doit, depuis toujours, sa puissance au Nil.

CARTE  : 
La partie du Nil Ethiopienne s’appelle le Nil Bleu. 
A Khartoum, au Soudan, le bras éthiopien rejoint le Nil blanc en provenance du lac Victoria. Il forme alors le grand fleuve Nil qui va traverser les 1000 km du territoire égyptien. 
L’affluent éthiopien est le plus généreux. Il fournit la quasi totalité de l’eau qui arrive en Egypte. Avec ce projet de barrage, les Egyptiens craignent que le débit du Nil soit affecté. 17.48

Mahmoud Abou Zeid a été Ministre de l’Eau dans le gouvernement de Mohammed Morsi.

18.10.00 – 
MAHMOUD ABOU ZEID

Président du Conseil Arabe de l’Eau
Le moment où l’Ethiopie a annoncé ce projet, nous pousse à avoir peur. L’annonce a été faite, pour la première fois, au mois d’avril 2011, soit juste après le début de la Révolution égyptienne. Je pense que l’Ethiopie a profité que l’Egypte avait d’autres préoccupations pour démarrer la construction du barrage. 18.47

Depuis l’Antiquité, l’Egypte s’est développée autour du Nil. A la fin de l’époque coloniale, le pays s’octroie une mainmise sur les eaux du fleuve. L’Ethiopie, à l’époque sans influence dans la région, n’a pas son mot à dire. 

Pour l’Egypte, le Nil est la seule ressource en eau. Il alimente des milliers de canaux d’irrigation. D’un point de vue économique, social, agricole, la dépendance est totale. 
Mais, aujourd’hui, le pays des pharaons est affaibli. Sa domination sur les eaux du Nil est remise en question. 

19.38.00 –
MAHMOUD ABOU ZEID

Président du Conseil Arabe de l’eau
Nous pensons que la construction d’un tel barrage donne à l’Ethiopie une emprise totale sur le Nil. L’Ethiopie va contrôler la totalité de l’eau qui passe en Egypte et au Soudan. On peut illustrer ce barrage comme un robinet que l’on peut fermer ou ouvrir selon le bon vouloir de l’Ethiopie. Cela leur donne un dangereux pouvoir.  Cela va toucher la sécurité de l’eau en Egypte.

En 2013, des parlementaires égyptiens évoquent le barrage éthiopien en présence du président Morsi. 
Leurs propos sont particulièrement menaçants. 

VIDEO:  Memri TV – Texte transcription
Je dis haut et fort que toutes les options sont envisageables et que nous apporterons notre soutien à toutes les options ;  Mais il faut agir par étape. Si l’option diplomatique ne permet pas de résoudre la situation, il faudra faire appel à la loi internationale et si cette option là échoue également, nous devrons recourir à n’importe quelle autre option afin de protéger notre sécurité de l’eau, car pour nous, la sécurité de l’eau est une question de vie ou de mort. 

Si toutes ces options échouent, il faudra faire appel à nos services de sécurité afin de détruire le moindre barrage qui porte atteinte à la sécurité de l’eau en Egypte.  Certains experts ont reconnu que la construction du barrage était équivalente à une déclaration de guerre à l’Egypte.

La réunion est soudainement interrompue par le Président

Live : Je viens d’apprendre que notre réunion est retransmise en direct à la télévision. Je n’ai pas présenté de plan secret ou quelque chose dans le genre. 

Rires gênés… les parlementaires ne se savaient pas filmés. Ces menaces en direction de l’Ethiopie n’auraient pas dû être dévoilées. Depuis, les Egyptiens ont regretté ces propos. 
Le gouvernement a changé. Aujourd’hui, le ton se veut plus apaisant mais l’Egypte reste préoccupée par ce projet. 

L’Ethiopie, avec ce barrage sur le grand fleuve Nil, a acquis une nouvelle puissance politique. 

Au Ministère de l’Eau, à Addis-Abeba on promet de ne pas abuser de ce nouveau pouvoir. 

22.29.00 – 
Aleymayehu Tegenu  - 
Ministre éthiopien de l’eau, de l’irrigation et de l’énergie
Je ne pense pas qu’on en arrivera à un conflit à cause de cette eau. Nous avons toujours appelé à la discussion plutôt qu’à la guerre.  La guerre n’est pas une option. Nous sommes pour le dialogue. 
L’Ethiopie respecte quatre principes. Le premier est celui du partenariat gagnant-gagnant. Le deuxième est l’utilisation équitable et raisonnable des ressources.  Le troisième est de ne pas causer de dommages aux pays en aval. Le dernier est la coopération. Nous croyons en la coopération.  

