Vivre avec la drépanocytose Publié le

Une maladie perçue comme une malédiction

En Afrique, la drépanocytose, souvent associée à la sorcellerie ou à la malédiction, entraîne une stigmatisation des malades considérés comme des enfants maudits. Un imaginaire collectif sur lequel intervient la chercheuse Doris Bonnet, anthropologue africaniste, spécialiste de la famille à l’IRD de Paris.
Un épisode de la série « La drépanocytose, une maladie du sang ».
drepanocytose

Réalisation : Matthieu Pradinaud

Production : BCI Communication, en partenariat avec Universcience, l'Inserm, ARS Guadeloupe, l'IRD et France Télévisions

Année de production : 2018

Durée : 3min01

Accessibilité : sous-titres français

Une maladie perçue comme une malédiction

"Une maladie perçue comme une malédiction" 

Narrateur.
-Paris, faculté de médecine René-Descartes.
Doris Bonnet est anthropologue, rattachée à l'Institut de recherche pour le développement, l'IRD.
Chercheur émérite, elle a étudié à travers toute l'Afrique l'anthropologie de l'enfance et de la maladie.
Doris Bonnet, anthropologue, IRD Paris.
-L'enfant drépanocytaire, généralement, il est associé à un risque de mort.
Donc, les gens, les familles, soit vont avoir une attitude de rejet, soit vont le protéger et le cacher.
Narrateur.
-À Kinshasa, au Congo, les enfants drépanocytaires sont associés à la malédiction.
Les phénomènes de rejet et d'abandon sont importants.
Au centre hospitalier de Kingasani, les familles d'enfants drépanocytaires viennent pour leurs soins.
Joseph, enfant drépanocytaire.
-Je m'appelle Joseph.
Moi, je suis anémique, Si je fais une crise à la maison, on m'amène ici pour me donner les médicaments pour la calmer.
Narrateur.
-Agnès, la mère de Joseph, élève également Brady, son petit-fils, lui aussi drépanocytaire.
Considéré comme maudit, il a été abandonné par sa mère.
Agnès, mère de Joseph et grand-mère de Brady.
-Son papa est déjà mort.
Je suis restée avec lui.
Et puis, sa maman l'a refusé.
On a fait l'examen et on a confirmé qu'il est SS.
Je prends soin de lui, comme de Joseph.
Je ne peux pas croire que ce soit de la sorcellerie parce que ma sœur a deux enfants anémiques.
Ma maman aussi était AS.
Je ne crois pas que ce soit de la sorcellerie.
Narrateur.
-Doris Bonnet a étudié les liens étroits entre maladie et malédiction.
Elle a observé ces croyances dans toute l'Afrique.
Doris Bonnet, anthropologue, IRD Paris.
-Les gens interprètent leurs douleurs en termes surnaturels.
Donc, on va penser que ce sont des problèmes de sorcellerie, de malédiction, d'ancêtres qui punissent.
Il y a une faute qui a été commise à une époque ancestrale, qui n'a pas été réparée.
Et de fait, elle se transmet de génération en génération par des douleurs et des enfants qui meurent à la naissance.
C'est surtout dans la reproduction de la famille que le problème se pose.
Narrateur.
-En Afrique, les croyances maléfiques sont souvent dues à une méconnaissance de la drépanocytose.
Les informations que transmettent les médecins et infirmières permettent, petit à petit, de faire évoluer la perception de cette maladie.

La Drépanocytose, une maladie du sang

 

Réalisation : Matthieu Pradinaud

Production : BCI Communication, en partenariat avec Universcience, l'Inserm, ARS Guadeloupe, l'IRD et France Télévisions

Année de production : 2018

Durée : 3min01

Accessibilité : sous-titres français