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Partir en fumée ?

Pour arrêter de fumer, une femme choisit l’hypnose. Le traitement se révèle d’une efficacité… excessive ? Le récit doux-amer de Jean-Marc Benhaiem, son thérapeute. Jean-Marc Benhaiem est médecin, directeur du diplôme universitaire d’hypnose médicale à La Pitié-Salpêtrière.

Réalisation : Caroline Ando , Barbara Vignaux

Production : Universcience

Année de production : 2019

Durée : 3min10

Accessibilité : sous-titres français

Partir en fumée ?

Bizarre ? Bizarre ! Jean-Marc Benhaiem - Partir en fumée ?

Bonjour, je suis Jean-Marc Benhaiem. Je suis médecin et je pratique l’hypnose depuis de nombreuses années. Et j’ai bien envie de vous parler de certains aspects de l’hypnose qui sont tout à fait étonnants. Je pense à un cas clinique qui est arrivé il y a quelques années. Une jeune femme consulte pour arrêter de fumer. Alors je lui propose de s’installer dans le fauteuil et de ressentir le tabac par exemple - cela aurait pu être une autre drogue, bien sûr - comme une souffrance, comme quelque chose qui la blesse.  Donc elle s’installe et elle fait une expérience de vivre avec son corps. Puisque le changement d’état c’est de ressentir le corps, c’est de faire exister le corps. Et elle commence à ressentir sa bouche, ses bronches, ses poumons. Et puis comme elle m’avait un peu parlé de certaines difficultés qu’elle avait dans sa vie personnelle, alors je me suis dit peut-être qu’on pourrait rajouter quelques propositions sans m’en dire davantage. Et je dis : « Très bien, maintenant, vous allez pouvoir relâcher plusieurs éléments qui vous font souffrir : la plante vénéneuse bien entendu, mais peut-être plus si vous êtes d’accord. Voyez s’il y a d’autres éléments qui vous font souffrir, qui vous blessent, qui vous malmènent. Et ben, vous pouvez les laisser tomber. » La séance se termine, la personne s’en va et je n’ai pas de ses nouvelles pendant plusieurs mois. Et un beau jour, elle réapparaît pour une autre séance pour une autre raison. Alors je suis curieux : je lui demande : « Alors, comment ça va, comment ça s’est passé ? » Elle me dit : « C’est bon, c’est bon, je ne fume plus ». Elle me dit : « Mais même, comme vous m’avez dit de lâcher tout ce qui me fait souffrir, alors j’ai aussi lâché mon petit ami et le travail où j’étais. » Alors moi je ne suis pas à l’aise, je m’inquiète un peu, je me dis qu’elle l’a peut-être trop pris au pied de la lettre. Le thérapeute était un peu inquiet de son action. Et elle me dit : « Non, non, mais c’est bon… » Elle a vu comme j’étais un peu tendu et m’inquiéter de la situation. Et elle me rassure, c’est le patient qui rassure le thérapeute en lui disant : « Non, non, mais c’est bon, j’avais prévu de lâcher cet ami, il n’était pas tout à fait… j’en ai déjà d’ailleurs trouvé un autre. J’avais aussi envie de lâcher ce boulot, d’ailleurs j’en ai trouvé un autre. »  Et en quelque sorte, j’ai compris que la séance avait juste facilité un détachement. Et ça a été vraiment une expérience très enrichissante pour le patient et pour le thérapeute, qui maintenant est très attentif à bien peser ses mots de façon à accompagner vraiment un patient dans sa liberté. 

Réalisation : Caroline Ando , Barbara Vignaux

Production : Universcience

Année de production : 2019

Durée : 3min10

Accessibilité : sous-titres français