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Une cornée imprimée en 3D

Une momie égyptienne au contenu surprenant, le ralentissement des cyclones tropicaux, une petite révolution dans le monde des Bernard-l'hermite et une cornée imprimée en 3D : 4 sujets d'actualité scientifique présentés à la Cité des sciences et de l'industrie par Yseult Berger de la rédaction de Science Actualités.

Réalisation : Delphine Bonnart , Véronique Marsollier

Production : Universcience

Année de production : 2018

Durée : 6min48

Accessibilité : sous-titres français

Une cornée imprimée en 3D

Bonjour, bienvenue à la cité des sciences et de l’industrie pour un tour de l’actualité scientifique, cette semaine on vous parlera :

  • D’une momie égyptienne au contenu surprenant
  • Du ralentissement des cyclones tropicaux
  • Ou encore d’une petite révolution dans le monde des bernardl’ermitte

Une cornée imprimée en 3d

Mais commençons avec une innovation médicale : l’impression 3d s’ouvre désormais à la chirurgie ophtalmique. Une équipe britannique vient tout juste de parvenir à imprimer la première cornée humaine ! Une avancée qui pourrait bien combler le manque de dons d’organes.

La cornée est un élément essentiel de l’œil : c’est la première lentille que traverse la lumière avant d’atteindre la rétine. Face a plusieurs pathologies touchant cet organe – comme le kératocône, par exemple –, seule une greffe de cornée peut permettre aux patients de recouvrer la vue. Mais les dons d’organes restent à ce jour insuffisants.

Pour pallier ce manque, une équipe de l’université de Newcastle, au Royaume-Uni, propose de fabriquer en moins de 10 minutes une cornée à partir d’une imprimante 3d tout à fait ordinaire.

Pour ce faire, les chercheurs ont mis au point une « encre » un peu spéciale, constituee d’alginate (un compose issu des algues) et de collagène (l’un des principaux constituant de la peau). Ils ont ensuite inclus dans ce gel des cellules de cornée issues d’un donneur sain ; l’ensemble devant être suffisamment fluide pour pouvoir passer dans l’imprimante, mais pas trop non plus pour que la cornée garde sa forme.

Les premiers essais en laboratoire sont plutôt encourageants. Une semaine après l’impression, la cornée test était toujours opérationnelle et 83 % des cellules étaient toujours vivantes. De nombreux travaux seront néanmoins nécessaires avant de pouvoir greffer ces cornées chez l’homme. En attendant, le don d’organe demeure la seule solution pour les patients nécessitant une greffe.

Sources

Credits

  • Newcastle universite, uk

Mauvaise nouvelle : les cyclones tropicaux ralentissent

Les cyclones tropicaux - aussi appelés ouragans et typhons – ralentissent. Et ce n’est pas du tout une bonne nouvelle, car avec un déplacement plus lent, ils restent plus longtemps au même endroit, et provoquent localement plus de dégâts... Explications.

Une étude américaine issue des centres nationaux pour l’information environnementale, publiée dans la revue nature, démontre que la vitesse de déplacement des cyclones tropicaux a globalement ralenti de 10% entre 1949 et 2016.

On observe ce ralentissement du déplacement, à ne pas confondre avec la vitesse des vents au sein du cyclone, a lieu dans les deux hémisphères, ainsi que dans tous les bassins océaniques, a l'exception du nord de l'océan indien. C’est la région de l'ouest du pacifique nord qui a connu le plus grand ralentissement de ses cyclones tropicaux, avec une vitesse 20 % moins élevée en moyenne.

Ce ralentissement rend les cyclones beaucoup plus dangereux. A l’instar de l’ouragan Harvey, qui, en plus d’avoir soufflé des rafales de 215 km/h, a énormément stagné au-dessus du Texas fin aout 2017. Résultat : des inondations dévastatrices. Pus d’1m 20 de pluie s’est déversé sur Houston et ses environs, pendant cinq jours d’intense tempête.

