Des ailes pour la science Diffusé le

Chili, l'or bleu venu du ciel

Au nord de Santiago, la capitale chilienne, les deux aventuriers Clémentine et Adrien nous font découvrir les dispositifs qui permettent aux paysans de cette région aride de récolter de l'eau douce pour cultiver leurs terres.

Un épisode dela série "Des ailes pour la science". 

Réalisation : Clémentine Bacri , Adrien Normier , Samy El Hourch

Production : Universcience, Gédéon Programmes, CNDP, ORA

Année de production : 2013

Durée : 7min54

Accessibilité : sous-titres français

Chili, l'or bleu venu du ciel

- Moi, c'est Clémentine - Moi, c'est Adrien - On est tous les deux passionnés d'aviation. - Et aussi de voyage ! - On a décidé de parcourir la planète... - Pour mieux la comprendre et essayer de nous rendre utiles. - Nous voilà donc embarqués dans un tour du monde en 14 mois, à bord de notre avion ultra-léger. L'objectif : rencontrer des scientifiques aux quatre coins du globe, participer à leurs recherches sur le terrain et leur apporter un appui aérien. Aujourd'hui, nous nous envolons pour le Chili, sur la côte ouest de l'Amérique Latine, direction Santiago, la capitale du pays. Nous allons prêter main-forte aux membres de l'association Fog Quest. Leur mission : favoriser l'accès à l'eau pour les populations isolées. - Alors on attend Fernanda, qui travaille à Fog Quest, et qui va nous expliquer comment son ONG a mis en place des systèmes pour capturer l'eau pour aider les cultivateurs qui manquent d'eau potable. Au Chili, comme dans de nombreuses régions arides du monde, l'eau douce est une ressource rare et précieuse. Dans les villages reculés, la pénurie guette les habitants plusieurs mois par an. C'est ce que nous constatons lorsque Fernanda nous présente Alex, un paysan vivant avec sa famille à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Santiago. - Un camion municipal vient tous les quinze jours depuis la ville d'Aljibe pour apporter mille litres d'eau à toute la communauté. Ici, il y a à peu près de dix ou douze maisons, et on doit survivre avec ces 1 000 litres. On doit à la fois boire, se laver, cuisiner... On doit vraiment se rationner car on ne peut pas avoir une goutte de plus. Il y a quelques années, par le biais de Fog Quest, Fernanda est venue en aide à Alex et sa communauté. Elle a installé un dispositif étonnant : un filet attrape-brouillard. Ici, sur les hauts plateaux chiliens, un brouillard dense recouvre en effet les terres plusieurs mois par an. Un brouillard créé par l'évaporation des eaux chaudes de l'Océan Pacifique situé à quelques kilomètres de là. Un simple filet de maille fine permet alors de capturer cette abondante vapeur d'eau douce. Les gouttelettes poussées par le vent se condensent puis ruissellent jusqu'à un réservoir. Quand les filets sont correctement placés et font face aux vents dominants, ils peuvent capter jusqu'à 25 litres d'eau douce par mètre carré et par jour. Une technique simple mais particulièrement efficace. Sur son terrain, Alex ne possède qu'un seul filet, auquel il a ajouté un système rudimentaire de récupération d'eau de pluie. Et grâce à ces méthodes, il a pu planter quelques arbres, quelques légumes, et se constituer un véritable jardin potager qu'il arrose régulièrement. - Regardez, comme vous pouvez le constater, on se trouve dans un petit potager. Avant, tout ceci ressemblait au paysage extérieur. Tout était sec, dur comme de la roche. Nous avons alors planté des arbres et nous avons pu les arroser tous les jours. Ils ont grandi d'un coup, et maintenant ils nous donnent des fruits que nous ne sommes pas obligés d'acheter. Les filets attrape-brouillard se multiplient en Amérique du Sud et font aussi leurs preuves à travers le monde. Mais pour que leur efficacité soit totale, ils doivent être entretenus régulièrement. L'implication des villageois, qui en bénéficient, est donc indispensable. - Le filet attrape-brouillard est une technologie qui doit être manipulée avec soin par les populations pour que les familles en bénéficient encore longtemps. C'est une technologie qui requiert beaucoup de précautions car ces dispositifs sont régulièrement exposés aux vents et les filets doivent être tendus à différentes occasions. S'il n'est pas considéré comme quelque chose de réellement bénéfique par les populations locales, cela ne va pas fonctionner. Si, en revanche, elles souhaitent s'en occuper et s'impliquer, le projet sera un succès. Il est maintenant temps de débuter notre mission, direction l'aéroport. Depuis le ciel, nous allons aider Fernanda à identifier de nouvelles zones susceptibles d'accueillir des filets attrape-brouillard. Sur le GPS, elle indique à Adrien les endroits qui l'intéressent le plus. - J'aimerais qu'on aille sur la commune de Nabilad repérer des maisons situées à une altitude de 200 mètres environ, qui font face à la mer, et que le brouillard pourrait atteindre. Nous lui prêtons notre appareil photo équipé d'un dispositif de géolocalisation. Fernanda pourra ainsi connaître la position exacte des sites photographiés depuis le ciel. Nous mettons le cap vers cette région côtière où les nuages recouvrent régulièrement le sommet des montagnes. Fernanda tente de localiser des habitations isolées, des maisons situées à l'écart de toute forêt car les arbres font obstacle au passage du brouillard. Après plusieurs minutes de survol, nous repérons enfin des lieux semblant correspondre aux critères recherchés. Il reste encore beaucoup de travail à Fernanda pour analyser toutes ces images et identifier les endroits les plus favorables à l'installation de nouveaux filets. Mais il est temps pour nous de la quitter. Nous nous envolons vers notre nouvelle mission en espérant que bientôt, d'autres familles chiliennes profiteront elles aussi de la précieuse eau douce venue du brouillard.

Réalisation : Clémentine Bacri , Adrien Normier , Samy El Hourch

Production : Universcience, Gédéon Programmes, CNDP, ORA

Année de production : 2013

Durée : 7min54

Accessibilité : sous-titres français