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Le nutritionniste qui veille sur les arachides

Le jeune docteur Ameth Diagne a soutenu la première thèse de doctorat sur les nanotechnologies au Sénégal. Il utilise des nanoparticules d’argent et de silice pour protéger les récoltes d’arachide contre les insectes ravageurs et la prolifération microbienne (dans les champs et dans les espaces de stockage). Cela permet par exemple d’éviter des impacts sur la santé des consommateurs mais aussi que les marchandises entrent dans les normes pour pouvoir être exportées à l’étranger.

Réalisation : Fatima Rassoul Beye

Production : Fablab Channel, IRD, Universcience

Année de production : 2021

Durée : 3min57

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français

Le nutritionniste qui veille sur les arachides

Sénégal - Nanoparticules “Après les récoltes nous avons du mal à les conserver car l’arachide se détériore très vite. Il y a un insecte qui détruit les récoltes.” Hello ! Je suis Fatima, au Sénégal. Aujourd’hui je vais tenter d’éclaircir un grand mystère : le Sénégal produit énormément d’arachides. Mais pour une raison ou pour une autre, par endroits, près de 80% de la production se perd en moins de 4 mois de stockage ! Comme si elles disparaissaient mystérieusement avant d’aller vers le marché. je vais aujourd’hui à la rencontre d’un docteur qui, à travers ses recherches, a trouvé une éventuelle solution à ce problème. Le contexte de cette étude c’est que l’arachide, qui est la principale production agricole du pays, est souvent attaquée par l’insecte ravageur Caryedon serratus. Les conséquences, en général, sont des pertes très importantes, et des cas de cancers du foie estimés entre 1000 et 1500 personnes par an au Sénégal. Le docteur Diagne travaille avec des nanoparticules d’argent et de silice. Une nanoparticule c’est une portion minuscule d’une matière, de fer ou d’argile, par exemple. Il y a à peu près la même différence de taille entre la Terre et une orange qu’entre un humain et une nanoparticule. Il s'agit d’une part d’élaborer des nanoparticules de silice insecticides, pour traiter les récoltes d’arachides. Et d’autre part un revêtement nanocomposite antimicrobien, pour le traitement des surfaces de stockage. Pour cela on a dispersé des nanoparticules d’argent dans un substrat, pour constituer le revêtement nanocomposite. On a fait un premier test sur les morceaux de sac de stockage en polypropylène qui sont très utilisés par les paysans sénégalais pour stocker les récoltes d’arachide. Résultat : les morceaux de sac enduits de nanoparticules résistent aux champignons. Rien à voir avec les sacs “témoins”, ceux qui n’ont pas été traités. Eh oui, les nanoparticules semblent magiques mais le problème c’est qu’elles sont tellement minuscules qu'elles peuvent facilement s’infiltrer par les barrières de la peau ou des organes. Et qu’on ne sait pas exactement quel impact elles peuvent avoir une fois à l'intérieur. Est-ce qu’il n’y a pas de problèmes en termes de coût et de technologie ? En termes de coût, on a pu optimiser les nanoparticules et donc je pense que le coût peut être supporté par le paysan. Maintenant, concernant l’aspect technique, évidemment il y a le fait qu’on n’a pas de microscopie électronique au Sénégal pour caractériser les nanomatériaux. Et là vraiment c’est une limite, carrément. Ce qui fait qu’on est obligé, à chaque fois, d’envoyer nos échantillons en Europe pour les caractériser. Améliorer la production et l'exportation des arachides du Sénégal, c’est un impact concret de ces recherches. Si cette vidéo vous a plu, n’hésitez pas à aller en regarder plus sur la chaîne youtube des haut-parleurs et moi je vous dis : à très bientôt !

Réalisation : Fatima Rassoul Beye

Production : Fablab Channel, IRD, Universcience

Année de production : 2021

Durée : 3min57

Accessibilité : sous-titres anglais, sous-titres français