Des ailes pour la science Diffusé le

Indonésie, l'archipel aux mille volcans

En Indonésie, Clémentine Bacri et Adrien Normier vont à la rencontre du volcanologue Philipson Bani (IRD) pour une mission de numérisation du volcan Papandayan. Mais avant de prendre des photos depuis l'avion, Philipson entraine Clémentine sur les pentes du volcan.

Un épisode de la série "Des ailes pour la science".

Réalisation : Clémentine Bacri , Adrien Normier , Samy El Hourch

Production : Universcience, Gédéon Programmes, CNDP, ORA

Année de production : 2013

Durée : 9min31

Accessibilité : sous-titres français

Indonésie, l'archipel aux mille volcans

- Moi, c'est Clémentine - Moi, c'est Adrien - On est tous les deux passionnés d'aviation. - Et aussi de voyage ! - On a décidé de parcourir la planète... - Pour mieux la comprendre et essayer de nous rendre utiles. - Nous voilà donc embarqués dans un tour du monde en 14 mois, à bord de notre avion ultra-léger L'objectif : rencontrer des scientifiques aux quatre coins du globe, participer à leurs recherches sur le terrain et leur apporter un appui aérien. Nous voici à présent au coeur de l'archipel indonésien. Nous avons rendez-vous à Bandung à l'ouest de l'île de Java. L’Indonésie s'étend sur plus de 5 000 km. Elle est constituée d'environ 17 000 îles, ce qui en fait le plus grand archipel au monde. Situé au niveau de la convergence des plaques eurasienne, australienne et pacifique, le pays est soumis à une très vive activité volcanique. 150 volcans actifs sont disposés le long de ce chapelet d'îles. Leurs éruptions peuvent parfois être dévastatrices et faire de nombreuses victimes. Nous allons justement essayer d'approcher ces volcans, afin de pouvoir les étudier. J'ai rendez vous avec le volcanologue Philipson Bani, qui travaille sur le Papandayan qui est un volcan actif juste à côté. On a rendez vous ici avec lui où il a accepté que je l'accompagne pendant qu'il va faire ses mesures. Ça doit être eux ! - Bonjour - Bonjour - Clémentine - Philpson Après deux heures de 4x4 à travers l'arrière-pays javanais nous arrivons à destination. Juste devant nous, se dresse le volcan Papandayan qui culmine à 2 665 m. - Alors je connais ce volcan. Je l'ai visité pour la première fois en 2011. Depuis 2011, ce volcan est toujours au niveau 2. Ça veut dire qu'il y a eu des événements qui montrent qu'il est plus actif que le niveau normal. La plus violente éruption du Papandayan date de 1772. Une avalanche de pierres avait alors détruit plusieurs villages et fait près de 3 000 victimes. Depuis, les colères du volcan se sont faites moins intenses. Mais les volcanologues indonésiens continuent de le surveiller de près. Heureusement qu'on arrive, parce que je commence à fatiguer un peu. Et puis ça se rafraîchit en fait, là. - Bienvenue sur Papandayan - C'est super impressionnant - Là, on est dans le cratère ? - Eh oui. On a un accès ici par le bas qui est complètement ouvert. Le volcan a fait une ouverture de ce côté là et voilà, on est carrément dedans. - Là, ça fume de partout ! - Ça fume de ce côté là, et puis là. Il y a donc deux zones principales, ici et l'autre là-bas. Nous admirons le spectacle ininterrompu des fumerolles qui dansent sous nos yeux. Elles surgissent de toutes parts depuis les profondeurs de la terre et emplissent l'atmosphère d'une forte odeur de soufre. Le soufre, c'est justement ce que Philipson est venu chercher au coeur du cratère. Ou plus précisément le dioxyde de soufre ou SO2. Ce gaz, dégagé par les fumerolles, est en effet un excellent indicateur de l'activité volcanique. Pour mesurer sa concentration, le chercheur utilise un appareil bien particulier... Le DOAS. il s'agit en fait d'un spectromètre qui mesure la quantité de lumière absorbée par les particules de soufre dans les fumées. - On utilise la source UV. Eh bien la source ultraviolet disponible, c'est le soleil. L'idée, c'est d'avoir la source, le panache (de fumée) et le spectromètre. Le soleil, la lumière, passe à travers le panache. Et ensuite, s'il y a du SO2 dans le panache, il va absorber cette partie de la lumière. Et il va laisser sa trace dans le spectre que tu vas enregistrer avec le spectromètre. Relié à un ordinateur, le DOAS permet ainsi d'enregistrer en temps réel les émissions du Papandayan. En Indonésie, cette méthode d'analyse n'est pas toujours possible car certains volcans restent difficiles d'accès. C'est le cas du Krakatoa, le plus célèbre volcan de l'archipel mais aussi l'un des plus actifs. Situé au beau milieu de la mer, à quelques centaines de kilomètres de là, il n'a jusqu'à présent jamais fait l'objet de mesures de dioxyde de soufre. Nous commençons à comprendre le but de notre mission. - Votre avion peut faire des trucs incroyables, si j'ai bien compris. Donc il peut voler assez bas, comme assez haut. L'idée c'est d'embarquer le spectromètre, le DOAS, et de voler sous le panache. - Es-tu prête ? - Je suis prête ! Après avoir fixé le DOAS sur le toit de notre avion, nous nous envolons en direction du Krakatoa. Vu d'en haut, le spectacle est grandiose. Le volcan est encore très actif. Au cours des 10 dernières années, 15 éruptions ont été enregistrées. Mais celle du 27 août 1883 reste une des plus violentes jamais observées. En moins de 48 h, des centaines de villages sont détruits et plus de 36 000 personnes trouvent la mort. Nous naviguons désormais autour du panache de fumée pour en mesurer le taux de dioxyde de soufre. Nous en profitons également pour réaliser une série de photos du majestueux Krakatoa. Ces clichés serviront ensuite à modéliser le volcan en 3 D dans ses moindres détails. Quand nous pensons avoir récolté les informations nécessaires, nous retournons sur Bandung montrer les résultats à Philipson. Les résultats montrent à première vue que le Krakatoa dégage une très grande quantité de dioxyde de soufre. Plus de 180 tonnes de molécules de SO2 seraient rejetées quotidiennement dans l'atmosphère. La modélisation, quant à elle, permettra aux volcanologues d'explorer les flancs du volcan dans toutes les directions, d'analyser les trajectoires des coulées de lave et de suivre l'évolution précise de sa topographie. Philipson pense que ces travaux relanceront l'intérêt des scientifiques pour le Krakatoa. Ce qui lui permettra peut-être d'effectuer d'autres mesures. Merci beaucoup. Et bon vent pour la suite. Et j'espère qu'on se reverra avec d'autres données, peut-être sur d'autres volcans ! Avec plaisir ! Nous reviendrons sûrement ici un jour, survoler d'autres volcans peu étudiés. Mais pour l'heure, il est temps de quitter l’Indonésie et de nous envoler vers de nouvelles contrées.

Réalisation : Clémentine Bacri , Adrien Normier , Samy El Hourch

Production : Universcience, Gédéon Programmes, CNDP, ORA

Année de production : 2013

Durée : 9min31

Accessibilité : sous-titres français