Ethiopia sticks to four principles. Number one is a win-win approach.
Number two is equitable and reasonable utilization of resources.
Number three is not to harm countries downstream.
 Number four is cooperation. We believe in cooperation.
The message we have for Egyptians and their politicians is: the best solution is to cooperate together.

Malgré ce discours rassurant, le gouvernement a peur pour son barrage.  Les tensions régionales sont fortes et les menaces d’attentats réelles, qu’elles viennent d’Egypte ou des pays en conflit qui entourent l’Ethiopie.  Pour accéder au chantier, les conditions de sécurité sont élevées.  

L’ingénieur en chef, a conscience des enjeux considérables qui pèsent sur le projet. En fin politicien, il fait tout pour rassurer les pays voisins.

23.39.00 - ITV Semegnew Bekele - Ingénieur en chef du barrage
Nous avons une grande expérience dans la construction de ce type de projet, dans ce type de barrage.  En aucun cas, nous ne voulons faire du mal aux pays en aval. Nous n’allons pas retenir l’eau pendant la construction du barrage.  Nous allons mettre en place des structures pour permettre à l’eau de passer sans affecter le débit du fleuve. Une fois la construction du barrage terminée, nous n’allons pas fermer les portes et retenir toute l’eau.

Le chantier qui emploie 6 000 hommes a été confié à une entreprise italienne qui construit déjà un autre barrage dans le pays. Des projets contestés mais pour lesquels le gouvernement assure être le plus transparent possible. 

24.36.19 - ITV Semegnew Bekele - Ingénieur en chef du barrage
Vous êtes témoin de ce que l’on fait. Nous nous tenons à votre disposition pour vous faire voir tout ce que nous faisons. Nous ne souhaitons vraiment rien vous cacher du projet. Si vous avez des questions sur le chantier, je pourrai y répondre dans mon bureau ou même après votre venue. Je vous assure que nous serons à votre entière disposition. 

L’inquiétude de l’ingénieur en chef est palpable. Il faut dire que jusqu’ici, tout ne se passe pas exactement comme prévu.

25.20-  Live Semegnew Bekele
Bonjour
Italien :
Bonjour. 
Live Semegnew Bekele : Comment allez-vous ?. Tout se passe bien ?
Italien :
Oui tout se passe bien. 
Live Semegnew Bekele : Vous coulez du ciment ? 
Italien : oui
Live Semegnew Bekele : Vous avez bien progressé ces derniers jours ! …
 
L’expression de cet ouvrier italien en dit long. La progression du chantier est un sujet délicat. Initialement le barrage devait entrer en partie en fonction en septembre 2014. Mais les travaux ont pris beaucoup de retard. 

25.49.00 - Live Semegnew Bekele
Vous savez que tout le monde vous regarde. Nous avons les yeux tournés vers vous. Les Ethiopiens, la nation…  Tout le monde est investi dans le projet. 26.03

Le Barrage de la Renaissance, c’est la grande fierté du pays, un des plus pauvres du monde.
Et pourtant, le gouvernement s’est lancé un défi de taille : assumer seul son financement, estimé  à près de 4 milliards d’euros. 

Pour y parvenir, la population est mobilisée. Comme ici, à Saja, dans le sud du pays. La ville est située à plus de 1000 km du chantier. Et pourtant,  plusieurs de ses habitants ont déjà donné de grosses sommes d’argent pour financer le projet. C’est en leur honneur qu’une fête est organisée aujourd’hui.

Pour concrétiser la vision de notre grand chef, nous sommes prêts plus que jamais ! 
Nos bras tendus pour la réalisation du Grand Barrage ne seront jamais pliés avant la fin. 

Depuis ce matin, l’événement se prépare. 27.01

Tout est bien orchestré.  Dans ce pays marqué par  30 ans de communisme, on a appris à penser comme un seul homme 

En se mobilisant, en se mobilisant. Le développement du pays, le développement du pays. Se réalisera, se réalisera.  
Le barrage sur le Nil va se faire ! Le barrage sur le Nil va se faire ! La vision sera respectée. La vision sera respectée.  Le barrage de la Renaissance. Le barrage de la Renaissance. Sera une réalité, sera une réalité. 

