Les POM Bio à croquer Diffusé le

Bactéries et infections

Priorité à l'asepsie et ne pas tout miser sur les futures générations d'antibiotiques ! Oublier ce dogme pourrait nous obliger à abandonner la chirurgie lourde, nous explique le microbiologiste Patrice Nordmann, du service de bactériologie-virologie-parasitologie à l'hôpital de Bicêtre. Un épisode de la série "POM Bio à croquer".

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Inserm, CNDP, Picta productions

Année de production : 2013

Durée : 5min07

Accessibilité : sous-titres français

Bactéries et infections

Bactéries et Infections

Voix : Une bactérie c’est un être unicellulaire et autonome. Les bactéries se répliquent de générations en générations de façon identique sauf dans certains cas où elles peuvent perdre leur matériel génétique ou en acquérir. Il y a des bactéries qui font partie de ce qu’on appelle la flore normale de l’organisme humain. Ce sont les bactéries qui sont dans le tube digestif, qui sont au niveau de la peau notamment, et ces bactéries ont un rôle d’effet barrière. C’est-à-dire qu’elles évitent que les bactéries responsable d’infections s’y implantent. Les plus courantes sont les infections cutanées, les infections cutanées osseuses, les infections pulmonaires, les infections urinaires, les infections digestives.

Face aux infections bactériennes il y a deux stratégies. Il y a la vaccination et l’antibiothérapie. La vaccination concerne un tout petit nombre de bactéries. Donc la deuxième stratégie qui a été développé c’est de détruire ces bactéries par des antibiotiques.

Il y a toujours un petit nombre de bactéries qui sont résistantes à l’antibiotique même quand il est totalement nouveau. Et ces bactéries résistantes qui ont été sélectionnées par l’usage importante et massive de ces antibiotiques dans le monde. Pour l’instant les résistances concernent beaucoup plus les bactéries hospitalières que les bactéries dites de ville. Ce sont des bactéries que l’on peut acquérir à l’hôpital ou bien qui sont présentent chez l’individu et quand il est hospitalisé du fait de son immunodépression elles s’y développent. Le développement de ses bactéries résistantes notamment en milieu hospitalier risque de compromettre tout un pan de la médecine moderne, la chirurgie lourde, la réanimation, les transplantations. On peut craindre que si il n’y a pas le développement de nouveaux antibiotiques il y ai tout un pan de la médecine qui ne se fera plus.

Il est certain que les perspectives de développement à trois à cinq ans ou dix ans de nouveaux antibiotiques sont assez limités. Pourquoi, parce que les investissements ont été peu fait dans ce domaine là pour plusieurs raisons. La rentabilité de cette recherche peut apparaitre limitée. Un industriel fait cinq à dix ans de développement d’une nouvelle molécule. Quand elle est mise sur le marché, deux trois obstacles. Le premier : quel est l’état de résistance aux antibiotiques qui ont évolués en dix ans ? Est-ce que la molécule sur laquelle il a travaillé est déjà pas inactive ? Deuxièmement : est-ce que le monde médical ne va pas limiter de façon drastique l’utilisation de cette nouvelle molécule et donc empêcher l’utilisation importante de cet antibiotique et pour l’industriel d’avoir un retour sur investissement. Et puis enfin il y a une chose très importante, ce n’est pas parce que l’on décide de travailler sur la résistance antibiotique que l’on trouve de nouveaux antibiotiques.

Toute idée, actuellement  est quand même dans le milieu hospitalier d’éviter la dissémination  de ces bactéries multi-résistantes pour gagner du temps en attendant qu’il y ai des nouveaux antibiotiques sur le marché. Et en temps que médecin l’un de nos premiers rôles c’est quand un patient est hospitalisé, d’éviter qu’il se contamine avec la bactérie résistante de son voisin.

Le message de prévention de la résistance aux antibiotiques il est le suivant ; premièrement, on se lave les mains, on se lave les mains, on se lave les mains, on se lave les mains. Premier message. Deuxième message, on utilise les antibiotiques à bon escient. Sur prescription médicale et quand on vous propose cinq jours de traitement. Même si on va mieux au troisième jours, on continue jusqu’au cinquième jours pour éviter la sélection de bactéries résistantes. Voilà les deux éléments clés de cette affaire.

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Inserm, CNDP, Picta productions

Année de production : 2013

Durée : 5min07

Accessibilité : sous-titres français