L’études insiste bien sur l’aggravation des risques d’inondation dans le futur, car la lenteur des cyclones se combine avec l’augmentation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère due au réchauffement climatique. Toujours selon cette équipe, un ralentissement de 10% des cyclones tropicaux associé à un réchauffement global de 1° par rapport à 1949, pourrait produire jusqu’à 2 fois plus de précipitations.

Crédits : nasa – noaa – youtube

Le mystère de la momie faucon (résolu)

Considérée comme un oiseau momifié depuis sa découverte au début du 20e siècle, une petite momie égyptienne conservée dans la section des momies animales d’un muséum anglais, cachait en réalité les restes d’un fœtus humain…

 

À l’instar des hommes, de nombreux animaux ont été embaumes par les égyptiens. Mais en 2016 une campagne de numérisation des collections égyptiennes du musée de Maidstone au Royaume-Uni révèle le contenu inattendu d’un cartonnage à l’effigie d’un faucon, daté de 2100 av. J.-C. Il s’agit, non pas d’un oiseau comme l’imaginaient les experts, mais d’un fœtus humain !

Pour obtenir plus de détails sans risquer d’endommager la petite momie, une tomodensitométrie a très haute résolution a été entreprise. Une équipe interdisciplinaire d’une douzaine de spécialistes s’est chargée d’examiner et d’interpréter les images. Et leur surprise fut de taille.

Les cliches obtenus montrent des orteils et des doigts bien développes, mais un crâne avec de graves malformations. Les chercheurs établissent que le fœtus de sexe masculin, mort-né entre 23 et 28 semaines de gestation, n’avait probablement pas de cerveau. Il s’agit très probablement d’une malformation congénitale du système nerveux central : l’anencéphalie.

Dans l'Égypte ancienne, il était rare d’embaumer les fœtus. Ils étaient plutôt enterrés dans des pots, le plus souvent sous les planchers des maisons. A ce jour, les archéologues n’ont recensé que huit fœtus momifiés, et la petite momie du musée de Maidstone est seulement la deuxième momie anencéphale jamais découverte, l’autre ayant été décrite en 1826.

Des Bernard-l’ermitte qui sortent couverts

Vous connaissez certainement le bernard l’ermitte, ce petit crustacé qui trouve refuge dans les coquilles abandonnées. Mais vous allez maintenant découvrir que certains d’entre eux utilisent carrément des anémones vivantes en guise de carapace !

 (photos de bernard-l’ermite) contrairement aux autres bernard-l’ermite, qui s’abritent dans des coquilles vides de gastropodes, l’espèce paguropsis typica enveloppe son corps mou dans une anémone de mer qu’elle étire sur son corps comme une couverture, parfois jusque sur sa tête (photos « à couverture »). D’où son petit nom de bernard-l’ermite « a couverture ».

(images hms challenger + image oo_198579+ image oo_198580+ image oo_198581+ image oo_198582) on croyait ce comportement plutôt isolé depuis sa description par jr Henderson, en 1888, a l’occasion de l’expédition pionnière de la corvette britannique hms challenger.

(images espèces détails) mais une vaste études menée par trois chercheurs américain, japonais et indonésien montre que, en réalité, il existe au moins cinq espèces au sein du genre paguropsis. Cette études puise notamment dans le matériel rapporte par des expéditions françaises d’exploration de la biodiversité dans le pacifique depuis les années 1990. Les spécimens ainsi récoltes ont été systématiquement décrits, analysés et comparés a ceux déposés dans plusieurs musées d’Europe, d’Asie et d’Afrique (capture d’écran ou page 20 zk_article_23712.pdf).

Ces bernard-l’ermite se distinguent des autres pagures par certaines caractéristiques anatomiques, comme la forme de la quatrième paire de pattes, utile pour agripper et étirer le corps gélatineux de l’anémone. Mais vous n’en croiserait pas lors de vos prochaines vacances, à moins que vous n’alliez visiter les eaux chaudes du bassin indopacifique, entre 30 et 1125 mètres de fond.

Voilà ce journal est terminé, à la semaine prochaine !

Réalisation : Delphine Bonnart , Véronique Marsollier

Production : Universcience

Année de production : 2018

Durée : 6min48

Accessibilité : sous-titres français