Maintenant que nous l’avons commencé, on va le finir !

Pour chauffer la foule, on répète les mêmes incantations, comme une manière de faire taire les sceptiques

Le Barrage sur le Nil. Le Barrage sur le Nil.  Va être construit. Va être construit.  Et va nous fournir de l’électricité. Et va nous fournir de l’électricité.  La promesse que nous avons faite. La promesse que nous avons faite
Avec efficacité. Avec Efficacité. Nous la respecterons. Nous la respecterons. 

Signe de l’importance de l’événement, des émissaires du gouvernement ont même fait le déplacement. Ils sont venus chercher cet argent qui manque cruellement à l’Etat pour finir le barrage. 

28.38.10 - 
Bienvenus à cette grande fête que nous organisons pour la deuxième fois dans notre région, pour le Grand Barrage de la Renaissance. 

Ici, on est loin du Nil. Pour rendre le projet plus réel, les jeunes ont imaginé des saynètes pour illustrer le chantier à leurs ainés.  Les enfants sont aussi mis à contribution.  Cette génération a toujours entendu que l’avenir de l’Ethiopie se lisait dans le Nil. 

29.10.19 - INTERVENTION DU RESPONSABLE POLITIQUE – Voix 14 
Pendant des siècles, nous n’avons pas pu tirer profit du Nil. Nous avons été victimes d’injustices.  Mais nous les avons maintenant mises de côté.  En cassant l’idée de notre impuissance, le peuple éthiopien et son gouvernement,  tous unis, nous avons montré au monde entier  que nous pouvons utiliser légalement notre ressource naturelle.  

Après les beaux discours, c’est au tour des banquiers d’entrer en scène…

29.47.21 - Banquier
Ce sont des obligations, des obligations pour le barrage de la Grande Renaissance. Il y en a de 50 Birr, 400 Birr ou 2000 Birr. Le montant varie selon les moyens des donateurs.  Certains fonctionnaires ont donné 3 000 voire  4 000 Birr. Chacun contribue en fonction de son salaire. Cela diffère d’une personne à l’autre. 

Jusqu’à 4 000 birr. C’est plus de 4 fois le salaire moyen en Ethiopie.  Certains sont prêts à donner beaucoup pour soutenir le développement de leur pays. En organisant ces grandes fêtes, l’Etat espère recruter de nouveaux donateurs. Le directeur de la banque de développement éthiopienne est là pour les convaincre. 

30.39.00.- INTERVENTION  - Berhanu TAYE TOLA - DIRECTEUR BANQUE DE DEVELOPPEMENT
N’importe qui peut acheter des obligations à partir de 50 Birr.  Du riche au pauvre, tout le monde peut participer. Ces obligations sont proposées par l’Etat. Elles sont garanties par l’Etat. Il n’y a donc aucun risque. Même si l’Etat change, il n’y a pas de risque. Il y a la garantie de l’Etat. Quel est l’intérêt pour l’acheteur ? Il peut le léguer à son fils, à sa femme, à son père, à sa mère, à son frère, et aussi à son ami, son concubin ou son amoureux.  Il peut aussi l’offrir comme cadeau de mariage ou pour séduire quelqu’un.  Ca veut dire que c’est de l’argent. Vous avez bien compris c’est comme de l’argent. 

Il est maintenant temps de remercier ceux qui ont déjà apporté leur contribution. Ce sont tous des fonctionnaires. Ils sont les premiers à avoir été sollicités par le gouvernement qui a puisé directement sur leur salaire.   Sous le regard et les applaudissements de la foule, on leur remet leur attestation.

32.09.00 -  
Berhanu TAYETOLA
BANQUE  ETHIOPIENNE DE DEVELOPPEMENT –
Nous ne voulons pas demander de l’argent à l’étranger. Nous souhaitons construire ce barrage avec nos propres moyens. C’est pour cela que nous avons mis en place un système d’obligations d’état. 

Si l’Etat éthiopien a mis en place une grande souscription publique c’est surtout que les institutions internationales, comme la Banque Mondiale et le FMI, n’ont pas souhaité financer le projet, en raison notamment des tensions avec l’Egypte.

Pour que son barrage voit le jour, l’Etat éthiopien va devoir puiser dans les ressources   financières de toute sa population… une tâche ardue quand ont sait qu’un tiers des Ethiopiens vivent avec moins de 1 euro par jour. 

