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Comprendre la santé des populations / Antoine Flahault

Les raisons qui font qu’une personne est en bonne santé ou pas dépendent de multiples facteurs : biologiques, sociaux, environnementaux... Statistiquement, nous sommes plus enclins à être victimes de maladies en appartenant aux catégories pauvres de la société, et à être en meilleure santé si l’on a fait des études longues. Alors comment agir pour améliorer la santé des populations ? L'épidémiologiste Antoine Flahault, ancien directeur de l’École des hautes études en santé publique de Rennes, esquisse quelques pistes de réflexion.

Un épisode de la série « Corpus ».

Pour en savoir plus sur le corps humain : le site Corpus.

corpus

Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience, Canopé-CNDP, MGEN, Inserm, Educagri

Année de production : 2014

Durée : 2min11

Accessibilité : sous-titres français

Comprendre la santé des populations / Antoine Flahault

Antoine Flahault
Épidémiologiste

-La santé de la population a des déterminants dont on ne suspecte pas toujours qu'ils sont loin d'être uniquement médicaux. L'un des plus grands déterminants de la santé, c'est la richesse, la pauvreté.

Si vous êtes pauvre, vous avez des facteurs de risque pour presque toutes les maladies.

Les pauvres sont plus souvent obèses, sont plus souvent des fumeurs.

Ils ont plus souvent des maladies infectieuses, des cancers, de l'hypertension artérielle.

Et ils se traitent moins facilement car ils ont moins d'accès aux soins.

Je ne parle pas que de notre pays.

Vous pouvez imaginer que plus vous êtes dans des pays où les inégalités sociales sont importantes, plus vous aurez des disparités de santé importantes.

Donc, la question de la réduction de la pauvreté est au centre de la prévention des nouvelles maladies.

Si vous me dites : "Comment faire pour éviter qu'il y ait trop de conséquences des maladies ?

Comment faire pour améliorer la santé de la population ?" Certains ont proposé d'augmenter le niveau de richesse de la population.

D'autres disent que le niveau d'éducation est très important.

Certains ont observé, avec des études épidémiologiques comparatives, que le fait d'avoir un niveau master à l'université est plus efficace que la plupart des traitements contre le diabète, une maladie qui fait qu'on a trop de sucre dans le sang.

Des médicaments existent, mais le meilleur, c'est d'avoir un master.

Bien sûr, le master ne prévient pas le diabète.

Mais parce que vous avez un niveau d'éducation plus élevé, vous avez plus de chances d'avoir des revenus supérieurs, mais aussi une meilleure compréhension des facteurs comportementaux qui peuvent prévenir les maladies.

Ou bien vous avez plus facilement accès aux soins, vous adhérez mieux aux traitements, car vous les comprenez mieux.

Donc, beaucoup de déterminants sociaux ne sont pas directement médicaux.

La structure médicale, l'infrastructure hospitalière ou les médecins de ville jouent un rôle important.

On a parlé des vaccins, on peut parler des médicaments, des dépistages.

Il y a tout un dispositif médical grâce aux progrès de la médecine, mais il y a beaucoup de facteurs sociaux, environnementaux.

Le fait d'avoir des routes goudronnées et de pouvoir se déplacer rapidement, y compris pour aller travailler, est très important. Les conditions socioprofessionnelles comptent.

Aujourd'hui, en France, l'espérance de vie d'un ouvrier est de six ans inférieure à celle d'un cadre.

Donc, certains métiers ont un impact sur la santé.

C'est autour de ces déterminants, et non pas avec le seul déterminant médical, que l'on peut améliorer la santé des populations.

Réalisation : Roland Cros

Production : Universcience, Canopé-CNDP, MGEN, Inserm, Educagri

Année de production : 2014

Durée : 2min11

Accessibilité : sous-titres français