La misère est particulièrement perceptible à Addis-Abeba. 
La construction du barrage de la Renaissance est ici bien loin des préoccupations quotidiennes. 33.47

Serkalem est l’une de ces sceptiques. Elle vit au cœur de cette mégalopole.  Depuis quelques jours, elle n’a plus d’eau pour travailler.

34.10.00- Voix 5 
Bonjour, ça va ?  Peux tu me donner de l’eau.  Je voudrais remplir ce jerricane.  Le débit n’est pas trop puissant aujourd’hui.  
Pour ce jerricane, je paie un birr. C’est cher. 
C’est très lourd. En plus, on a un long trajet à faire.  Tu viens, Samy ! Mon bras fatigue.  Allez Samy, aide-moi un peu. Pour toi aussi, c’est lourd ? 

Ce matin,  elle a dû marcher 30 minutes pour aller remplir son bidon. 

35.05.00 - Serkalem
Je n’en peux plus. 

Serkalem a ouvert son salon de coiffure il y a 3 ans. L’activité tourne plutôt bien.  Elle a employé quatre salariés à plein temps. Et pourtant,  la jeune femme mène une vie très modeste dominée par les soucis du quotidien. 
35.29.00 Journaliste
Qu’est qu’il se passe? Y a plus de courant ?
35.05.00 - Serkalem
Oui, Tu as vu ? C’est comme ca ?  Je vais allumer du charbon pour le plat.  On était en train de préparer des macaronis pour le déjeuner.  Mais s’il n’y a plus de courant… Vous voyez, la nourriture n’est même pas cuite. 

Les autorités promettent que le barrage de la Renaissance résoudra ce problème des coupures de courant. Mais ces promesses, Serkalem n’y croit pas. Elle ne comprend pas tout cet élan patriotique autour du chantier. Pour elle, tous les fanatiques du barrage se trompent de priorité. 

36.05.00 - ITV Serkalem dans le salon 
Moi, personnellement, je n’arrive même pas à épargner.  Pour construire ce barrage, ils veulent prendre notre argent.  Moi, je préfèrerais épargner pour ma famille. Notre génération, à priori, ne profitera pas de ce barrage.  Il sera peut-être utile à la génération suivante. Mais à nous il ne nous servira pas à grand chose. 

Live : Je peux avoir du charbon ? 

Si l’Etat me demande d’acheter une obligation de 1 500 birrs, dites-moi où je sors cet argent ?  C’est très dur, la vie est vraiment difficile.  J’aurais préféré qu’ils ne commencent pas ce projet. 

Leur mécontentement peu d’Ethiopiens osent l’exprimer comme Serkalem.  Le régime, le même depuis 25 ans, ne tolère pas la contestation, en témoigne le nombre de journalistes et d’opposants disparus ou emprisonnés de façon arbitraire. 

Le barrage de la Renaissance et son coût exorbitant font partie de ces sujets sensibles.
Le projet doit voir le jour mais l‘argent manque. 
Alors même les paysans les plus pauvres, des campagnes les plus reculées vont devoir participer. 

Pour les convaincre des agents du gouvernement ont été missionnés. 

Nous sommes chez Fentanesh. La cinquantaine, elle est divorcée et a 5 enfants. Pour vivre, elle cultive des céréales et élève quelques bêtes.

38.15.00 - Live Yesachev 
Bonjour, ca va ? 
Bonjour, Bonjour. 

Fentanesh reçoit son visiteur  dans sa maison en terre battue. 

38.27.02 Yazachev
Comment tu vas Fentanesh ?
Fentanesh : Ca va.
Yazachev : Tu es en paix ? 
Fentanesh : Oui, je suis en paix
Yazachev  Comment va le travail ? 
Fentanesh : Ca va. 

Malgré les apparences, il ne s’agit pas d’une visite de courtoisie. Fentanesh a déjà donné de l’argent pour le barrage. Yazachew  est venu la convaincre de contribuer une nouvelle fois. 
Il est aussi venu chercher un soutien au sein du village. Fentanesh est un modèle de réussite. Ses enfants ont tous fait des études. 

38.58.00 - ITV YAZACHEW TILAHUN – 
Tu sais, le Nil, pendant des siècles, il n’a servi à rien pour le pays. Pendant les crues, il emportait les gens et les animaux. Beaucoup de personnes sont mortes à cause du Nil. Grâce au barrage, on va créer des emplois pour les jeunes. Il y a beaucoup de chômage, comme on le sais. Cela va améliorer la situation. 

Dis-moi, toi, qu’est-ce que tu as fait au sujet de ces obligations ? 

Fentanesh
Je n’ai pas encore reçu mon obligation mais j’ai promis 300 BIRR. L’année prochaine, je vais apporter le double. Je veux laisser un héritage à la génération future et je veux que ce barrage voie le jour. 

Fentanesh a une confiance aveugle dans son gouvernement. Elle est persuadée que le barrage aidera les femmes. 

40.02.00 - Sonore Fentanesh  
Pour la prochaine génération, j’espère du fond du cœur que les femmes vont pouvoir faire la cuisine avec l’électricité. Les femmes seront les grandes bénéficiaires, à mon avis, de cette évolution. Elles profiteront de l’irrigation et de l’électricité. Ce seront elles les premières bénéficiaires. 

Son rôle d’ambassadrice du gouvernement, Fentanesh le prend très au sérieux. 
Yazachew l’a conviée à une réunion publique avec les chefs de village. Elle a convaincu ses amies de l’accompagner

41.02.00 - Sonore salle 1 Jean-Pierre
Nous sommes ici tous réunis aujourd’hui pour discuter du financement du barrage de la Grande Renaissance actuellement en construction sur le Nil. 

41.14.19 Yazachev
S’il y en a, parmi vous, qui en ont déjà acheté ou qui souhaitent en acheter, aujourd’hui, une fois de plus, vous pouvez exprimer ce que vous pensez de ce projet de barrage sur le Nil.  Je vous laisse la parole. (erreur)

Oui Fentanesh

Fentanesh est la première à prendre la parole 

41.35.04 - Fentanesh : 
Jusqu’à ce que le barrage soit construit complètement, je m’engage à mobiliser tout le monde. C’est un projet pour les générations futures.  

Témoignage 2 :  Jean-Marc
Moi, avec ce que je possède, j’ai acheté une obligation de 500 Birr. 

Témoignage 3 : ALEXIS
 Moi aussi, j’en ai acheté. J’ai même les obligations dans la main. Jusqu’à la fin de la construction de ce barrage, il ne faut pas hésiter à participer à son financement. Les habitants de notre district ont décidé que, s’il le fallait, on vendrait nos propriétés et même nos vêtements. On doit tous se mobiliser.

La caméra accentue peut-être l’excès de zèle. Mais l’élan patriotique est réel. Et comme à chaque réunion, tout se termine par des slogans à la gloire du barrage

LIVE MAIN EN L’AIR : 
« Le Barrage de la Renaissance ! Le barrage de la Renaissance !  
Par notre propre force, par notre propre force, 
avec notre propre argent,  avec notre propre argent,  
avec notre propre connaissance, avec notre propre connaissance,
en étant indépendant , en étant indépendant.
Nous l’avons commencé, nous l’avons commencé
Et nous le finirons. Et nous le finirons !  
Et nous le finirons. Et nous le finirons !  
Merci» 

A ce jour, l’Etat aurait récolté à peine 10% du budget du barrage.  Yazachew (yazachef) va devoir encore organiser de nombreuses réunions comme celles-ci. 

La course au temps et à l’argent ne sont pas les seuls obstacles sur le chemin du barrage. En amont du chantier, sur plus de 200 kilomètres, toute une zone va disparaître sous les eaux. Elle est aujourd’hui habitée par des milliers de personnes qu’il va falloir déplacer.  

Chesega fait partie de ces villages en sursis.  800 familles d’agriculteurs vivent dans ces huttes traditionnelles. Ce sont en grande partie des Gumuz, une minorité vivant loin du pouvoir central. 

Aujourd’hui, le village reçoit la visite d’un agent du gouvernement. Joseph a été envoyé non pas pour récolter des fonds, mais pour discuter avec la population et lui faire accepter son futur déplacement.  

44.42.01 -  Pull vert – Jean-Marc
Nous aimerions savoir précisément quand le déplacement aura lieu. Nous avons déjà arrêté de construire de nouvelles habitations et certains d’entre nous ont arrêté de cultiver la terre. Je vous en pris ne faîtes pas la même erreur que l’année dernière. Si tout le monde arrête de cultiver, cela risque de provoquer de graves famines.  

45.17.00 Josef :  Bien sûr. Bien sûr.

45.19.00 - Josef
Quand le barrage sera terminé, vous devrez quitter cet endroit pour aller ailleurs parce que l’eau va recouvrir toute cette zone.  Quand on a discuté la dernière fois, je vous ai proposé deux places où vous installer.  Le premier endroit s’appelle Badede. Ce n’est pas notre dernière option. En tant que responsable du district, je pense que c’est une bonne option. Quand le barrage sera terminé vous serez à 30 km du bord du fleuve. 

 46.15 - Pull Rouge  Xavier
Cette option que vous nous proposez semble bonne. De toute façon, je crois que nous n’avons pas le choix. 

46.25.04 - VIEILLE FEMME EN ROSE   - Sabine et CLAIRE
Comment est-ce que je pourrais être heureuse?  L’endroit où ils vont nous déplacer, il n’y a pas de cours d’eau.  C’est mieux de rester ici, à côté du Nil. 

Pour rassurer ces villageois, Josef leur promet une petite compensation financière. Elle sera calculée sur la base des 5 dernières années de récoltes.
Mais surtout pour les convaincre d’abandonner leurs terres et leurs traditions, il leur fait une promesse, bien plus alléchante à ses yeux.

Les gens se posent beaucoup de questions notamment sur l’accès à l’eau potable, à l’électricité, au téléphone. Oui, ils se posent beaucoup de questions.  Là-bas, je leur dis qu’ils vont bénéficier de tout le confort moderne. 

Le confort moderne, une notion encore un peu abstraite, ici

47.32.00 - 
Qu’est-ce que c’est  l’électricité? 
Journaliste: C’est la lumière ?
Déplacée : Hein ? 
Journaliste : C’est la lumière ?
Déplacée : Comment ca la lumière? 
Journaliste : Avec l’électricité tu peux faire beaucoup de choses.  
Déplacée  Hein? 
Journaliste :  Regarder la télévision par exemple  
Déplacée : Ah, regarder la télévision… 
Le district va nous envoyer dans un meilleur endroit.  Mais laissez moi vous poser une question. Nous, on est  agriculteurs.  Dites-moi, ca va nous servir à quoi l’électricité pour nous agriculteur?  

La disparition programmée de leur village signera la fin de leur mode de vie ancestral. 
Pour ces populations, le barrage de la Renaissance est la fin de tout un monde, un énorme sacrifice. 

Parmi ces déplacés, certains n’ont pas attendu que le gouvernement décide de leur sort. C’est le cas de Meskerem. Lorsqu’elle a entendu parler du projet, elle a compris qu’il y avait une opportunité. Fine commerçante, elle y a vu un potentiel et est venu s’installer tout près du chantier.

49 .14.22 - Meskerem 
Au début, j’ai commencé avec 2 000 birrs (80 euros).  J’ai fait des économies. Au bout de deux mois, j’ai pu monter mon restaurant. Avec les bénéfices, on a acheté un générateur. Dans ce village, il n'y a pas d'hôtels. Si des gens viennent visiter la région, il n'y a aucun endroit où dormir. J'aimerais bien monter un hôtel et agrandir le restaurant. Je voudrais combiner toutes ces activités.

J’ai beaucoup appris de ma mère. J'espère que ma fille sera une femme entreprenante. Je veux 
qu'elle termine l'école et qu'elle devienne une femme forte. Je l'aiderai à prendre des responsabilités pour qu'elle ait un futur heureux dans ce pays.

Meskerem fait partie de ces rares Ethiopiennes pour qui le miracle économique a déjà eu lieu. En jeune femme moderne elle a pris son destin en main. En habitante des bords du Nil, elle garde une dévotion à ce fleuve, source de sa nouvelle prospérité. 

SONORE Meskerem
Le début de la construction du barrage m’a rendu tellement heureuse que j’ai donné le nom d’Abay Abebe à mon fils. Abay, parce que c’est le nom que l’on donne au Nil. Et puis Abebe signifie "en éclosion". J'ai choisi ce prénom parce que le Nil nous a apporté plein de bonnes choses. Ce prénom signifie beaucoup de choses, pour moi. Quand il sera grand, on lui racontera d’où vient son prénom et je suis sûre qu’il sera ravi.
 

Réalisation : Anne Laure Cahen

Production : Bambasi Prod, Universcience

Année de production : 2014

Durée : 52min00